Plusieurs facteurs se combinent :
Au troisième trimestre de son exercice 2026, Apple a publié 30,74 milliards de dollars de revenus dans les Services, contre 31,22 milliards attendus par les analystes cités dans les comptes rendus. La société a également indiqué que les changements touchant l’App Store et le ralentissement du jeu pesaient sur la croissance du segment.
Ces éléments peuvent réduire la monétisation de l’écosystème sans provoquer une baisse équivalente du nombre d’appareils utilisés. Autrement dit, les clients peuvent continuer à posséder et à utiliser un iPhone ou un iPad, tandis que les commissions, les règles de paiement, la demande de jeux ou les taux de change réduisent la part de revenus captée par Apple.
Morgan Stanley estime que la faiblesse de l’App Store pourrait retrancher environ 20 points de base à sa prévision de croissance des Services au trimestre de septembre et provoquer un manque à gagner d’environ 45 millions de dollars.
Il s’agit d’estimations d’analystes, et non de prévisions communiquées par Apple. Leur portée est surtout directionnelle : une source de revenus récurrents montre des signes de fragilité, ce qui complique le maintien du rythme de croissance précédent des Services. Ces données ne suggèrent pas, à elles seules, une révision majeure des perspectives de chiffre d’affaires total du groupe.
Les derniers résultats publiés par Apple vont dans le même sens. Au troisième trimestre fiscal 2026, le chiffre d’affaires a atteint 109,4 milliards de dollars, en hausse de 16 % sur un an, tandis que les revenus de l’iPhone ont grimpé de 22 %, à 54,3 milliards de dollars. Le trimestre a donc été très solide dans son ensemble, même si les Services ont manqué les attentes.
Le contexte est nettement plus difficile pour le secteur informatique au sens large. En juillet, la production des fabricants de conception et d’assemblage de PC portables — les ODM — aurait chuté de 24 % sur un an, tout en étant inférieure de 4 % aux prévisions de Morgan Stanley.
Les estimations concernant le recul mondial des PC au deuxième trimestre varient selon les instituts. Omdia fait état d’une baisse de 3,6 %, à 65,7 millions d’unités, tandis qu’IDC estime le repli à 4,9 %, à 68,2 millions d’unités. Counterpoint évoque de son côté une diminution d’environ 4 %.
Ces écarts s’expliquent par des périmètres et des méthodes de calcul différents. Ils racontent néanmoins la même histoire : la reprise du marché des PC s’est interrompue sous l’effet de la hausse du coût des composants, des pénuries de mémoire et des contraintes d’approvisionnement.
L’activité Mac se montre plus résistante que le marché global. Selon des données rapportées à partir d’IDC, Apple serait le seul grand fabricant de PC à avoir enregistré une croissance significative de ses livraisons au deuxième trimestre, avec une progression supérieure à 10 % alors que le marché reculait.
Morgan Stanley a par ailleurs maintenu son objectif de production d’iPhone à 54 millions d’unités, tout en réduisant de 1 million d’unités son estimation pour l’iPad. Cette combinaison traduit une prudence ciblée, notamment sur la tablette, mais pas une baisse généralisée des volumes prévus pour l’iPhone.
La comparaison permet de distinguer deux risques différents :
Apple est exposé aux deux phénomènes, mais les données disponibles ne montrent pas que le ralentissement de l’App Store soit simplement le reflet de la contraction du marché des PC.
Les actions Apple ont perdu plus de 1,5 % pendant la période évoquée, dans un contexte de hausse des rendements obligataires et de repli plus large des grandes valeurs technologiques. Cette baisse ne peut pas être imputée au seul indicateur de l’App Store : la réaction du marché a également intégré des perspectives moins favorables et des contraintes d’approvisionnement.
La sensibilité des investisseurs reste néanmoins compréhensible. La croissance des Services permet d’évaluer la solidité de l’écosystème Apple au-delà des cycles de lancement de l’iPhone. Un ralentissement durable pourrait modifier les anticipations concernant le mix de revenus et la monétisation future, même si la demande d’iPhone reste bien orientée.
Les derniers chiffres dessinent une entreprise à deux vitesses :
Le principal enjeu n’est donc pas, à ce stade, une fuite générale des consommateurs hors de l’écosystème Apple. Il s’agit plutôt de savoir si le groupe pourra compenser une monétisation moins favorable de l’App Store, la faiblesse du jeu mobile, les évolutions réglementaires et les effets de change par d’autres activités de Services, tout en conservant son élan dans le matériel. Les données d’août rendent cet exercice plus délicat, mais elles signalent encore un ralentissement des Services davantage qu’un recul généralisé de la demande pour les produits Apple.