Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que toute attaque américaine entraînerait une « réponse proportionnée ». Des médias iraniens affiliés à l’État ont également averti qu’une frappe contre les sites énergétiques de l’Iran provoquerait des attaques contre les champs énergétiques d’autres pays .
Le 1er août, les autorités iraniennes ont promis de riposter si les États-Unis s’en prenaient à leurs infrastructures énergétiques critiques, évoquant les « flammes de la guerre » . Quelques jours plus tôt, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait prévenu que « aucune infrastructure ne sera en sécurité » si la sécurité de l’Iran n’était pas garantie .
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes conjointes contre l’Iran, sous les noms d’opération Epic Fury côté américain et Lion’s Roar côté israélien. L’attaque a tué le guide suprême Ali Khamenei et déclenché une vaste riposte iranienne par missiles et drones dans plusieurs pays de la région .
Le conflit s’est ensuite transformé en guerre régionale, avec la poursuite d’opérations aériennes américaines et israéliennes en Iran, des frappes iraniennes contre des États du Golfe et une forte perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, fermé par l’Iran en mars .
Les 17 et 18 juin, Washington et Téhéran ont signé le mémorandum d’Islamabad, un accord d’entente en 14 points négocié avec la médiation du Pakistan et du Qatar. Le texte prévoyait un cessez-le-feu temporaire et une période de 60 jours pour parvenir à un accord définitif .
Mais le processus s’est rapidement enlisé. Le vice-président américain JD Vance a annulé le 18 juin un déplacement en Suisse prévu pour discuter de la mise en œuvre de l’accord, invoquant la persistance des tensions . Le mémorandum n’a donc pas encore produit de paix durable, et le délai de 60 jours n’a pas abouti à un accord final.
Le détroit d’Ormuz est l’un des passages maritimes les plus importants pour le commerce mondial de l’énergie. Le trafic normal y est largement bloqué par l’Iran depuis le 28 février . Les États-Unis ont, de leur côté, imposé un blocus aux ports iraniens du 13 avril au 29 mai .
L’accord du 18 juin prévoyait d’amorcer la réouverture du détroit, mais les discussions restent bloquées. L’Iran a menacé de faire payer des droits aux navires qui l’emprunteraient après 60 jours, prolongeant l’incertitude autour de la navigation commerciale .
JD Vance estime que les luttes de pouvoir internes en Iran compliquent fortement toute négociation stable. Après la mort de Khamenei, la succession contestée de son fils Mojtaba Khamenei et les tensions entre les gardiens de la révolution, les nouvelles autorités politiques et le clergé auraient accentué les divisions au sommet du régime .
Cette lecture nourrit le scepticisme américain sur la capacité de Téhéran à respecter durablement ses engagements. L’annulation du déplacement de Vance et ses doutes publics sur la solidité des promesses iraniennes ont contribué à fragiliser davantage le processus .
Le 28 juillet 2026 ou aux alentours de cette date, Donald Trump a menacé de frapper le réseau énergétique iranien, déclarant qu’il pourrait « faire exploser massivement » les infrastructures énergétiques du pays . Cette déclaration intervenait après une nouvelle série d’échanges de tirs, notamment les bombardements américains de cibles dans le sud de l’Iran le 21 juillet .
Le 1er août, le président américain a annoncé que les États-Unis suspendraient de nouvelles attaques, dans l’espoir de parvenir rapidement à un accord . Il a toutefois averti que la fenêtre diplomatique resterait étroite. C’est dans ce contexte que l’Iran a intensifié ses messages de dissuasion à destination des États du Golfe.
Selon des responsables du Golfe et des analystes cités par Reuters, Téhéran cherche à démontrer que les routes commerciales, les couloirs maritimes et les infrastructures énergétiques peuvent devenir des leviers de pression capables d’augmenter progressivement le coût d’une confrontation .
L’objectif serait de convaincre les États-Unis et leurs alliés qu’endiguer la crise coûterait davantage que de répondre aux exigences iraniennes sur le détroit d’Ormuz . La menace formulée les 5 et 6 août constitue ainsi le dernier volet d’une campagne destinée à faire pression sur les partenaires arabes de Washington.
Téhéran tente donc de ramener les États-Unis à la table des négociations en transférant le risque d’une reprise des frappes vers les infrastructures vitales du Golfe. Mais en annonçant simultanément de possibles attaques contre ces installations, l’Iran prépare aussi le terrain à un élargissement du conflit si Donald Trump décidait de reprendre les opérations militaires .