Cela n’empêche pas l’institution de recommander d’agir rapidement : tant que l’économie se porte relativement bien, c’est le moment de reconstruire de l’espace budgétaire afin de limiter les risques liés à la dette publique à moyen terme.
Les perspectives de croissance contribuent aussi à expliquer les différences d’approche.
En France, la croissance devrait rester modeste. Le FMI prévoit une progression du PIB réel d’environ 0,7 % en 2026, contre 0,9 % en 2025.
D’autres analyses économiques françaises décrivent également une tendance de croissance faible, un peu au‑dessus de 1 %, reflétant la prudence des ménages et des entreprises malgré le soutien budgétaire.
Cette combinaison — croissance modérée, dette élevée et dépenses publiques importantes — rend l’ajustement budgétaire plus délicat.
La situation espagnole apparaît plus robuste à court terme. Les bilans du secteur privé sont solides et le système bancaire reste résilient, selon le FMI.
Cependant, certains signaux appellent à la vigilance. Une hausse persistante des prix immobiliers et des signes d’assouplissement des conditions de crédit pourraient, à terme, créer des vulnérabilités dans le secteur financier si ces tendances se prolongent.
Pour la France, le FMI insiste sur une priorité claire : maîtriser la progression des dépenses publiques.
L’institution estime que les hausses d’impôts à elles seules ne suffiront pas à combler l’écart budgétaire, compte tenu du niveau déjà élevé de la pression fiscale dans le pays.
Le gouvernement est donc encouragé à :
Pour l’Espagne, le FMI recommande de profiter de la phase actuelle de solidité économique pour avancer plus vite sur la consolidation budgétaire.
Parmi les orientations évoquées dans les consultations du FMI :
Sans mesures supplémentaires, les projections du FMI suggèrent que la dette publique pourrait rester au‑dessus de 90 % du PIB et repartir à la hausse à long terme sous l’effet des pressions budgétaires futures.
Le message central du FMI est simple : les pays doivent reconstituer des marges budgétaires avant la prochaine crise.
Dans le cas de la France, l’urgence vient principalement du niveau élevé de la dette et de la lenteur de l’ajustement budgétaire. Une consolidation trop tardive pourrait exposer le pays à des tensions financières si les marchés deviennent plus nerveux ou si un choc économique survient.
Pour l’Espagne, l’argument est légèrement différent. L’économie se porte relativement bien aujourd’hui, mais les coûts futurs — notamment liés aux retraites et aux évolutions démographiques — risquent d’augmenter la pression sur les finances publiques.
Dans un contexte global incertain — tensions géopolitiques, risques financiers et volatilité économique dans la zone euro — le FMI estime donc que renforcer les finances publiques dès maintenant est la meilleure protection contre les crises futures.
Les conclusions du FMI dessinent deux situations contrastées au sein de la zone euro :
Dans les deux cas, le message reste le même : assainir les finances publiques aujourd’hui pour garder des marges d’action lorsque le prochain choc économique surviendra.