Le tollé a été immédiat sur les réseaux sociaux. Sans surprise, c'est le réseau Fare – Football Against Racism in Europe, partenaire historique de la FIFA pour surveiller les discriminations pendant la Coupe du Monde – qui a eu la réaction la plus ferme. Dans un communiqué sans équivoque, l'organisation a recommandé que Shaun Evans ne joue « plus aucun rôle dans cette Coupe du Monde » . Pour Fare, le geste est inacceptable et la FIFA doit agir sur-le-champ, sous peine de voir sa crédibilité en matière de lutte contre le racisme une nouvelle fois mise à mal.
La FIFA, de son côté, semble pour l'instant choisir la voie d'une communication minimale. L'instance basée à Zurich a bien confirmé avoir ouvert un examen du dossier, mais s'est contentée d'affirmer qu'elle « sollicitait des éclaircissements » de la part de l'arbitre australien . Aucune annonce de suspension, de retrait de la compétition ou de procédure disciplinaire n'a filtré pour le moment.
Un autre fait, révélé par plusieurs médias, aggrave l'embarras de la FIFA. Juste après la diffusion de ce plan de huit secondes, la réalisation du match a cessé de montrer les images de la salle de visionnage vidéo où travaillait Evans. Les caméras ont soigneusement évité l'arbitre pour le reste de la rencontre. Pour de nombreux observateurs, cette décision opérationnelle immédiate, sans la moindre explication publique, ressemble à une tentative d'éteindre l'incendie en catimini plutôt qu'à une volonté de transparence .
Depuis le 14 juin, Shaun Evans n'a fait aucune déclaration publique pour commenter ou contester les accusations portées contre lui . La FIFA, elle, n'a pas fixé de calendrier pour la suite de son enquête, laissant planer le doute sur l'avenir de cet officiel dans le tournoi. L'incident place désormais le président de la FIFA, Gianni Infantino, face à une question épineuse : comment son organisation, qui prône le respect et l'inclusion, va-t-elle gérer un cas de racisme présumé dans ses propres rangs ?