L’indice FAO des prix des huiles végétales a chuté de 9 points (soit 4,6 %) pour s’établir à 185 points en mai, signant ainsi son premier recul mensuel depuis le début de l’année 2026 . Ce reflux fait suite à une flambée de 5,9 % en avril, elle-même alimentée par les perturbations liées au conflit en Iran et à la fermeture de fait du détroit d’Ormuz
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La baisse de mai a concerné l’ensemble de la catégorie : l’huile de palme, de soja, de colza et de tournesol ont toutes vu leurs prix internationaux diminuer. D’après la FAO, deux facteurs principaux expliquent ce repli : une production actuelle abondante dans les pays d’origine et des anticipations de récoltes généreuses, couplées à un signal de demande moins fort sur certains grands marchés importateurs . Bloomberg confirme que cette baisse, notamment de l’huile de palme et de soja, a permis de contenir l’indice général, alors même que d’autres matières premières subissaient des perturbations
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Pour les pays importateurs, cela reste une mince consolation : en dépit de ce repli, les prix des huiles végétales demeurent très élevés en perspective historique et continuent d’alimenter l’inflation alimentaire.
Si les huiles se replient, les céréales, elles, repartent à la hausse en mai. L’indice FAO des prix des céréales a progressé, sous l’effet conjugué de perspectives de production de blé moins favorables et de frictions logistiques persistantes . Le coût des engrais, directement lié aux perturbations du fret dans le détroit d’Ormuz, alourdit la facture des producteurs de grains partout dans le monde
. Le conflit a coupé une artère vitale pour les exportations de fertilisants, renchérissant la production céréalière et soutenant les cours internationaux.
Mais c’est surtout la nouvelle livraison du rapport « Offre et demande de céréales » de la FAO qui a retenu l’attention en ce mois de mai 2026. Elle dresse des perspectives préoccupantes pour la saison 2026/27, marquant une rupture nette avec la moisson record de 2025.
Ce retournement entre une récolte record et une contraction annoncée est le signal structurel le plus marquant du rapport de mai. Il laisse entendre qu’après une année de reconstitution des stocks, le marché mondial des grains pourrait de nouveau se tendre, alors même que le blocage du détroit d’Ormuz continue de renchérir les coûts de transport et de production.
La guerre en cours en Iran et la fermeture effective du détroit d’Ormuz restent le principal facteur de risque macroéconomique dans les perspectives de la FAO pour mai 2026. Ce point de passage stratégique est un goulet d’étranglement incontournable pour le transport du pétrole brut, des carburants raffinés, mais aussi des engrais. Avec sa paralysie, le secteur agricole mondial doit composer avec :
La déclaration de la FAO en avril avait explicitement mis en cause ces perturbations énergétiques et logistiques pour expliquer la flambée des prix depuis trois mois . Si le mois de mai a apporté un soulagement ponctuel du côté des huiles, le risque sous-jacent lié à Ormuz ne s’est pas estompé. Il continue de menacer directement la campagne 2026/27 en limitant l’accès des agriculteurs aux intrants.
On se souviendra de mai 2026 comme de ce mois où les prix alimentaires mondiaux ont affiché une résilience étonnante, écartelés entre deux forces contraires : une véritable bouffée d’air sur le front des huiles végétales d’un côté, et de l’autre, la perturbation persistante des circuits logistiques agricoles par la guerre. Les données de la FAO confirment que consommateurs et producteurs ne peuvent pas encore espérer de répit durable. Le léger fléchissement de l’indice général n’a tenu qu’à une seule catégorie, par nature volatile, alors que les céréales — l’aliment de base par excellence — envoient un signal d’alerte. Avec une production mondiale qui s’annonce en baisse pour la première fois en deux ans et un détroit d’Ormuz toujours fermé, l’équilibre du système alimentaire mondial reste d’une extrême précarité.