L'annonce a électrisé l'industrie et attiré des investissements conséquents, mais a aussi immédiatement suscité le scepticisme. Le président du géant chinois des batteries Svolt a publiquement qualifié le projet d'« arnaque », soulignant que les paramètres annoncés étaient contradictoires et défiaient le bon sens technique .
Les preuves les plus concluantes sont venues d'une enquête approfondie menée par le doctorant et vidéaste Ziroth, publiée le 8 juin 2026. Ziroth a réuni une équipe de plus de 20 experts indépendants, dont des chercheurs de l'Institut Fraunhofer et de plusieurs universités, pour réaliser une analyse médico-légale de la batterie .
Leurs tests électrochimiques furent sans appel. La courbe de tension de la cellule, qui se stabilisait entre 3,7 et 3,8 volts à 50 % de charge, correspondait très exactement à la signature d'une batterie lithium-ion de type Nickel-Cobalt-Manganèse (NCM) à haute teneur en nickel. C'était fondamentalement incompatible avec les caractéristiques d'une cellule sodium-ion ou d'un véritable modèle à semi-conducteurs . L'investigation a permis de remonter la véritable technologie jusqu'à une entreprise allemande, CT Coatings, révélant que Donut Lab avait simplement rebaptisé des cellules lithium-ion existantes pour en faire une prétendue percée technologique
. Un écheveau complexe d'accords de non-divulgation (NDA) entre Donut Lab, CT Coatings et le fabricant finlandais Nordic Nano avait permis de dissimuler la véritable chaîne d'approvisionnement
. Marko Lehtimäki, le PDG de Donut Lab, siégeait simultanément au conseil d'administration de Nordic Nano, ajoutant à l'enchevêtrement des liens capitalistiques
.
Avant même que l'enquête de Ziroth ne soit publiée, le récit commençait à s'effondrer de l'intérieur. En avril 2026, Lauri Peltola, directeur commercial et actionnaire fondateur de Nordic Nano, a déposé une plainte pénale auprès de la police finlandaise contre Donut Lab en tant que lanceur d'alerte .
Peltola ne s'est pas contenté d'aller voir la police ; il a également déposé des plaintes auprès de l'autorité finlandaise de surveillance financière et du Chancelier de Justice, en plus de divulguer des documents confidentiels à la presse, notamment au grand quotidien finlandais Helsingin Sanomat . Donut Lab et Nordic Nano ont nié tout acte répréhensible, affirmant que Peltola n'avait pas une compréhension complète de la technologie, mais les communications internes qu'il a fournies ont donné un poids substantiel à son témoignage
.
Face au doute qui s'amplifiait, Donut Lab a cherché à regagner en crédibilité en commanditant cinq tests indépendants au VTT Technical Research Centre, un institut public finlandais. Les résultats, publiés entre février et mars 2026, ont confirmé certaines capacités périphériques, mais ont stratégiquement éludé les affirmations les plus spectaculaires .
Les cinq tests ont validé certaines allégations secondaires :
Point crucial : aucun rapport du VTT n'a testé ou vérifié les spécifications phares de 400 Wh/kg de densité énergétique ou de 100 000 cycles de vie. Le test de densité énergétique aurait simplement nécessité de peser la cellule, une donnée qui brille par son absence . Les conclusions du VTT, bien que réelles, constituaient une leçon magistrale de transparence sélective : prouver que la batterie pouvait se charger vite et résister à la chaleur, tout en esquivant les deux paramètres clés qui définissaient son statut « miracle »
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Sur la base d'un récit désormais discrédité, Donut Lab a levé environ 25 millions de dollars auprès de plus de 1 300 investisseurs, principalement des petits épargnants qui avaient cru à la vision d'une révolution de l'énergie propre . Les retombées laissent derrière elles une traînée de questions sans réponse, aux implications juridiques et financières considérables :