Sam Altman a rejeté l’accusation de trahison de la mission fondatrice d’OpenAI et a témoigné que Musk voulait un contrôle complet, jusqu’à pousser pour un rapprochement avec Tesla. Satya Nadella compte dans le dossier parce que Microsoft est visé par les accusations de Musk ; en revanche, les extraits disponibles ne...

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Au tribunal fédéral d’Oakland, le témoignage de Sam Altman a placé le procès OpenAI-Musk sur un terrain très précis : celui du contrôle. Pour OpenAI, Elon Musk n’était pas seulement un cofondateur inquiet de voir disparaître une mission non lucrative ; il aurait aussi poussé, dès les débuts, vers une structure et une orientation commerciale qu’il pouvait dominer.
L’affaire est examinée par l’United States District Court for the Northern District of California, le tribunal fédéral du district nord de Californie, sous l’autorité de la juge Yvonne Gonzalez Rogers. Elle découle de la plainte déposée par Elon Musk en août 2024 contre OpenAI, Sam Altman, Greg Brockman et Microsoft, qu’il accuse d’avoir abandonné la mission non lucrative fondatrice d’OpenAI.
Côté Musk, l’argument est le suivant : il affirme avoir été convaincu de verser 38 millions de dollars à OpenAI, avant de voir l’organisation s’éloigner de sa mission au bénéfice de l’humanité pour évoluer vers une société à but lucratif. OpenAI, Altman, Brockman et Microsoft rejettent de leur côté les accusations selon lesquelles ils auraient « pillé » la structure caritative d’OpenAI à travers le partenariat avec Microsoft à des fins d’enrichissement personnel.
Sam Altman a nié l’accusation d’Elon Musk selon laquelle il aurait trahi la mission fondatrice d’OpenAI. Mais l’élément le plus marquant de son témoignage, selon les comptes rendus disponibles, est ailleurs : Altman a déclaré que Musk voulait un contrôle complet d’OpenAI et poussait pour que l’entreprise soit intégrée à Tesla avant de quitter la start-up qu’il avait contribué à fonder.
Cette version s’inscrit dans la stratégie de défense qu’OpenAI présente aux jurés. Lors des déclarations liminaires, l’avocat d’OpenAI, William Savitt, a affirmé que le procès existait parce que « M. Musk n’a pas obtenu ce qu’il voulait d’OpenAI ». Il a soutenu que Musk avait utilisé ses promesses de financement pour faire pression sur les fondateurs, tenté de prendre le contrôle d’OpenAI, recherché une fusion avec Tesla et voulu créer une entreprise à but lucratif dont il détiendrait plus de 50 %.
L’objectif est clair : affaiblir l’image d’un Musk uniquement préoccupé par la pureté non lucrative d’OpenAI. La défense suggère au contraire qu’il acceptait la commercialisation dès lors qu’il pouvait tenir les rênes. Des comptes rendus fondés sur Reuters indiquent également qu’Altman a témoigné que Musk voulait prendre le contrôle d’OpenAI et en tirer de l’argent.
La rivalité avec Google joue aussi un rôle dans ce récit. Altman a déclaré qu’il avait failli ne pas lancer OpenAI, estimant que Google avait déjà pris trop d’avance dans l’intelligence artificielle. L’avocat d’OpenAI a, lui, soutenu que ce qui importait à Musk n’était pas le statut non lucratif d’OpenAI, mais la course à l’IA face à Google.
Satya Nadella, le patron de Microsoft, est central dans le dossier parce que Microsoft n’est pas un simple investisseur en arrière-plan. ABC7 a rapporté que Nadella avait été appelé à la barre alors que Musk poursuit Microsoft pour complicité présumée de manquement à une fiducie caritative — une notion de droit américain liée aux obligations entourant une mission caritative ou non lucrative — dans le cadre plus large du litige sur la structure et la mission d’OpenAI.
Les extraits disponibles ne permettent toutefois pas de détailler précisément ce que Nadella a répondu à la barre. Ils établissent surtout que son témoignage, aux côtés de celui d’Ilya Sutskever, cofondateur d’OpenAI, a mis en évidence les récits concurrents des deux camps. Comme les accusations de Musk visent aussi la relation avec Microsoft, la présence de Nadella était importante pour la défense d’OpenAI, mais le dossier fourni ne permet pas d’aller plus loin sur le contenu exact de ses réponses.
Le cas de Bret Taylor est encore plus limité dans les éléments disponibles. KTVU a rapporté que Taylor, président du conseil d’administration d’OpenAI, avait terminé son témoignage peu avant que Sam Altman ne prête serment. Les extraits ne donnent pas le fond de ce témoignage : il serait donc hasardeux d’affirmer qu’il a dit quelque chose de précis sur Musk, Tesla, Microsoft ou les engagements non lucratifs d’OpenAI.
Dans le dossier fourni, le soutien le plus direct à la thèse du « contrôle » vient d’Altman et de Greg Brockman. Brockman a témoigné que Musk avait « abandonné » OpenAI après avoir appris qu’il n’en aurait pas le contrôle, et il a décrit une réunion tendue au cours de laquelle Musk aurait réagi avec colère ; Brockman a aussi maintenu que la mission d’OpenAI avait toujours été sa priorité.
Le procès s’est resserré. Les deux demandes encore en jeu sont le breach of charitable trust, c’est-à-dire le manquement allégué aux obligations liées à une mission caritative, et l’unjust enrichment, l’enrichissement injustifié ou sans cause. Séparément, les comptes rendus sur le témoignage de Nadella indiquent que Musk poursuit Microsoft pour complicité présumée de manquement à une fiducie caritative.
Ce resserrement est important. Dans le débat public, l’affaire ressemble à un référendum géant sur l’identité d’OpenAI. Sur le plan juridique, elle porte désormais sur une question plus ciblée : Musk peut-il prouver les deux demandes équitables restantes, et OpenAI, Altman, Brockman ou Microsoft ont-ils été injustement enrichis ou ont-ils manqué à des obligations liées à la mission caritative d’OpenAI ?
Le remède le plus clairement documenté dans les comptes rendus disponibles est à la fois structurel et personnel : Musk demande l’éviction de Sam Altman de la direction d’OpenAI.
Un autre récapitulatif du procès indique aussi que Musk cherche une ordonnance obligeant OpenAI à abandonner sa conversion vers une structure à but lucratif et à revenir à une structure non lucrative. Les extraits disponibles ne fournissent pas une liste complète, issue des documents judiciaires, de tous les remèdes encore possibles. La lecture la plus prudente est donc que Musk poursuit des mesures structurelles touchant la gouvernance et l’orientation d’OpenAI, avec le rôle d’Altman explicitement visé.
Le rôle du jury est limité. Selon les comptes rendus sur l’organisation du procès, la phase consacrée à la responsabilité devait durer jusqu’aux environs du 21 mai, avant d’être transmise au jury pour un verdict consultatif ; la juge Gonzalez Rogers devait ensuite ouvrir la phase des remèdes. D’autres comptes rendus indiquent également que l’avis du jury n’est que consultatif et que la juge Gonzalez Rogers prendra la décision finale à la fois sur la responsabilité et sur les remèdes.
Autrement dit, même un avis favorable à Musk ne retirerait pas automatiquement Altman de la direction d’OpenAI et ne restructurerait pas immédiatement l’entreprise. Il indiquerait comment les jurés lisent les preuves, mais la juge déciderait encore s’il existe une responsabilité juridique et, le cas échéant, quelle mesure doit suivre.
Si la juge donne raison à Musk sur l’une ou l’autre des deux demandes restantes, la bataille suivante pourrait porter sur la gouvernance et la structure d’OpenAI, notamment la demande rapportée d’éviction d’Altman et toute éventuelle ordonnance affectant l’orientation commerciale de l’entreprise. Si elle donne raison à OpenAI, les demandes restantes de Musk pourraient échouer même après un avis consultatif du jury, puisque la juge conserve l’autorité finale sur la responsabilité et les remèdes.
Le témoignage d’Altman a recentré le procès sur une opposition simple, mais lourde de conséquences : Musk affirme qu’OpenAI a trahi une promesse non lucrative ; OpenAI répond que Musk a lui-même poussé vers une structure commerciale qu’il aurait pu contrôler. Le moment décisif ne sera peut-être donc pas le verdict consultatif du jury, mais la décision finale de la juge Gonzalez Rogers sur les deux demandes encore en jeu et sur l’éventuel remède structurel qui pourrait suivre.
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Sam Altman a rejeté l’accusation de trahison de la mission fondatrice d’OpenAI et a témoigné que Musk voulait un contrôle complet, jusqu’à pousser pour un rapprochement avec Tesla.
Sam Altman a rejeté l’accusation de trahison de la mission fondatrice d’OpenAI et a témoigné que Musk voulait un contrôle complet, jusqu’à pousser pour un rapprochement avec Tesla. Satya Nadella compte dans le dossier parce que Microsoft est visé par les accusations de Musk ; en revanche, les extraits disponibles ne détaillent pas précisément ses réponses ni le fond du témoignage de Bret Taylor.
Le procès se concentre désormais sur deux demandes encore en jeu, avec un verdict du jury seulement consultatif : la décision finale sur la responsabilité et les remèdes reviendra à la juge Yvonne Gonzalez Rogers.