La nouvelle l’a bouleversée. Cruz a raconté qu’elle s’est mise à pleurer immédiatement, même si le médecin lui a expliqué qu’elle pouvait continuer à travailler pour le moment.
Le timing rendait la situation encore plus irréelle : la scène à tourner était une grande séquence musicale, dans laquelle elle devait chanter et danser entourée de centaines de figurants. Malgré la peur, elle a décidé de tourner.
Pendant la prise, a‑t‑elle raconté plus tard, une pensée lui revenait sans cesse : « Je peux mourir. »
Au lieu d’interrompre la production, l’actrice a donc mené la séquence jusqu’au bout. Elle a décrit l’expérience comme émotionnellement très intense : jouer et danser dans une scène chorégraphiée tout en gérant intérieurement l’idée d’une possible urgence médicale.
Ce n’est qu’après de nouveaux examens que les médecins ont confirmé que la première interprétation était erronée. L’anévrisme suspecté n’existait pas, et la frayeur était due à une fausse alerte.
Malgré ce souvenir éprouvant, le film lui‑même connaît un accueil enthousiaste sur la Croisette. La Bola Negra, réalisé par Javier Calvo et Javier Ambrossi — le duo espagnol surnommé Los Javis — s’inspire de l’univers de Federico García Lorca et explore les trajectoires de plusieurs hommes homosexuels à travers différentes histoires et époques.
Présenté au 79e Festival de Cannes, le long métrage a suscité une réaction spectaculaire du public. Selon plusieurs médias, la projection au Grand Théâtre Lumière s’est conclue par environ 20 minutes d’ovation, l’une des plus longues du festival cette année.
Le film figure également dans la compétition principale pour la Palme d’or, la récompense la plus prestigieuse du festival.
Pour Penélope Cruz, cette scène restera à jamais liée à la peur qu’elle a ressentie ce jour‑là. Ce qui devait être une séquence spectaculaire de comédie musicale s’est transformé, pour elle, en une expérience profondément troublante.
Finalement, la menace médicale s’est dissipée, la scène a été tournée, et le film a reçu un accueil triomphal à Cannes. Mais l’actrice explique que ce moment — jouer tout en croyant que sa vie pouvait être en danger — demeure gravé dans sa mémoire.