Le 11 octobre, Andrej Karpathy a décrit un « entonnoir marqué » dans la manière dont les gens découvrent les capacités de l’intelligence artificielle. Selon lui, la plupart des personnes ont peu utilisé les grands modèles de langage (LLM), tandis qu’un groupe bien plus restreint travaille avec des modèles de pointe et qu’une poignée d’initiés voit des systèmes d’agents encore plus avancés. Ces chiffres sont son estimation « à la louche », et non les résultats d’une enquête mesurant l’adoption de l’IA.
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Les quatre niveaux de l’estimation de Karpathy
Cet entonnoir distingue les personnes selon leur exposition à l’IA et les systèmes auxquels elles peuvent accéder. Il ne s’agit pas d’une mesure vérifiée de ce que chaque personne — ou chaque modèle — est capable de faire.
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- Environ 6 milliards de personnes, soit près de 75 % de la population mondiale : elles ont à peine été en contact avec les LLM.
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- Environ 1 à 2 milliards d’utilisateurs occasionnels : ils utilisent de temps à autre des chatbots gratuits, souvent comme aide à la recherche ou à la rédaction.
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- Environ 20 millions de professionnels : ils utilisent des modèles de pointe, notamment en mathématiques et en programmation.
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- Environ 5 000 initiés : ils disposent d’un accès interne à des systèmes de pointe.
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Le contraste tient à la nature du travail confié à l’IA : poser une question à un chatbot n’est pas la même chose que lui déléguer un projet complexe en plusieurs étapes. D’après Karpathy, une personne qui connaît surtout les échanges ordinaires avec un chatbot peut se faire une idée très différente de l’IA qu’un professionnel qui utilise des systèmes plus puissants pour mener des projets ambitieux.
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Pourquoi les expériences de l’IA divergent
La taille de la tâche compte. Une question courte ou une demande de rédaction ne met pas à l’épreuve les mêmes capacités qu’un projet de longue haleine. Les articles consacrés à l’argument de Karpathy soulignent que l’ampleur et l’ambition du travail contribuent à creuser l’écart d’expérience.
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Le domaine compte aussi. Les explications rapportées mettent notamment en avant la programmation et les mathématiques, où les résultats peuvent être vérifiés plus facilement. Cela ne signifie pas que les capacités progressent au même rythme dans tous les métiers.
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L’accès aux outils change la donne. Dans la typologie de Karpathy, l’usage occasionnel de chatbots gratuits se situe loin de l’utilisation professionnelle de modèles de pointe ou de l’accès interne aux systèmes des laboratoires. L’expérience de chacun dépend donc, en partie, des outils disponibles et de l’usage qu’il en fait.
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Karpathy a également averti que la capacité des humains à examiner et à comprendre le travail des agents pourrait ne pas suivre leur progression. Il s’agit d’une inquiétude sur la supervision et la compréhension des résultats — pas d’une preuve que le travail d’un agent est automatiquement exact.
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Ce que ces chiffres disent — et ne disent pas
L’entonnoir offre une façon de décrire les différences d’exposition à l’IA, mais ses estimations de population ne doivent pas être prises pour des chiffres vérifiés de manière indépendante. Karpathy les présente comme des calculs approximatifs, sans s’appuyer sur une étude d’adoption sous-jacente dans son message.
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Cette distinction aide aussi à comprendre pourquoi tester l’IA uniquement avec un chatbot utilisé de façon occasionnelle peut donner une image incomplète d’outils plus avancés, conçus pour des projets. Mais les estimations de Karpathy ne permettent pas, à elles seules, de mesurer les performances de ces outils selon les tâches ni d’établir que leurs résultats peuvent être suivis sans vérification attentive.
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Une autre question : le coût des agents
Une prévision de Morgan Stanley, citée dans des articles sur l’IA agentique, estime que les charges de travail des agents pourraient ajouter 32,5 à 60 milliards de dollars au marché potentiel des processeurs et de la mémoire pour centres de données d’ici à 2030. Il s’agit d’une projection de marché pour les infrastructures, pas de la preuve que chaque déploiement d’agents sera rentable ou efficace.
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Les deux estimations portent sur des questions différentes : l’entonnoir de Karpathy décrit qui fait l’expérience de quels niveaux de capacité de l’IA, tandis que la prévision concerne une demande potentielle en infrastructures. Aucune ne confirme l’autre.