L’écart statistique entre les deux saisons est donc faible : il ne s’agissait pas d’un véritable redressement, mais plutôt d’un bilan globalement similaire. Nissan avait en parallèle une raison stratégique de repartir sur de nouvelles bases : la saison 12 constituait la dernière campagne de la Gen3 Evo, tandis que Rowland avait déjà prolongé pour plusieurs années afin de mener le projet de la prochaine génération.
Nato a certes signé quelques résultats plus convaincants, dont une cinquième place rapportée cette saison. Mais ces performances ponctuelles ne se sont pas transformées en série régulière de résultats dans les points.
Sa fin de saison a été particulièrement compliquée. À l’arrivée de la manche de Madrid, il n’avait inscrit que trois points lors des douze courses précédentes, après une sixième place obtenue lors de la première course de Shanghai sur cette période.
Le dernier rendez-vous de Londres n’a pas changé la tendance. Nato a terminé 15e de la première course, avant une seconde épreuve marquée par un scénario chaotique et un dénouement inhabituel pour le championnat. Il figurait néanmoins parmi les pilotes classés dans les points selon les comptes rendus de l’événement.
Le constat est donc nuancé : Nato a conservé la capacité de réaliser de belles performances isolées, mais pas la constance nécessaire pour conserver son baquet Nissan à l’aube d’une nouvelle ère technique.
Nato mène également un programme en Championnat du monde d’endurance de la FIA, dans la catégorie Hypercar, avec Cadillac au sein de l’équipe Hertz Team JOTA. Or les calendriers des deux championnats deviennent de plus en plus chargés et difficiles à concilier.
Le calendrier attendu de la Gen4 devrait notamment provoquer des chevauchements directs ou une forte concentration des échéances autour de plusieurs rendez-vous. Des conflits ont été signalés entre les 6 Heures de Spa et l’E-Prix de Monaco, ainsi qu’une période particulièrement dense autour d’Interlagos et de Shanghai.
Pour un pilote engagé par un constructeur, ces collisions ne représentent pas seulement un problème de transport. Les équipes ont besoin de leurs titulaires pour les essais, le travail sur simulateur, la préparation technique et les week-ends de course. En endurance, la continuité est également essentielle, notamment lors des épreuves longues et des engagements officiels des constructeurs.
Nato a déjà manqué des courses de Formule E en raison de ses obligations en WEC. Lors d’un précédent conflit de calendrier, son contrat avec Cadillac et JOTA lui imposait de donner la priorité à l’endurance.
Dans ces conditions, un retour à temps plein en Formule E en parallèle d’un programme Hypercar d’usine paraît de moins en moins réaliste. Un rôle de pilote de réserve, d’essai ou de développement reste envisageable, mais les informations disponibles orientent davantage Nato vers un engagement principal en endurance.
Le scénario le plus probable est que Nato poursuive avec Cadillac et Hertz Team JOTA en WEC plutôt que de chercher immédiatement un autre baquet titulaire en Formule E. L’annonce de son départ confirme la fin de son chapitre avec Nissan, et il n’est pas fortement associé à un siège disponible dans une autre équipe de la discipline.
Cela ne signifie pas forcément que le Français ne reviendra jamais en Formule E. Son expérience de la monoplace électrique et de la technologie Nissan pourrait lui permettre de rester dans le paddock comme réserviste ou pilote de développement. Mais cette possibilité ne correspond pas, à ce stade, à un contrat confirmé.
Oliver Rowland constitue la pièce maîtresse du projet Nissan. Le champion du monde en titre a signé un nouveau contrat pluriannuel et doit mener le constructeur japonais dans la transition vers la Gen4.
Victor Martins est le candidat le plus souvent cité pour remplacer Nato. Le Français a déjà participé à des essais avec la monoplace Nissan et a été présenté dans plusieurs rapports comme le futur coéquipier potentiel de Rowland.
Une réserve demeure toutefois : dans les informations disponibles, l’arrivée de Martins était encore présentée comme un accord en préparation et non comme une nomination officiellement annoncée par Nissan. Si elle se concrétise, l’association Rowland-Martins réunira l’expérience d’un champion établi et le potentiel d’un pilote plus jeune ayant déjà une première expérience de la Formule E.
La Gen4 doit débuter lors de l’E-Prix de Djeddah, en Arabie saoudite, le 18 décembre 2026. Le départ de Nato dépasse donc le simple changement de pilote : il s’inscrit dans la volonté de Nissan d’ouvrir un nouveau cycle technique avec un leader confirmé et une seconde voiture renouvelée.