L'avertissement personnel de Mark Rutte s'appuyait sur une affirmation statistique glaçante. Il a cité des données de l'OTAN indiquant que la Russie perd environ 30 000 soldats par mois, un chiffre qui regroupe les tués et les blessés. Pour offrir une comparaison historique saisissante, il a noté que ce bilan mensuel dépasse à lui seul le nombre total de pertes soviétiques durant toute la guerre d'Afghanistan, qui a duré dix ans . Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, présent à la même conférence de presse, a fourni une estimation similaire, chiffrant les pertes russes mensuelles entre 30 000 et 35 000 hommes
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Mark Rutte a insisté sur le fait que ces nombres représentent des vies humaines individuelles bien réelles et que Moscou occulte délibérément l'ampleur véritable de ses pertes pour maintenir un flux continu de recrues . Le message a présenté ces chiffres non pas comme des statistiques militaires abstraites, mais comme une évaluation directe du risque personnel pour tout jeune Russe envisageant de s'engager.
Les propos du secrétaire général ont dépassé le simple appel personnel et le décompte des pertes pour brosser un tableau plus large d'une machine de guerre russe soumise à de très fortes tensions. Il a avancé que les tactiques russes sur le champ de bataille ressemblent de plus en plus à des tentatives désespérées d'obtenir un résultat, quel qu'en soit le coût humain . Cette logique militaire désespérée se reflète à l'intérieur du pays, où l'économie russe montre des signes croissants de tension face aux colossales dépenses de guerre, alors même que le Kremlin prépare le terrain pour de nouvelles campagnes de mobilisation afin de reconstituer ses forces décimées
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Malgré cet avertissement sans concession et ce sombre constat, Mark Rutte a conclu son message par un appel à une paix négociée, tout en réaffirmant le soutien indéfectible de l'OTAN à l'Ukraine. Cette allocution, prononcée lors de la toute première réunion du Conseil OTAN-Ukraine à Kiev, était une opération de communication stratégique visant non pas les généraux, mais directement le public russe, cherchant à éroder la base de soutien intérieure à la guerre en en exposant le véritable coût humain .