Cette déclaration, volontairement peu détaillée, intervient alors que le nouveau dirigeant iranien n’a pas été vu en public depuis son accession au poste, après la mort de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, dans une frappe américano-israélienne . Elle alimente les interrogations sur son état de santé, son lieu de résidence et son rôle concret dans la direction du pays.
« Il est très difficile de communiquer avec lui en ce moment », a déclaré Pezeshkian, tout en présentant la présence de Mojtaba Khamenei comme « une très grande source de force » pour l’Iran . Le président n’a pas précisé ce que recouvrait cette difficulté : problèmes de santé, impératifs de sécurité, éloignement politique ou autre facteur.
Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, aurait été blessé lors de la frappe qui a tué son père et déclenché le conflit régional plus large . Plusieurs récits de presse indiquent qu’il ne communique que par des déclarations écrites et des messages manuscrits, tandis qu’aucun enregistrement audio de lui n’a été rendu public .
Une enquête d’Iran International affirme par ailleurs que la seule rencontre connue en personne entre Pezeshkian et le guide suprême aurait eu lieu à l’arrière d’une voiture . Ce récit diffère de la version publique donnée précédemment par le président iranien, qui avait évoqué une rencontre de deux heures et demie dans une atmosphère cordiale.
Pezeshkian n’a fourni aucune précision nouvelle sur les blessures de Mojtaba Khamenei. Les informations faisant état de brûlures graves au visage et de blessures aux jambes proviennent de reportages d’investigation distincts, notamment d’Iran International, de Reuters et du Jerusalem Post, et non des propos tenus par le président dans cet entretien .
L’entretien a également mis en lumière les divergences au sein des institutions iraniennes. Pezeshkian a affirmé que 12 des 13 membres du Conseil suprême de sécurité nationale avaient voté en faveur du mémorandum d’entente conclu en juin avec les États-Unis .
Selon son récit, Mojtaba Khamenei avait d’abord indiqué qu’il n’était pas favorable à l’accord, avant de l’accepter après le vote largement majoritaire du Conseil . Cette version concorde avec des informations précédemment publiées par Axios et Al Jazeera, selon lesquelles le guide suprême avait autorisé les discussions avec Washington tout en exprimant son opposition personnelle au mémorandum .
Dans un message écrit publié en juin, Khamenei aurait expliqué : « En principe, j’avais un autre point de vue, mais […] j’ai accepté » après les engagements pris par le président et les membres du Conseil pour défendre les droits de la nation iranienne et de la « Résistance » . Le vote à 12 contre 1 constitue un signe inhabituel de résistance institutionnelle à la préférence affichée du guide suprême .
Masoud Pezeshkian a décrit la période traversée par son gouvernement comme « l’une des plus difficiles depuis la révolution islamique de 1979 » . Selon l’agence Tasnim, proche des médias d’État, il a cité l’intensification des sanctions, les difficultés sécuritaires, les pressions économiques, la sécheresse et un conflit militaire imposé . D’autres comptes rendus mentionnent également un blocus naval et la poursuite des affrontements dans la région .
En avril 2026, Pezeshkian avait déjà qualifié d’« intolérable » la poursuite du blocus naval américain. Dans un message publié sur X, il avait estimé que cette mesure constituait une prolongation des opérations militaires contre l’Iran . Des responsables iraniens ont averti que le blocus compliquait fortement les exportations de pétrole et l’importation de biens essentiels ; le gouverneur de la Banque centrale avait même évoqué un risque de pénuries alimentaires et médicales dans les semaines suivantes .
Malgré ce tableau très sombre, le président a affirmé que l’unité nationale avait empêché les tentatives de déstabilisation du pays .
Le principal enseignement de l’entretien est moins une révélation précise sur l’état de santé de Mojtaba Khamenei qu’un constat sur l’opacité du pouvoir iranien. Le président reconnaît une communication « très difficile », mais n’en donne pas la cause. Les informations sur les blessures, les échanges écrits et la rencontre dans une voiture restent donc attribuées à d’autres sources que son intervention télévisée.
L’épisode du mémorandum avec les États-Unis suggère parallèlement que les décisions majeures peuvent faire l’objet d’un arbitrage entre le guide suprême, la présidence et le Conseil suprême de sécurité nationale. Il ne permet toutefois pas, à lui seul, de mesurer l’étendue réelle des désaccords au sommet de l’État iranien.