Au forum Posidonia 2026, l'armateur grec Evangelos Marinakis a suggéré de payer un droit de passage de 100 000 à 200 000 dollars par navire à l'Iran pour franchir le détroit d'Ormuz, jugeant ce coût bien inférieur aux... La proposition se heurte à un écart de taille avec la réalité : les Gardiens de la révolution ir...

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Au forum des armateurs TradeWinds, en marge du salon Posidonia 2026 à Athènes, l'une des figures les plus influentes du transport maritime mondial a jeté un pavé dans la mare. Face à une crise qui paralyse l'un des points de passage les plus stratégiques de la planète, Evangelos Marinakis, fondateur de Capital Maritime Group et propriétaire de plus de 150 navires, a lancé une idée radicale : si le détroit d'Ormuz doit rester fermé, pourquoi ne pas simplement payer pour le rouvrir ?
Son raisonnement est d'une logique comptable imparable dans un contexte de coûts devenus fous. Pour lui, le versement d'un droit de passage fixe, compris entre 100 000 et 200 000 dollars par navire à l'Iran, serait bien moins dommageable pour le commerce mondial que le statu quo actuel, fait de primes d'assurance guerre astronomiques et de détours ruineux par le cap de Bonne-Espérance .
Sur le papier, le calcul de Marinakis est imparable. La fermeture du détroit impose aux armateurs une addition vertigineuse :
Face à ces chiffres, une taxe forfaitaire de 100 000 à 200 000 dollars paraît presque dérisoire. « Pour moi, il est préférable de payer un droit de 100 000 ou 200 000 dollars, selon la taille de la cargaison ou du navire, plutôt que d'avoir tous ces tracas », a plaidé Marinakis, suggérant même que ce péage pourrait servir à dédommager l'Iran pour les « dégâts » subis . Mais cette vision purement financière se heurte à un mur, celui de la réalité géopolitique.
Le fossé entre la théorie et la pratique est abyssal. Le montant avancé par l'armateur grec est très loin des sommes réellement exigées par les Gardiens de la révolution iraniens (IRGC). Selon plusieurs sources, ces derniers factureraient jusqu'à 2 millions de dollars par navire pour autoriser le passage, et la soi-disant « Autorité du détroit du Golfe Persique » mise en place par l'Iran prélèverait des taxes dépassant le million de dollars . Proposer 100 000 dollars quand le tarif officieux est vingt fois supérieur relève de l'impasse.
Dans les allées du forum Posidonia, l'idée de Marinakis est loin d'avoir fait l'unanimité. Pour ses pairs, la question du coût est secondaire. Le véritable obstacle à une reprise du trafic est l'absence totale de sécurité.
Les dirigeants du transport maritime réunis à Athènes ont été clairs : même si les États-Unis et l'Iran finalisent un cessez-le-feu – des discussions sur une éventuelle trêve de 60 jours étaient en cours fin mai –, les opérateurs commerciaux ne reviendront pas sans des règles de passage claires, opposables, et des garanties de sécurité absolues . La crainte ne porte pas seulement sur les finances, mais sur la vie des marins. Comme l'a souligné un dirigeant présent, l'objectif premier reste la sécurité des équipages et leur capacité à évacuer une zone de conflit, et sans garanties des États belligérants, aucun navire ne s'y aventurera
.
De plus, pour de nombreux acteurs, l'idée de verser directement un péage à l'Iran est un poison politique et juridique, potentiellement en violation des sanctions internationales . L'argument de Marinakis selon lequel « tout cet argent peut payer pour tous les dégâts » tente de donner une façade pragmatique à un dédommagement, mais pour les armées de juristes et les États du pavillon, tout paiement à une entité sous sanctions, même sous la contrainte, reste un champ de mines juridique
.
Le débat sur les péages se déroule dans un contexte de paralysie quasi totale de ce goulet d'étranglement vital pour l'économie mondiale. Le détroit d'Ormuz, par où transite habituellement environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole, est de facto fermé au trafic commercial depuis l'escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran début mars 2026 .
La chronique d'une crise :
Un impact économique en chiffres :
Début juin 2026, le blocus naval américain est toujours en vigueur. Des négociateurs seraient parvenus à un accord provisoire pour rouvrir le détroit et prolonger le cessez-le-feu de 60 jours, mais l'accord reste fragile et menacé par l'escalade militaire en cours . Le transport maritime mondial, coincé entre des primes d'assurance impayables et une voie d'eau impraticable, reste condamné à une fuite en avant faite de détours coûteux et d'incertitudes. La proposition de péage de Marinakis, aussi provocante soit-elle, est le reflet ultime d'une industrie désespérée en quête de la moindre prévisibilité dans une chaîne logistique qui a perdu son raccourci le plus critique.
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Au forum Posidonia 2026, l'armateur grec Evangelos Marinakis a suggéré de payer un droit de passage de 100 000 à 200 000 dollars par navire à l'Iran pour franchir le détroit d'Ormuz, jugeant ce coût bien inférieur aux...
Au forum Posidonia 2026, l'armateur grec Evangelos Marinakis a suggéré de payer un droit de passage de 100 000 à 200 000 dollars par navire à l'Iran pour franchir le détroit d'Ormuz, jugeant ce coût bien inférieur aux... La proposition se heurte à un écart de taille avec la réalité : les Gardiens de la révolution iraniens factureraient jusqu'à 2 millions de dollars par navire, et d'autres armateurs insistent sur la nécessité d'un acco...
Début juin 2026, le détroit reste en grande partie fermé, le trafic ayant chuté de plus de 70 %.