Galbot décrit cette architecture en s’appuyant sur une comparaison avec le cerveau humain. Un « cerveau » de haut niveau s’occupe de la perception, du raisonnement et de la planification, tandis qu’un « cervelet » transforme ces intentions en mouvements continus et stables de l’ensemble du corps.
Cette distinction est importante : un robot peut paraître très sportif dans une démonstration scénarisée sans savoir s’adapter lorsque la balle, l’adversaire ou le rythme de l’échange change. Le tennis constitue donc un test grandeur nature de la capacité à relier perception, décision et contrôle moteur dans une même boucle en temps réel.
Galbot et certains commentateurs présentent le tennis autonome comme un possible « moment AlphaGo » de l’intelligence motrice : une étape visible où la machine ne se contente plus d’exécuter un mouvement, mais choisit une action tout en évoluant dans un environnement incertain.
La comparaison doit toutefois être nuancée. Un échange réussi ou un match convaincant démontrerait une combinaison impressionnante de perception, de tactique et de contrôle physique, mais ne suffirait pas à prouver l’existence d’une intelligence générale. La conclusion la plus solide, au regard des informations disponibles, est plus limitée : un tennis robuste et non entièrement scénarisé constituerait un signe de progrès vers des humanoïdes capables de « réfléchir en mouvement ».
L’ET1 embarque AstraBrain-Agent, un agent développé par Galbot et présenté comme une intelligence native du monde physique, conçue pour l’interaction multimodale et le contrôle des mouvements en temps réel. Selon l’entreprise et les comptes rendus de l’événement, le système peut observer en continu son environnement, comprendre des instructions formulées en langage naturel et planifier dynamiquement des séquences d’actions et de mouvements.
Galbot cherche ainsi à relier trois capacités :
L’entreprise affirme que l’ET1 peut apprendre de nouveaux mouvements sans s’appuyer sur des données de capture de mouvement ou sur des vidéos d’entraînement préenregistrées. Lors des démonstrations, le robot a également établi un contact visuel, effectué de légers mouvements de tête et généré des mouvements corporels en réponse à des consignes vocales.
C’est la différence que Galbot veut établir entre un robot traditionnel, fondé sur des scénarios, et un agent incarné : le second est censé réagir à ce qui se passe au moment présent, réviser son plan et progresser grâce à l’interaction. Ces capacités restent toutefois des démonstrations rapportées par l’entreprise ; leur fiabilité dans des environnements réellement imprévisibles reste à évaluer.
Les démonstrations domestiques de la World Robot Conference 2026 ont été réalisées par les robots Galbot G1. Elles ne correspondent donc pas nécessairement à l’ensemble des fonctions domestiques de l’ET1. Les G1 ont notamment montré comment ranger des objets, laver et étendre du linge, ainsi que plier des vêtements sur un lit. D’autres comptes rendus mentionnent aussi la préparation d’un petit-déjeuner : faire griller du pain, verser des boissons et coordonner les deux bras.
Ces tâches sont plus complexes qu’elles n’en ont l’air. Le robot doit reconnaître des objets différents, manipuler des éléments susceptibles de rouler, se balancer ou se déformer, saisir des vêtements et du linge de maison souples, puis enchaîner correctement une longue série d’actions. Pour le lavage et l’étendage, cela peut impliquer d’ouvrir une porte, de sortir le linge, de le placer dans la machine, de refermer celle-ci, puis de déplier les vêtements et de les installer sur des cintres.
Galbot présente ces démonstrations comme une illustration de l’ambition plus large d’AstraBrain : faire fonctionner un même système d’intelligence sur des robots aux morphologies différentes, dans des environnements domestiques, commerciaux et industriels.
L’intérêt de l’ET1 ne tient donc pas seulement à sa capacité à manier une raquette. Il réside surtout dans l’architecture que Galbot cherche à mettre en avant : un système d’intelligence incarnée capable de relier langage, perception, planification et contrôle de l’ensemble du corps sur plusieurs types de robots.
La démonstration de double mixte annoncée pour le 22 août doit rendre cette ambition particulièrement visible. Si l’ET1 parvient à réagir de manière fiable aux changements du jeu et à coopérer avec des partenaires humains, il offrira un exemple marquant d’intelligence physique adaptative. Mais le véritable test sera sa capacité à transférer cette boucle perception-décision-action d’un spectacle sportif préparé vers les tâches répétitives, désordonnées et imprévisibles de la vie quotidienne et du travail.