Le 13 août 2026, Rama a publié une longue déclaration sur X (anciennement Twitter) pour répondre à l’émoi général . Voici l’essentiel de sa réaction :
La position de Rama repose sur une hiérarchie claire des priorités stratégiques :
« En l’espace d’une heure, les nationalistes les plus bruyants de Tirana et de Pristina avaient déjà sorti la calculatrice géopolitique : peut-être devrions-nous punir l’Ukraine, arrêter de la soutenir, cesser de sympathiser avec les Ukrainiens », a écrit Rama, balayant ces appels comme étant courts‑vistes
.
L’Ukraine n’a jamais reconnu la déclaration d’indépendance du Kosovo de 2008, une position ancrée dans ses propres préoccupations concernant les précédents sécessionnistes et le maintien de liens avec la Serbie . Lors de sa visite à Belgrade, Zelensky a déclaré : « Nous respectons l’intégrité territoriale de nos partenaires et le droit international. Concernant le Kosovo, notre position reste inchangée. Nous sommes reconnaissants à la Serbie de respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris la Crimée »
.
Malgré la non‑reconnaissance ukrainienne, le Kosovo a imposé des sanctions à la Russie en 2022, s’est joint aux déclarations occidentales condamnant l’invasion et a accueilli des responsables ukrainiens — des actions motivées par la propre expérience historique du Kosovo face à l’agression serbe et par son aspiration à s’aligner sur les partenaires euro‑atlantiques . Cependant, le drapeau ukrainien qui flottait dans le centre de Pristina comme symbole de solidarité a été retiré le 9 août par le maire Përparim Rama en signe de protestation directe contre la déclaration de Zelensky
.
Le président Vučić a remporté un succès diplomatique notable en accueillant Zelensky et en obtenant la réaffirmation de la non‑reconnaissance du Kosovo par l’Ukraine . Vučić a utilisé cette visite pour démontrer la pertinence continue de Belgrade et sa capacité à maintenir des liens avec Kiev sans rompre avec Moscou
. La Serbie a refusé de se joindre aux sanctions européennes contre la Russie, poursuit sa coopération énergétique et militaire avec Moscou, et cherche en même temps à adhérer à l’UE — un exercice d’équilibre que la visite de Zelensky a implicitement légitimé
.
L’intervention de Rama a efficacement désamorcé une crise qui risquait de fragmenter la coalition pro‑ukrainienne dans les Balkans occidentaux. En déclarant publiquement que l’Albanie est « assez mûre » pour accepter un désaccord de la part d’un allié, il a fourni une couverture politique à Tirana comme à Pristina pour continuer à soutenir l’Ukraine sans être perçues comme faibles sur le Kosovo . L’épisode souligne une réalité récurrente de la géopolitique balkanique : même les alliances les plus solides doivent naviguer dans les différends non résolus de la région, et des dirigeants comme Rama sont prêts à absorber les critiques intérieures pour maintenir la cohérence stratégique.