Quand l'Iran a bloqué le détroit le 28 février 2026, après la campagne aérienne américano-israélienne, les raffineurs indiens ont perdu l'accès à près de 40 % de leur approvisionnement normal en brut . Ils se sont rués sur les alternatives. Le brut vénézuélien est devenu une bouée de sauvetage cruciale. En avril, l'Inde était devenue le premier acheteur de pétrole vénézuélien, comblant le vide laissé par la sortie brutale de la Chine . Le pétrole russe a également grimpé à un niveau record de 2,25 millions de barils par jour — 50 % des importations indiennes — en mars .
Quand le conflit s'est apaisé et que le détroit a rouvert, les fournisseurs du Moyen-Orient ont repris leurs livraisons. Les raffineurs publics indiens avaient déjà constitué 60 jours de réserves et n'étaient pas pressés de racheter des cargaisons vénézuéliennes . Résultat : la frénésie d'achats d'urgence s'est rapidement dégonflée.
La composition de la clientèle du Venezuela a plus changé en sept mois qu'au cours de la décennie précédente.
La Chine a cessé tout achat après l'opération militaire américaine qui a destitué le président Nicolás Maduro en janvier 2026 . PetroChina a ordonné à ses traders de ne pas acheter de brut vénézuélien commercialisé sous contrôle américain . Les derniers pétroliers transportant du brut vénézuélien sous sanctions vers la Chine sont arrivés fin janvier . Les États-Unis ont déclaré qu'ils permettraient à la Chine d'acheter, mais à des prix non « cassés » — une condition qui a gelé l'ancien commerce à prix réduits .
Les États-Unis sont devenus l'acheteur dominant. Les importations américaines de pétrole vénézuélien (brut et produits raffinés) ont bondi à environ 786 000 barils par jour en juillet, leur plus haut niveau depuis début 2019, contre 284 000 barils par jour en janvier . Cela représente environ 68 % des exportations totales du Venezuela en juillet, qui s'élevaient à 1,16 million de barils par jour .
L'Inde est restée un acheteur de premier plan malgré le recul de juillet, mais à des volumes bien inférieurs aux 427 000 barils par jour de mai .
Note sur les chiffres : Il existe un écart entre deux sources fiables. Reuters indique que les exportations totales de pétrole du Venezuela (brut et produits raffinés) étaient de 1,16 million de barils par jour en juillet . Les données de Kpler, citées par Investing.com et d'autres, évaluent les exportations de brut seul à 856 000 barils par jour — une baisse de 25 % . Le chiffre de Reuters inclut probablement les produits pétroliers. Les deux sources s'accordent sur l'essentiel : les achats indiens se sont effondrés tandis que les achats américains ont grimpé en flèche.
La reprise des exportations vénézuéliennes depuis la destitution de Maduro a été spectaculaire mais fragile. Les données de juillet montrent à quel point une désescalade à des milliers de kilomètres — une pause temporaire au Moyen-Orient — peut instantanément saper la demande et exposer des faiblesses structurelles.
Les raffineries du pays restent en piteux état. Reuters les a décrites comme « laides et rouillées » — des vestiges qui seront difficiles à remettre en état après des années de sous-investissement . La capacité de production de la PDVSA est une fraction de ses niveaux historiques. Les partenaires clés de la PDVSA attendent toujours les autorisations américaines pour étendre leurs opérations .
Les États-Unis contrôlent désormais la commercialisation des exportations pétrolières du Venezuela . Cela crée une dépendance excessive à un seul acheteur. Tout changement de politique américaine ou toute variation de la demande intérieure aurait un impact démesuré, car il n'existe pas de base de clientèle diversifiée pour absorber le choc.
Pendant ce temps, la Chine — autrefois le plus gros client du Venezuela, représentant 75 % des exportations en 2025 — n'a pas acheté un seul baril depuis janvier . L'ancienne relation « pétrole contre prêts » qui a soutenu le gouvernement Maduro pendant des années est désormais bel et bien morte .
L'économie vénézuélienne, dépendante du pétrole, est confrontée à de multiples risques qui se chevauchent : dégradation des infrastructures, incertitude sur les conditions des licences américaines, concentration excessive des acheteurs et négociations de paix en cours qui pourraient stabiliser ou perturber davantage les flux commerciaux . La trajectoire reste très incertaine.
En résumé : la chute des exportations du Venezuela en juillet n'est pas un incident isolé. C'est un signal d'alarme indiquant que la reprise pétrolière post-Maduro repose sur des fondations fragiles — et que des événements mondiaux lointains peuvent remodeler son destin économique du jour au lendemain.