1. Détente des tensions USA-Iran et chute du pétrole
Le catalyseur le plus immédiat est l'optimisme croissant quant à un accord diplomatique entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à leur conflit de cinq mois et rouvrir le détroit d'Ormuz . Le 4 août, des informations faisant état de l'annulation par le président Trump de frappes planifiées contre l'Iran ont renforcé les espoirs de résolution . Le prix du pétrole brut a chuté d'environ 10 % en une seule semaine, réduisant une source majeure de demande de dollars et améliorant le sentiment de risque .
2. PIB de la zone euro plus solide que prévu au T2
L'économie de la zone euro a progressé de 0,4 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, dépassant le consensus de 0,2 % et marquant la croissance trimestrielle la plus rapide depuis début 2025 . Ces chiffres, publiés fin juillet, ont donné à l'euro un élan fondamental qui s'est prolongé jusqu'en août.
3. Hausse de l'inflation dans la zone euro
Les données d'inflation de juillet montrent une accélération de l'indice des prix à la consommation (IPC) global à 2,9 % sur un an, contre 2,8 % en juin, la composante énergétique passant de 8,5 % à 10,0 % . L'inflation sous-jacente a également augmenté, passant de 2,4 % à 2,5 % . La persistance de l'inflation, notamment dans l'énergie et les services, a renforcé les attentes de nouvelles hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), les marchés anticipant un taux de dépôt à 2,75 % d'ici début 2027 .
4. Un virage accommodant de la Réserve fédérale
Le vent arrière le plus puissant pour l'EUR/USD au-dessus de 1,15 $ a été la forte baisse des rendements réels américains suite à la réunion de juillet de la Fed . Les marchés ont clairement perçu que le cycle de resserrement était terminé, la question passant de « combien de hausses supplémentaires ? » à « quand commenceront-elles à baisser ? » . La vente massive du dollar post-Fed a poussé l'EUR/USD à clôturer juillet près de 1,1530, avec un gain d'environ 1,4 % au cours de la dernière semaine du mois . Des données de croissance américaines plus faibles et une inflation mensuelle plus modérée ont ajouté aux vents contraires du billet vert .
Malgré des fondamentaux haussiers, la progression de l'euro s'est heurtée à une barrière technique bien définie. Le niveau de 1,1570 représente la convergence de la moyenne mobile simple à 100 jours et de la ligne de tendance baissière de janvier 2026 — une zone qui a repoussé les prix à trois reprises . Début août, l'EUR/USD évoluait dans une fourchette étroite autour de 1,1505-1,1525, avec un support immédiat à 1,1500-1,1480 . Une cassure sous ce support pourrait déclencher un test des 1,1450.
La position prudente de la Fed est la force principale qui a fait pression sur le dollar, mais le contexte structurel est plus complexe. L'écart de taux Fed-BCE reste important — environ 137 points de base pour les taux directeurs — ce qui, historiquement, a limité la hausse de l'euro . Cependant, le réajustement hawkish de la BCE compense en partie cet écart, les marchés anticipant deux hausses de taux supplémentaires d'ici début 2027 .
Le rapport sur l'emploi non agricole (NFP) de vendredi est largement considéré comme le déclencheur à court terme qui pourrait faire sortir l'EUR/USD de sa fourchette 1,1500-1,1570 . Un chiffre faible renforcerait le scénario d'une Fed accommodante et pousserait probablement l'euro au-dessus de la résistance de 1,1570. Un chiffre solide pourrait inverser la vente de dollars et forcer un repli sous 1,15.
L'euro est pris entre un contexte fondamental haussier et un plafond technique tenace. La situation diplomatique au Moyen-Orient, le rythme de la croissance de la zone euro et la trajectoire des rendements réels américains resteront des moteurs clés. En attendant, tous les yeux sont rivés sur les chiffres de l'emploi de vendredi pour déterminer si l'EUR/USD peut enfin franchir le cap ou si le niveau de 1,15 $ se révélera être un sommet temporaire.