Le principal facteur de ce rebond n’est pas seulement l’amélioration de l’offre ou la baisse du prix des batteries : c’est aussi le retour de la volatilité sur les marchés pétroliers. Le conflit au Moyen-Orient, les tensions entre les États-Unis et l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont perturbé l’approvisionnement en pétrole brut et fait grimper les prix du carburant . Pour les ménages comme pour les entreprises, l’électrique est alors apparu comme un moyen de réduire l’exposition aux variations du prix à la pompe.
Les hostilités entre les États-Unis et l’Iran ont débuté à la fin du mois de février 2026. Les perturbations de l’approvisionnement qui ont suivi ont fait bondir les cours du pétrole et les prix des carburants, poussant consommateurs et gouvernements à accélérer la transition vers la mobilité électrique .
L’AIE estime que les véhicules électriques font désormais partie des réponses possibles à une hausse des prix du pétrole. Dans les pays importateurs, ils peuvent renforcer la sécurité énergétique et contribuer à « protéger les consommateurs et les entreprises contre les fluctuations de prix » . Les véhicules routiers représentent en effet près de la moitié de la consommation mondiale de pétrole, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux chocs sur les carburants et aux ruptures d’approvisionnement .
Les ventes avaient reculé au premier trimestre 2026, principalement en raison d’une demande moins dynamique en Chine et aux États-Unis, avant de repartir nettement au deuxième trimestre . Sur un an, elles ont toutefois progressé de 4 % entre avril et juin, tandis que plus de 90 pays ont enregistré une hausse des ventes au premier semestre .
« Les véhicules routiers représentent près de la moitié de la consommation mondiale de pétrole, ce qui rend ce secteur particulièrement exposé aux flambées des prix des carburants et aux ruptures d’approvisionnement. » — AIE, citée par Engadget
L’Europe a enregistré la croissance la plus forte parmi les grands marchés de la voiture électrique au premier semestre 2026 . Sa progression a largement compensé la faiblesse de la Chine et des États-Unis. Sur l’ensemble de l’année, l’AIE prévoit qu’environ une voiture neuve sur trois vendue en Europe sera électrique .
La Chine et les États-Unis ont connu un début d’année plus poussif, notamment au premier trimestre et au début du deuxième . La Chine conserve néanmoins des volumes considérables. BYD y a livré 557 090 véhicules entièrement électriques au deuxième trimestre, contre 480 126 pour Tesla, prenant ainsi l’avantage sur son concurrent américain .
Aux États-Unis, les ventes de véhicules électriques étaient déjà sous pression après la suppression des crédits d’impôt fédéraux à l’achat par l’administration Trump et l’assouplissement des normes de consommation applicables aux véhicules thermiques .
L’Australie, le Brésil, l’Inde, la Corée du Sud et le Vietnam figurent parmi les marchés les plus dynamiques. Dans ces pays, les ventes réalisées entre mars et juin ont été environ deux fois supérieures à celles de la même période en 2025 . En Inde, les achats ont bondi de 87 % sur un an pour le seul mois de mars .
Les marchés émergents d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine progressent également rapidement. Cette dynamique est portée par l’expansion des constructeurs chinois et par la baisse du prix des batteries .
La crise a également fait évoluer le discours des pouvoirs publics. Selon le Global EV Outlook 2026 de l’AIE, les politiques de soutien aux véhicules électriques intègrent de plus en plus la question de la protection contre la volatilité des cours du pétrole . Plusieurs gouvernements ont accéléré leurs dispositifs d’aide à l’achat ou à l’adoption, en considérant l’électrification non seulement comme un levier climatique, mais aussi comme un moyen de réduire la dépendance aux importations de pétrole .
Cette évolution reste toutefois inégale selon les pays. En Chine, le durcissement des critères d’éligibilité aux aides a pesé sur le marché. Dans le même temps, l’arrivée croissante de constructeurs chinois sur les marchés étrangers devrait intensifier la concurrence mondiale .
Dans son rapport Global EV Outlook 2026, publié en mai, l’AIE prévoit :
Ces prévisions avaient été établies avant que l’ampleur du rebond du deuxième trimestre ne soit entièrement connue. Le résultat annuel pourrait donc se rapprocher de la borne haute de la fourchette .
À plus long terme, l’AIE estime que le parc mondial de véhicules électriques pourrait passer de près de 80 millions aujourd’hui à 510 millions en 2035. Dans le cadre des politiques actuellement en place, les véhicules électriques pourraient alors représenter environ la moitié des ventes mondiales de voitures neuves .