| Croissance organique des volumes | 9,6 % | Une hausse forte, mais aidée par le calendrier |
| Croissance organique des volumes hors jours de vente supplémentaires | Environ 3,5 % | Coca-Cola HBC a indiqué que quatre jours de vente en plus avaient soutenu le chiffre publié |
| Revenu organique par caisse | 1,8 % | Le prix et le mix n’ont pas suffisamment progressé pour transformer les volumes en dépassement des attentes |
| Croissance du chiffre d’affaires publié | 12,0 % | Le groupe a tout de même affiché une croissance à deux chiffres |
Morningstar a rapporté que le chiffre d’affaires net avait progressé de 12 % sur un an, à 2,71 milliards d’euros contre 2,42 milliards d’euros, avec des volumes organiques en hausse de 9,6 % et un revenu net organique par caisse en progression de 1,8 % . C’est précisément cette combinaison qui explique la réaction mitigée : l’activité commerciale a été dynamique, mais le rendement par caisse est resté relativement modeste.
Pour un embouteilleur, la croissance ne dépend pas seulement du nombre de caisses vendues. Elle dépend aussi du prix moyen, des formats, des canaux de distribution et du poids des produits ou packs les plus rémunérateurs. Au T1 2026, Coca-Cola HBC a bien bénéficié d’un fort effet volume, mais ce volume n’a pas eu la même valeur que dans un scénario porté par des prix plus élevés ou un mix plus premium.
Premier élément : le calendrier. Le groupe a indiqué que les volumes organiques avaient augmenté de 9,6 %, mais seulement d’environ 3,5 % une fois retiré l’effet des quatre jours de vente supplémentaires . Ces journées ont bien généré des ventes réelles, mais elles rendent la progression apparente plus spectaculaire que la tendance sous-jacente.
Deuxième élément : le mix de produits. Selon une dépêche Reuters reprise par MarketScreener, Coca-Cola HBC a manqué les estimations de croissance organique du chiffre d’affaires parce que les consommateurs ont privilégié des boissons vendues en lots moins chers pendant les fêtes de Pâques . Ces offres peuvent faire sortir davantage de produits des rayons, mais elles ne tirent pas forcément le revenu moyen par caisse vers le haut.
Troisième élément : les promotions. Le même compte rendu indique que le groupe avait renforcé ses promotions et offres commerciales afin d’attirer des consommateurs confrontés à un contexte économique incertain . C’est une stratégie classique pour défendre les volumes, mais elle limite souvent la capacité à capter davantage de valeur. La hausse de seulement 1,8 % du revenu organique par caisse montre que l’effet prix/mix n’a pas suffi à convertir pleinement la progression des volumes en surprise positive sur le chiffre d’affaires
.
Il serait toutefois excessif de lire ce trimestre comme un signe de faiblesse brutale de la demande. Coca-Cola HBC a publié une croissance du chiffre d’affaires de 12,0 %, des volumes de boissons pétillantes en hausse de 9,4 % et des volumes d’energy drinks en progression de 27,0 % au T1 2026 .
La direction a aussi maintenu ses objectifs pour 2026 : une croissance organique du chiffre d’affaires comprise entre 6 % et 7 %, et une croissance organique de l’EBIT de 7 % à 10 % . Autrement dit, le trimestre semble rester compatible avec la feuille de route du groupe, même si les attentes du marché étaient légèrement plus élevées sur la croissance organique du chiffre d’affaires.
Le principal enseignement est simple : dans les boissons, une forte hausse des volumes ne garantit pas une croissance de meilleure qualité. Coca-Cola HBC a écoulé davantage de produits, mais une partie de cette progression venait du calendrier, des lots de Pâques moins chers et d’une activité promotionnelle plus marquée .
Pour les prochains trimestres, trois indicateurs seront particulièrement importants : le revenu organique par caisse, la croissance des volumes hors effets de calendrier et le niveau des promotions. Si le revenu par caisse accélère tout en conservant des volumes positifs, la croissance paraîtra plus solide. Si, au contraire, les volumes restent dépendants des rabais et des lots moins rémunérateurs, une forte progression du nombre de caisses vendues pourra continuer à sembler moins convaincante en termes de chiffre d’affaires.