Le produit de ces ventes finance un virage stratégique : abandonner le minage pur de Bitcoin pour se concentrer sur l'intelligence artificielle (IA) et l'infrastructure de calcul haute performance (HPC). MARA a acquis une centrale électrique dans l'Ohio pour 1,5 milliard de dollars afin d'y construire des data centers dédiés à l'IA, a confirmé 15 % de licenciements, et a signalé que d'autres ventes de Bitcoin pourraient être nécessaires pour boucler l'opération . Après la fin du trimestre, MARA a également mis en gage 18 750 BTC comme collatéral pour obtenir 600 millions de dollars de capacité d'emprunt supplémentaire .
Les résultats du deuxième trimestre 2026 de MARA soulignent la pression financière qui motive ces décisions. La société a enregistré une perte nette de 611,3 millions de dollars, dont 343 millions de pertes latentes sur ses actifs numériques, alors que le prix moyen du Bitcoin a chuté de 28 % sur un an . Le chiffre d'affaires a baissé de 27 % pour atteindre 174,9 millions de dollars, et l'EBITDA ajusté était négatif de 360,9 millions de dollars .
Le gouvernement royal du Bhoutan a transféré 434,87 BTC (environ 27,93 millions de dollars) de ses livres le 7 août, mettant fin à une pause d'un mois dans les sorties de fonds . Cela prolonge une vente souveraine régulière qui a réduit les avoirs du Bhoutan d'environ 13 000 BTC mi-2025 à environ 3 100 BTC mi-2026 – un prélèvement cumulé que les analystes de la chaîne (on-chain) évaluent à environ 1 milliard de dollars .
Ces ventes sont liées au financement du projet Gelephu Mindfulness City (GMC), une région administrative spéciale dans le sud du Bhoutan. En décembre 2025, le Bhoutan a annoncé un engagement de développement Bitcoin (Bitcoin Development Pledge) portant sur jusqu'à 10 000 BTC (environ 1 milliard de dollars à l'époque) pour soutenir le développement de GMC . Mais plutôt que de simplement liquider, le Bhoutan cherche à « opérationnaliser » sa trésorerie : le 4 août, GMC a confié un mandat de gestion à la société 3iQ Corp. pour une partie de ses réserves de Bitcoin, visant à générer des rendements via une approche d'investissement neutre par rapport au marché et à faible risque .
Les autorités bhoutanaises ont démenti les allégations selon lesquelles le pays aurait vendu près d'un milliard de dollars, qualifiant ce prélèvement de stratégie de gestion de trésorerie « hold-and-optimize » (conserver et optimiser), et non d'une vente massive motivée par le pessimisme . La plateforme d'analyse Arkham Intelligence estimait qu'au rythme de vente observé à la mi-2026 – environ 50 millions de dollars par mois – le Bhoutan pourrait épuiser ses réserves restantes avant la fin septembre .
Ensemble, ces deux transactions représentent environ 74 millions de dollars – une fraction infime du volume quotidien du Bitcoin au comptant, qui dépasse régulièrement les 10 à 20 milliards de dollars. Les ventes ont été absorbées sans impact visible sur le prix.
Plus important encore, elles illustrent la réalité opérationnelle des détenteurs institutionnels de Bitcoin – que ce soit une société cotée au Nasdaq ou un État souverain – qui ne peuvent pas « HODLer » indéfiniment. Les deux sont confrontés à des contraintes de financement bien réelles :
L'absence de panique sur le marché suggère que, pour l'instant, les investisseurs ont intégré la probabilité que les grands détenteurs aient parfois besoin de vendre. Le risque qui n'a pas encore été testé est celui d'un vendeur de très grande taille contraint de céder ses actifs sur un marché peu liquide ou en baisse.