L'événement majeur de la journée a été l'ascension fulgurante de Micron Technology. L'action du fabricant américain de puces mémoire s'est envolée de plus de 19 % pour clôturer à 895,88 dollars le 26 mai, portant sa valorisation à environ 1 023 milliards de dollars . Un cap qui fait de Micron la 12ᵉ entreprise américaine à intégrer le club très sélect des sociétés valorisées à plus de 1 000 milliards de dollars. Le catalyseur immédiat de cette envolée ? Une note extrêmement optimiste d'UBS, qui a revu à la hausse de manière spectaculaire son objectif de cours sur le titre, électrisant le sentiment des investisseurs
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Le moteur de fond reste cependant le colossal déploiement d'infrastructures pour l'IA. La mémoire à large bande passante (HBM, ou High-Bandwidth Memory), qui permet de doper les capacités de calcul des processeurs d'IA les plus avancés, est devenue un goulet d'étranglement critique. Micron, aux côtés des sud-coréens Samsung et SK Hynix — le "big three" de la mémoire —, en est l'un des premiers bénéficiaires. Son action a ainsi grimpé de plus de 200 % depuis le début de l'année . L'entreprise a atteint les 1 000 milliards de dollars en seulement 48 jours de Bourse après avoir franchi le seuil des 700 milliards, un rythme bien plus rapide que celui de géants comme Nvidia
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La secousse provoquée par la flambée de Micron s'est immédiatement répercutée en Europe. Le compartiment des semi-conducteurs, déjà l'un des principaux moteurs des marchés depuis deux ans, a bondi. Le néerlandais ASML, dont les machines de photolithographie sont indispensables à la production de puces de pointe, et l'allemand Infineon, autre pilier du secteur, ont compté parmi les plus fortes hausses du Stoxx 600. Cette réaction en chaîne illustre la nature profondément interconnectée de la chaîne d'approvisionnement mondiale des semi-conducteurs : une explosion de la demande pour la mémoire dédiée à l'IA se traduit directement par une hausse des dépenses d'équipement auprès de fournisseurs comme ASML .
La dynamique haussière du secteur technologique a également été soutenue par un reflux des cours du pétrole, alors que les tensions géopolitiques montraient des signes d'apaisement, levant ainsi un obstacle important pour les actions européennes.
Parallèlement à l'effervescence boursière, un signal stratégique de long terme est venu conforter la confiance des marchés. À l'occasion de sa journée dédiée aux investisseurs (Capital Markets Day), le géant français du conseil et des services numériques Capgemini a dévoilé un ambitieux plan financier à horizon 2028, entièrement tourné vers la captation de valeur du marché des "agents IA" (ou IA agentique). Ces systèmes sont capables de prendre des décisions et d'exécuter des tâches de manière autonome pour le compte des utilisateurs .
Capgemini entend se positionner comme le catalyseur de la transformation des entreprises par l'IA. Ses objectifs pour 2028 sont ambitieux :
Ce virage stratégique s'appuie sur les propres travaux de recherche du groupe, qui estime que les agents IA pourraient générer jusqu'à 450 milliards de dollars de valeur économique d'ici 2028, entre hausse des revenus et économies de coûts sur les principaux marchés mondiaux. Capgemini estime que son rôle pour aider les grands groupes à moderniser leur dette technique et à déployer ces systèmes à grande échelle lui offre un potentiel de croissance significatif .
La séance de mercredi est une illustration éclatante d'un système financier mondial qui se recompose autour de la conviction que la demande en IA n'est pas une bulle spéculative à court terme, mais un cycle d'investissement de long terme. Des fabricants de puces valorisés à plus de mille milliards aux sociétés de conseil qui réinventent leur modèle, la course pour monétiser la révolution de l'IA ne fait que s'accélérer.