Le premier véhicule de la firme, le fonds Generation Tech Partners Fund I, a bouclé sa levée le 10 juin 2026, avec des engagements dépassant les 50 millions d'euros de la part d'investisseurs de premier plan. Avec l'effet de levier, la capacité d'acquisition totale atteint jusqu'à 120 millions d'euros, de quoi mener à bien une stratégie de consolidation visant une trentaine d'entreprises sur la durée de vie du fonds .
La thèse centrale marque une rupture avec les stratégies classiques de consolidation du capital-investissement. Le fonds ciblera exclusivement des sociétés de services B2B dirigées par leur propriétaire, dans l'espace germanophone, confrontées à une crise de succession, avec un EBITDA compris entre 500 000 et 5 millions d'euros . Plutôt que de recourir à l'ingénierie financière pour extraire de la valeur, Generation Tech Partners entend déployer l'IA comme principal levier opérationnel.
L'approche affichée consiste à acquérir, fusionner et restructurer ces petites structures en entités plus grandes et plus efficaces grâce au numérique et à l'intelligence artificielle. Point crucial, l'équipe présente cette transformation comme se faisant « sans réduction de coûts ni suppressions d'emplois » . Dans un post LinkedIn, la firme estimait que « l'IA ne remplacera pas les employés de première ligne. Elle effacera le middle management », détaillant un plan pour aplatir les structures organisationnelles dans les 100 premiers jours et générer des rendements par « une expansion opérationnelle de l'EBITDA grâce à la transformation par l'IA — et non par la table de capitalisation » .
Après l'acquisition, des "PDG-opérateurs" natifs du numérique sont installés pour exécuter des feuilles de route structurées de création de valeur par l'IA, avec pour objectif de moderniser des entreprises traditionnelles sans se priver de leurs collaborateurs expérimentés .
Le fonds est piloté par un trio de fondateurs :
Szabo apporte une expérience opérationnelle directe de l'IA pour avoir monté un studio de création d'entreprises de 400 personnes dédié à l'IA, tandis que Bitzer et Herfurth contribuent par leur parcours dans le private equity et l'investissement dans le Mittelstand .
La crédibilité institutionnelle du fonds est ancrée par ses investisseurs. Access Capital Partners, un gestionnaire indépendant d'actifs privés avec 15 milliards d'euros sous gestion, est un investisseur clé, aux côtés de Qualitas Funds, une plateforme de capital-investissement madrilène qui offre un accès à plus de 1 300 investisseurs via des fonds de fonds et du co-investissement sur le marché européen des small et mid-caps . Le tour de table est complété par un grand fonds de pension européen, ainsi que plusieurs family offices et entrepreneurs fortunés .
Le timing du fonds correspond à ce que les économistes ont surnommé une « falaise de succession ». Les données de la Chambre de Commerce et d'Industrie Allemande (DIHK) et des rapports de suivi de la KfW suggèrent que plus de 125 000 patrons cherchent un repreneur chaque année . Le problème est particulièrement aigu dans les services B2B, un secteur où le vivier d'acheteurs est structurellement étroit et où les entreprises sont souvent trop petites pour les grands fonds de consolidation .
Generation Tech Partners se positionne non pas comme un simple acheteur financier, mais comme un entrepreneur actif désireux de préserver un héritage. Les documents publics de l'entreprise soulignent que sans plan de succession clair, ces sociétés rentables et spécialisées risquent de fermer — mettant en danger les emplois locaux et des relations clients de longue date . En consolidant une trentaine de ces PME au sein d'une entité numérique plus vaste et en les conservant de cinq à sept ans avant une revente, le fonds parie que la croissance par l'IA peut libérer un potentiel de valorisation, sans les dégâts sociaux et opérationnels d'un downsizing classique .