Les applications deepfake alimentées par l’IA présentent des risques graves d’abus sexuels basés sur l’image à l’encontre des enfants à Hong Kong — allant de la création d’images intimes non consenties en quelques minutes par des camarades, à des lacunes juridiques qui laissent les victimes sans recours. Voici les principaux dangers identifiés par le Commissaire à la protection des données de Hong Kong (PCPD), les experts en protection de l’enfance et des affaires récentes.
1. Création facile et rapide d’images intimes falsifiées
Plus d’une application deepfake sur trois peut générer du contenu pornographique, selon la société américaine de protection contre l’usurpation d’identité Home Security Heroes
. Ces applications peuvent produire des images intimes falsifiées d’enfants en quelques minutes, en utilisant des photos récupérées sur les réseaux sociaux
. L’ampleur du problème est vertigineuse : un chatbot d’IA aurait permis aux utilisateurs de télécharger de vraies photos de femmes et d’enfants et de les « déshabiller » numériquement, générant environ 3 millions d’images sexuelles en seulement 11 jours ![]()
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2. Abus perpétrés entre pairs et incidents en milieu scolaire
À Hong Kong, un étudiant en droit de l’Université de Hong Kong (HKU) est accusé d’avoir utilisé un logiciel d’IA gratuit pour générer environ 700 images pornographiques non consenties de 20 à 30 femmes, dont ses camarades d’université, d’école primaire et des enseignants du secondaire ![]()
. Le PCPD prévient que les enfants et adolescents peuvent à la fois créer et partager des deepfakes malveillants de leurs pairs, souvent sans comprendre la gravité du préjudice
. Ce phénomène ne se limite pas à Hong Kong — des écoles dans d’autres régions ont signalé avoir été victimes de chantage avec des deepfakes explicites d’élèves
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3. Préjudice psychologique grave pour les enfants victimes
Les victimes d’abus sexuels basés sur l’image générée par l’IA ressentent souvent de l’humiliation, de la honte, de la colère, un sentiment de violation et d’auto-accusation, entraînant une détresse émotionnelle persistante, un retrait de l’école et de la famille, et des difficultés à maintenir des relations de confiance
. Certains cas peuvent conduire à l’automutilation et à des idées suicidaires. Le traumatisme est amplifié chaque fois que le contenu est partagé
. Les enfants sont particulièrement vulnérables car leurs capacités cognitives sont encore en développement et ils ont plus de difficultés à identifier les deepfakes
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4. Escalade rapide des contenus d’abus sexuels sur enfants générés par l’IA
En 2025, l’Internet Watch Foundation a évalué 8 029 images et vidéos générées par l’IA comme montrant des abus sexuels réalistes sur enfants, avec des volumes en constante augmentation, à la fois sur le dark web et sur les plateformes commerciales grand public
. Cette imagerie est générée et diffusée à grande échelle, submergeant les systèmes de modération existants.
5. Lacune juridique à Hong Kong : la création sans diffusion n’est pas un crime
En vertu de la législation actuelle de Hong Kong, la simple création d’images intimes générées par l’IA sans les diffuser ne constitue pas une infraction pénale — seules la publication ou les menaces de publication sont couvertes ![]()
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. Les victimes de l’affaire de deepfake à HKU ont indiqué que des consultations juridiques avaient confirmé cette lacune, ne laissant aucun recours pénal contre l’étudiant qui avait créé les images
. Le Bureau de la sécurité de Hong Kong a annoncé qu’il lancerait une consultation publique pour étendre les lois sur les infractions sexuelles afin de couvrir la pornographie deepfake, avec pour objectif d’adopter des amendements d’ici 2026
. Le Barreau de Hong Kong a appelé à l’adoption d’une « loi ciblée » pour résoudre le problème
. Cependant, à la mi-2026, la loi n’a pas encore été modifiée.
6. Faible sensibilisation des parents et des enfants
Le PCPD a constaté que les parents et les enfants à Hong Kong ont généralement une conscience insuffisante des risques liés aux deepfakes, et que les cas de deepfakes malveillants impliquant des enfants augmentent rapidement
. Le « sharenting » — le fait pour les parents de partager excessivement des photos de leurs enfants en ligne — fournit une matière première facilement utilisable pour la création de deepfakes
. Le PCPD a publié en décembre 2025 une « Trousse à outils sur l’abus des deepfakes d’IA : à l’intention des écoles et des parents » pour sensibiliser et fournir des conseils pratiques ![]()
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7. Une fois en ligne, quasi-impossible à supprimer
Les images intimes falsifiées, une fois diffusées, sont extrêmement difficiles à supprimer d’Internet, causant un préjudice durable aux victimes ![]()
. Cette permanence aggrave les dommages psychologiques, car les victimes savent que les images peuvent refaire surface à tout moment.
Que fait-on ?
En réponse à ces dangers, le PCPD a ouvert une enquête pénale sur l’incident de HKU
et a publié une trousse à outils pour les écoles et les parents ![]()
. Le gouvernement de Hong Kong révise les cadres juridiques, le Bureau de la sécurité prévoyant une consultation publique sur l’extension des lois sur les infractions sexuelles à la pornographie deepfake ![]()
. Les autorités de protection des données de Hong Kong, avec près de 60 homologues mondiaux, ont publié une déclaration commune exprimant leur inquiétude face à l’imagerie nuisible générée par l’IA, en particulier celle concernant les enfants
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Que peuvent faire les parents et les écoles ?
La trousse à outils du PCPD conseille aux parents de réfléchir attentivement avant de publier des photos ou des vidéos de leurs enfants en ligne, et exhorte les écoles à sensibiliser les élèves aux risques et aux conséquences juridiques de la création ou du partage de deepfakes ![]()
. Les experts recommandent d’enseigner aux enfants des compétences critiques en matière de culture numérique et d’encourager des conversations ouvertes sur la sécurité en ligne
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