Goldman Sachs ne banalise pas le choc : la banque le juge douloureux, mais encore concentré sur l’énergie. Le détroit d’Ormuz est la variable clé, car environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole et de GNL y transite normalement [7].

Create a landscape editorial hero image for this Studio Global article: What are the global economic impacts of the prolonged US-Iran conflict, and why does Goldman Sachs believe the world economy is “bending, no. Article summary: The prolonged US-Iran conflict is mainly hitting the world economy through higher energy prices, disrupted Gulf shipping, weaker growth, and renewed inflation pressure. Goldman Sachs’ “bending, not breaking” view means t. Topic tags: general, general web, user generated. Reference image context from search candidates: Reference image 1: visual subject "The global economy is “bending, not breaking” as the war in Iran nears its fourth month, though growth risks haven't disappeared entirely, according to Goldman" source context "Here's when markets can expect rate cuts once the Iran war ends, according to a top Morgan Stanley exec - AOL" Reference image 2: visual
Goldman Sachs ne dit pas que le conflit entre les États-Unis et l’Iran est sans conséquence. Sa thèse est plus nuancée : l’économie mondiale encaisse d’abord un choc d’énergie — pétrole et gaz — plutôt qu’une panne générale du commerce mondial. Le point de tension majeur reste le détroit d’Ormuz, passage stratégique entre le Golfe et l’océan Indien, par lequel transite normalement environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ou GNL, selon Goldman Sachs Research .
C’est le sens de l’idée d’une économie qui « plie sans rompre ». Des prix de l’énergie plus élevés peuvent ralentir la croissance, rogner le pouvoir d’achat et raviver l’inflation. Mais, dans le scénario central de Goldman, on ne retrouve pas pour l’instant le blocage simultané des usines, des ports, de la main-d’œuvre et des flux de marchandises observé pendant la pandémie .
Dans l’analyse de Goldman, l’énergie est le principal canal de transmission économique. Les stratèges pétrole de la banque estiment que l’effet sur les prix dépend surtout de l’ampleur et de la durée des perturbations dans le détroit d’Ormuz .
Au 3 mars, Goldman évaluait à environ 14 dollars par baril la prime supplémentaire exigée par les traders par rapport à l’avant-conflit pour compenser le risque accru. Cette prime correspondait à peu près, selon la banque, à l’effet d’un arrêt complet de quatre semaines des flux via le détroit .
Le lien avec l’inflation est direct. Morningstar/MarketWatch a rapporté que Goldman calcule qu’une hausse de 10 % du pétrole ajoute environ 0,2 point de pourcentage à l’inflation . Des rapports citant Goldman évaluent aussi le scénario central à environ 0,3 point de PIB mondial en moins et 0,5 à 0,6 point d’inflation globale en plus sur l’année suivante
. Reuters a de son côté rapporté l’estimation de Goldman selon laquelle une poussée temporaire du pétrole à 100 dollars le baril pourrait ralentir la croissance mondiale de 0,4 point
.
Le détroit d’Ormuz n’est pas une route maritime comme une autre. C’est un goulot d’étranglement pour le pétrole et le GNL : si le passage est perturbé, le problème devient rapidement mondial, parce que le prix de l’énergie se répercute sur les transports, l’industrie, l’agriculture et les ménages .
Voilà pourquoi le scénario de Goldman dépend moins de l’existence du conflit que de sa durée et de l’ampleur des blocages de transit. Si les flux se normalisent, la prime de risque peut refluer et les prix de l’énergie se stabiliser. Si les flux restent contraints, le choc pétrolier et gazier peut se transformer en problème plus large de croissance et d’inflation .
Goldman a tout de même revu ses perspectives à la baisse. Morningstar/MarketWatch a rapporté que la banque avait réduit sa prévision de croissance américaine et évaluait en mars à 25 % la probabilité d’une récession aux États-Unis dans les douze mois, le pétrole étant identifié comme le principal canal de transmission vers l’économie américaine .
L’évaluation a ensuite évolué. Business Insider a rapporté que Goldman avait abaissé sa probabilité de récession après de meilleurs chiffres de l’emploi, tandis que Jan Hatzius, économiste en chef de la banque, notait que l’impact de la guerre en Iran sur l’économie américaine était resté modeste et que le pétrole n’avait pas autant augmenté que certains prévisionnistes le redoutaient .
Le message n’est donc pas que le risque de récession a disparu. Il est plutôt que les données disponibles pointent, pour l’instant, vers une économie sous pression, pas vers une économie en chute libre.
Le pétrole est le canal dominant, mais ce n’est pas le seul sujet de vigilance. Les rapports sur les perspectives de Goldman signalent aussi des inquiétudes concernant d’autres approvisionnements, notamment les engrais et l’hélium, ce dernier étant important pour la production de semi-conducteurs .
Ces effets secondaires comptent, car l’énergie et certains intrants industriels se retrouvent partout : fret, usines, production alimentaire, biens de consommation. Le risque est qu’un choc d’abord visible dans le prix du baril finisse par s’inscrire dans un éventail plus large de prix, compliquant le travail des banques centrales.
Pour les économies du Golfe, la situation est plus ambiguë. Un rapport citant Goldman Sachs Economics Research décrit un paradoxe pour les pays du Conseil de coopération du Golfe : des prix du pétrole plus élevés peuvent soutenir les budgets publics, mais des routes commerciales perturbées pèsent sur la croissance et menacent les plans de diversification à long terme . Le même rapport indique que la durée du conflit est devenue la variable la plus importante pour la stabilité économique de la région
.
Autrement dit, des recettes pétrolières plus élevées ne compensent pas forcément les coûts liés à une logistique dégradée, à des investissements retardés et à l’incertitude sur le commerce régional.
Le cœur du raisonnement tient à la concentration du choc. Fox Business, citant des économistes de Goldman, a rapporté que la guerre en Iran devait pousser les prix du pétrole et du gaz à la hausse, mais qu’elle avait peu de chances de provoquer une crise générale des chaînes d’approvisionnement comparable à celle déclenchée par la Covid-19 . Business Insider a résumé la même analyse ainsi : un choc pétrolier, pas une crise globale des chaînes d’approvisionnement
.
La différence est essentielle. La pandémie avait perturbé en même temps la production, les ports, la disponibilité de la main-d’œuvre et les flux de biens de consommation. Le scénario central actuel de Goldman est plus étroit : l’énergie renchérit, l’inflation reçoit un coup de pouce, la croissance ralentit, mais les réseaux mondiaux de production ne se grippent pas de la même manière .
L’argument plus constructif de Goldman repose aussi sur la résilience de fond de l’économie. Dans une transcription publiée en avril, Jan Hatzius indiquait que Goldman voyait encore de nombreux éléments favorables dans l’économie mondiale, notamment une progression plus forte de la productivité depuis la pandémie, particulièrement visible aux États-Unis, tout en reconnaissant des risques baissiers liés au conflit en Iran et à la hausse de l’énergie .
Les marchés financiers n’ont pas non plus cessé de fonctionner. Reuters a rapporté que David Solomon, le directeur général de Goldman Sachs, s’était dit surpris par la réaction relativement calme des marchés et estimait que les investisseurs pourraient avoir besoin de quelques semaines pour digérer les conséquences du conflit . Fortune a également rapporté que de hauts responsables internationaux de Goldman jugeaient les fondamentaux encore intacts et ne s’attendaient pas à un gel complet des opérations de marché
.
Le scénario de Goldman tient à une condition : le choc énergétique doit rester limité. Une interruption plus longue dans le détroit d’Ormuz, une flambée du pétrole plus durable ou un passage plus net de l’inflation globale vers l’inflation sous-jacente rendraient l’équation beaucoup plus risquée .
Le verdict pratique est donc le suivant : le conflit fait déjà plier l’économie mondiale par le pétrole, le GNL, l’inflation et le ralentissement de la croissance. Il deviendrait un choc de rupture si cette pression énergétique se transformait en étau durable sur le commerce, le crédit, la consommation des ménages et l’investissement des entreprises.
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Goldman Sachs ne banalise pas le choc : la banque le juge douloureux, mais encore concentré sur l’énergie.
Goldman Sachs ne banalise pas le choc : la banque le juge douloureux, mais encore concentré sur l’énergie. Le détroit d’Ormuz est la variable clé, car environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole et de GNL y transite normalement [7].
Des rapports citant Goldman évaluent le scénario central à environ 0,3 point de croissance mondiale en moins et 0,5 à 0,6 point d’inflation globale en plus sur un an [19].