À ce stade, aucun dommage ni aucune victime n’ont fait l’objet d’une confirmation indépendante .
Dans une déclaration publiée sur X, Yahya Saree a déclaré que le groupe avait « réussi à cibler le pétrolier saoudien Wafa dans le nord de la mer Rouge, au large de Yanbu, avec plusieurs missiles balistiques ». Il a qualifié la frappe de précise .
Le porte-parole a également affirmé que le navire avait été contraint de faire demi-tour, sans donner de précisions supplémentaires sur son état . Les Houthis disent avoir visé huit pétroliers saoudiens depuis le début du blocus . Ils affirment par ailleurs avoir ciblé 29 autres navires dans le cadre de leur campagne maritime plus large .
Les Houthis ont déclaré fermé aux navires liés à l’Arabie saoudite le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique situé à l’entrée sud de la mer Rouge . Cette voie maritime relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue un itinéraire majeur pour les cargaisons de pétrole brut et de produits raffinés du Moyen-Orient à destination de l’Europe et de l’Amérique du Nord.
Le groupe présente ce blocus comme une mesure de représailles au blocus imposé au Yémen par la coalition dirigée par Riyad, ainsi qu’au bombardement de l’aéroport international de Sanaa . Les éléments disponibles confirment cette justification avancée par les Houthis, mais ne fournissent pas davantage de détails vérifiables sur la chronologie de ce bombardement.
Les données de suivi de navires de LSEG et de MarineTraffic montrent que six pétroliers saoudiens, vides après avoir desservi des destinations asiatiques, ont renoncé à traverser Bab el-Mandeb. Ils ont mis le cap vers le sud, autour du cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud .
Ces navires sont des superpétroliers capables de transporter chacun jusqu’à deux millions de barils de brut . Le détour rallonge chaque trajet d’au moins deux semaines et alourdit les coûts de carburant, les primes d’assurance et les délais de livraison . Le pétrolier Dilam, par exemple, avait Gibraltar comme destination déclarée .
Ce changement de route montre que les opérateurs maritimes prennent la menace au sérieux, même si les revendications houthis concernant certaines attaques n’ont pas toujours été confirmées de manière indépendante .
En pratique, le blocus houthi transforme Bab el-Mandeb en un nouveau point de tension pour les flux énergétiques mondiaux. Les navires saoudiens ou liés à l’Arabie saoudite doivent choisir entre un itinéraire beaucoup plus long autour de l’Afrique et le risque de traverser une zone menacée .
L’Union européenne, par l’intermédiaire de sa force navale, avait recommandé aux navires commerciaux liés à Israël, aux États-Unis ou à l’Arabie saoudite d’éviter le secteur . La multiplication des détours réduit la fluidité des exportations, augmente les frais logistiques et peut exercer une pression à la hausse sur les prix de l’énergie .
Les sources disponibles documentent l’impact du blocus houthi sur Bab el-Mandeb, mais elles ne confirment pas une fermeture simultanée du détroit d’Ormuz par l’Iran. Une telle fermeture constituerait une perturbation d’une tout autre ampleur pour les marchés pétroliers, mais cette affirmation ne peut pas être établie à partir des éléments fournis ici.
Les Houthis ont annoncé vouloir intensifier leurs attaques dans le nord de la mer Rouge, estimant que l’Arabie saoudite continue d’y faire circuler ses navires . Le cas du Wafa et le détour de six superpétroliers illustrent déjà les deux dimensions de la crise : une menace militaire revendiquée, et une réorganisation concrète des routes commerciales.
Si les itinéraires autour de l’Afrique se multiplient, les délais, les coûts d’assurance et la facture énergétique du transport maritime continueront de peser sur la logistique pétrolière saoudienne et sur les chaînes d’approvisionnement mondiales .