Cela contraste avec la stratégie historique du Vision Fund de SoftBank, qui consistait plutôt à répartir les risques sur des centaines de startups. Dans le secteur de l’IA, de nombreux investisseurs préfèrent aujourd’hui soutenir plusieurs concurrents en même temps, précisément parce qu’il est difficile de prédire quel acteur dominera le marché .
Si la valorisation d’OpenAI ralentit ou recule, l’impact sur SoftBank pourrait donc être disproportionné.
Un autre facteur inquiète les analystes : OpenAI est toujours une entreprise privée.
Concrètement, SoftBank ne peut pas vendre facilement ses actions pour encaisser ses gains ou réduire sa dette. La valeur de la participation reste donc essentiellement théorique tant qu’il n’y a pas d’événement de liquidité — par exemple une introduction en Bourse (IPO) ou une vente partielle à d’autres investisseurs .
Cette contrainte est particulièrement importante pour SoftBank, car Masayoshi Son a souvent utilisé l’endettement pour amplifier les rendements de ses investissements.
Le pari dépend aussi d’un facteur clé : OpenAI doit rester l’un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle.
Or la concurrence se renforce rapidement. La startup Anthropic, créatrice du modèle Claude, a levé des dizaines de milliards de dollars et atteint des valorisations très élevées, se rapprochant de celles d’OpenAI .
Les deux entreprises cherchent désormais à conquérir les grandes entreprises en lançant des partenariats et des coentreprises destinés à déployer leurs outils d’IA dans les organisations . Cette course pour les clients corporatifs pourrait redéfinir l’équilibre du marché.
Si OpenAI perd une partie de son avance technologique ou commerciale, la thèse d’investissement de SoftBank pourrait devenir plus fragile.
Pour l’instant, le pari semble payant. SoftBank a enregistré des résultats spectaculaires grâce à la hausse de la valorisation d’OpenAI.
L’entreprise a par exemple annoncé un bénéfice net trimestriel d’environ 1,83 billion de yens (près de 11,6 milliards de dollars), en grande partie grâce à la revalorisation de sa participation dans la société d’IA .
Sur douze mois, SoftBank a comptabilisé environ 43,9 milliards de dollars de gains liés à OpenAI, dont près de 25 milliards sur un seul trimestre .
Ces chiffres reflètent la flambée de la valorisation d’OpenAI, estimée autour de 852 milliards de dollars après une levée de fonds historique en 2026 .
Malgré ces performances, la plupart des profits sont des gains de valorisation non réalisés. Autrement dit, ils existent comptablement mais n’ont pas encore été transformés en liquidités.
Si l’enthousiasme pour l’IA se refroidit, si le financement devient plus coûteux ou si des concurrents gagnent du terrain, la valeur d’OpenAI pourrait baisser — et avec elle les gains affichés par SoftBank.
Jusqu’à une éventuelle introduction en Bourse d’OpenAI ou un autre mécanisme de sortie, l’investissement de Masayoshi Son reste donc l’un des paris les plus audacieux de l’histoire de la tech — et potentiellement l’un des plus risqués.
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