Dans le passé, lorsque la paire de devises s’est approchée ou a dépassé ce niveau, plusieurs phénomènes se sont produits :
Au‑delà de la psychologie des marchés, la question est aussi politique. Un yen très faible renchérit les importations, notamment l’énergie, et peut accentuer les pressions inflationnistes au Japon.
Même lorsque la monnaie japonaise se déprécie fortement, une intervention directe n’est pas garantie.
Les États‑Unis et le Japon ont rappelé à plusieurs reprises que les taux de change doivent en principe être déterminés par le marché, même si des mouvements excessivement volatils ou désordonnés peuvent menacer la stabilité économique et financière .
Le Fonds monétaire international souligne également l’importance d’un régime de change flexible, et recommande de limiter les interventions sur le marché des changes à des circonstances exceptionnelles .
En pratique, cela signifie que les autorités japonaises privilégient souvent d’abord les avertissements verbaux ou des ajustements de politique monétaire avant d’envisager une action directe sur le marché.
Si la Banque du Japon maintient ses taux inchangés alors que les marchés anticipent une hausse, la réaction immédiate pourrait être une nouvelle faiblesse du yen.
Plusieurs facteurs macroéconomiques pourraient amplifier ce mouvement :
Selon certains analystes, un renforcement durable du yen nécessite des fondamentaux plus solides, notamment des hausses de taux de la BOJ et des prix de l’énergie plus modérés .
Sans ces éléments, la paire USD/JPY pourrait franchir nettement les 160 et viser 165 voire 170, surtout si les autorités hésitent à intervenir.
Une hausse de taux pourrait provoquer un rebond du yen, au moins à court terme. Mais l’ampleur du mouvement dépendra surtout du ton adopté par la banque centrale.
Deux lectures sont possibles :
Une hausse “faucon” (hawkish)
Une hausse prudente ou isolée
Comme la probabilité d’une hausse est déjà largement intégrée dans les prix, la communication de la BOJ pourrait compter davantage que la décision elle‑même.
Les attentes actuelles créent une situation asymétrique :
C’est cette asymétrie qui explique pourquoi de nombreux analystes considèrent la réunion de juin comme un possible tournant : soit un nouvel épisode de faiblesse du yen vers 170, soit un rebond marqué vers 140 si la politique monétaire japonaise devient réellement plus restrictive.
Dans tous les cas, la décision de la BOJ pourrait déterminer si la faiblesse du yen observée depuis plusieurs années se stabilise — ou si elle entre dans une nouvelle phase de forte volatilité.