Un porte-parole d’OpenAI a déclaré le même jour à CNBC que l’entreprise entendait « collaborer de manière constructive » avec les procureurs généraux et prenait leurs préoccupations « au sérieux » . La déclaration ne précise pas si OpenAI contestera une partie de l’assignation.
L’action la plus agressive vient de Floride. Le procureur général républicain James Uthmeier avait d’abord ouvert, le 9 avril 2026, une enquête civile en lien avec la fusillade survenue en novembre 2025 sur le campus de la FSU, où le tireur Phoenix Ikner a tué deux personnes . Après examen des échanges en ligne entre Ikner et ChatGPT avant l’attaque, Uthmeier a annoncé le 21 avril l’ouverture d’une enquête pénale complète, confiée au bureau des poursuites de l’État (Office of Statewide Prosecution) .
Uthmeier a affirmé publiquement que les historiques de conversation montraient que ChatGPT avait « fourni une aide substantielle au tireur avant la commission de ces actes atroces » . Il a également diffusé des extraits de dialogues où l’intelligence artificielle aurait répondu à des questions évoquant l’automutilation ou le fait de faire du mal à autrui .
Le 1er juin, la Floride a franchi un cap supplémentaire en devenant le premier État à poursuivre OpenAI en justice pour la conception et la sécurité de ses produits. La plainte accuse l’entreprise et son PDG Sam Altman d’avoir fait primer le profit sur la sécurité, alléguant que la conception de ChatGPT a mis des enfants en danger, facilité une tuerie de masse et encouragé des comportements suicidaires . La théorie juridique — tenir un développeur d’IA responsable d’« aide et encouragement » à un crime violent par le biais de son produit — est sans précédent aux États-Unis. Ce procès pourrait tester les limites juridiques de l’article 230 (sur la responsabilité des plateformes en ligne) et du droit de la responsabilité du fait des produits appliqué à l’intelligence artificielle générative.
OpenAI a réagi en affirmant disposer des « mesures et politiques de protection les plus avancées » du secteur . L’entreprise avait par ailleurs indiqué à Politico, en avril, qu’elle coopérerait avec l’enquête de la Floride, tout en rappelant que « chaque semaine, plus de 900 millions de personnes utilisent ChatGPT pour améliorer leur quotidien » .
Le 12 mai 2026, dix procureurs généraux — issus du Montana, de l’Alabama, de l’Arkansas, de la Floride, de l’Idaho, de l’Iowa, de la Louisiane, du Nebraska, de l’Oklahoma et de la Virginie-Occidentale — ont adressé une lettre officielle à Paul Atkins, le président de la SEC, l’autorité américaine des marchés financiers . Ils y font part de leurs « sérieuses préoccupations » concernant l’introduction en Bourse imminente d’OpenAI et demandent que la SEC applique un « contrôle particulièrement strict » à tout document d’enregistrement déposé par l’entreprise, citant notamment « des antécédents de transactions intéressées et de graves conflits d’intérêts » concernant Sam Altman .
Cette lettre est intervenue alors qu’OpenAI était déjà profondément engagé dans les préparatifs de son IPO. L’entreprise avait déposé, le 22 mai, un document d’enregistrement confidentiel (formulaire S-1) auprès de la SEC, avec une fourchette de valorisation estimée entre 852 milliards et 1 000 milliards de dollars . Le premier chiffre correspond à la valorisation post-money déjà atteinte lors de la levée de fonds privée de mars 2026, et le second reflète le prix que les investisseurs en Bourse pourraient accepter de payer. Les banques Goldman Sachs et Morgan Stanley pilotent l’opération .
OpenAI a confirmé ce dépôt de dossier dans un billet de blog le 8 juin, déclarant : « Nous avons récemment déposé un formulaire S-1 confidentiel. Nous pensons qu’il fera l’objet d’une fuite, c’est pourquoi nous en faisons l’annonce dès maintenant » . La date d’entrée en Bourse reste incertaine ; OpenAI a seulement précisé que certaines choses sont « plus simples en tant qu’entreprise privée » . Malgré ces précautions, plusieurs sources évoquent une possible entrée en Bourse dès septembre 2026 .
Ce séisme judiciaire et réglementaire touche une entreprise en croissance commerciale spectaculaire. En mars 2026, ChatGPT comptait plus de 900 millions d’utilisateurs actifs par semaine et plus de 50 millions d’abonnés payants . Les revenus issus de la clientèle professionnelle représentent désormais 40 % de l’activité et sont en voie d’égaler les revenus grand public d’ici la fin 2026 .
La levée de fonds privée bouclée en mars 2026 — 122 milliards de dollars apportés par Amazon, Nvidia et SoftBank — a été la plus importante de l’histoire . Le chiffre d’affaires d’OpenAI pour l’année 2025 était d’environ 13,1 milliards de dollars, et le revenu mensuel atteint aujourd’hui environ 2 milliards . Pourtant, l’entreprise reste très loin de la rentabilité : les pertes selon les normes comptables américaines (GAAP) pour 2026 sont estimées entre 25 et 26 milliards de dollars, tant les investissements dans les infrastructures de calcul sont massifs .
C’est précisément cette échelle gigantesque, et la valorisation stratosphérique qu’elle prétend justifier, que les procureurs des États examinent aujourd’hui à la loupe. La collision entre la course d’OpenAI vers une introduction en Bourse historique et la multiplication des enquêtes judiciaires fait des prochains mois une période charnière, aussi bien pour l’entreprise que pour l’ensemble du secteur de l’IA.
L’enquête sur OpenAI ne se déroule pas dans un vide juridique. En février 2026, le procureur général de Californie, Rob Bonta, a créé une unité spécialisée dans la surveillance de l’IA tout en poursuivant son enquête contre xAI, l’entreprise d’Elon Musk, pour des images explicites non consenties générées par le chatbot Grok . En août 2025, une coalition bipartisane de 44 procureurs généraux avait déjà adressé une lettre formelle aux grandes entreprises d’IA — dont OpenAI — exigeant des protections renforcées pour les enfants . Par ailleurs, l’État de New York a adopté une loi donnant à son procureur général le pouvoir d’intenter des actions civiles contre les développeurs d’IA qui ne signalent pas des incidents de sécurité critiques, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 3 millions de dollars par infraction .
Pour OpenAI, les questions immédiates sont désormais : la SEC va-t-elle donner suite à la demande d’examen renforcé de l’IPO ? L’assignation très large de la coalition de procureurs va-t-elle déboucher rapidement sur des constats publics ? Et surtout, l’enquête pénale en Floride ira-t-elle au-delà des citations à comparaître pour déboucher sur des poursuites judiciaires ? Les réponses détermineront jusqu’où l’autorité des États américains peut pénétrer au cœur de l’architecture et du modèle économique des entreprises d’intelligence artificielle de pointe.
Un porte-parole d’OpenAI a déclaré le même jour à CNBC que l’entreprise entendait « collaborer de manière constructive » avec les procureurs généraux et prenait leurs préoccupations « au sérieux » . La déclaration ne précise pas si OpenAI contestera une partie de l’assignation.
L’action la plus agressive vient de Floride. Le procureur général républicain James Uthmeier avait d’abord ouvert, le 9 avril 2026, une enquête civile en lien avec la fusillade survenue en novembre 2025 sur le campus de la FSU, où le tireur Phoenix Ikner a tué deux personnes . Après examen des échanges en ligne entre Ikner et ChatGPT avant l’attaque, Uthmeier a annoncé le 21 avril l’ouverture d’une enquête pénale complète, confiée au bureau des poursuites de l’État (Office of Statewide Prosecution) .
Uthmeier a affirmé publiquement que les historiques de conversation montraient que ChatGPT avait « fourni une aide substantielle au tireur avant la commission de ces actes atroces » . Il a également diffusé des extraits de dialogues où l’intelligence artificielle aurait répondu à des questions évoquant l’automutilation ou le fait de faire du mal à autrui .
Le 1er juin, la Floride a franchi un cap supplémentaire en devenant le premier État à poursuivre OpenAI en justice pour la conception et la sécurité de ses produits. La plainte accuse l’entreprise et son PDG Sam Altman d’avoir fait primer le profit sur la sécurité, alléguant que la conception de ChatGPT a mis des enfants en danger, facilité une tuerie de masse et encouragé des comportements suicidaires . La théorie juridique — tenir un développeur d’IA responsable d’« aide et encouragement » à un crime violent par le biais de son produit — est sans précédent aux États-Unis. Ce procès pourrait tester les limites juridiques de l’article 230 (sur la responsabilité des plateformes en ligne) et du droit de la responsabilité du fait des produits appliqué à l’intelligence artificielle générative.
OpenAI a réagi en affirmant disposer des « mesures et politiques de protection les plus avancées » du secteur . L’entreprise avait par ailleurs indiqué à Politico, en avril, qu’elle coopérerait avec l’enquête de la Floride, tout en rappelant que « chaque semaine, plus de 900 millions de personnes utilisent ChatGPT pour améliorer leur quotidien » .
Le 12 mai 2026, dix procureurs généraux — issus du Montana, de l’Alabama, de l’Arkansas, de la Floride, de l’Idaho, de l’Iowa, de la Louisiane, du Nebraska, de l’Oklahoma et de la Virginie-Occidentale — ont adressé une lettre officielle à Paul Atkins, le président de la SEC, l’autorité américaine des marchés financiers . Ils y font part de leurs « sérieuses préoccupations » concernant l’introduction en Bourse imminente d’OpenAI et demandent que la SEC applique un « contrôle particulièrement strict » à tout document d’enregistrement déposé par l’entreprise, citant notamment « des antécédents de transactions intéressées et de graves conflits d’intérêts » concernant Sam Altman .
Cette lettre est intervenue alors qu’OpenAI était déjà profondément engagé dans les préparatifs de son IPO. L’entreprise avait déposé, le 22 mai, un document d’enregistrement confidentiel (formulaire S-1) auprès de la SEC, avec une fourchette de valorisation estimée entre 852 milliards et 1 000 milliards de dollars . Le premier chiffre correspond à la valorisation post-money déjà atteinte lors de la levée de fonds privée de mars 2026, et le second reflète le prix que les investisseurs en Bourse pourraient accepter de payer. Les banques Goldman Sachs et Morgan Stanley pilotent l’opération .
OpenAI a confirmé ce dépôt de dossier dans un billet de blog le 8 juin, déclarant : « Nous avons récemment déposé un formulaire S-1 confidentiel. Nous pensons qu’il fera l’objet d’une fuite, c’est pourquoi nous en faisons l’annonce dès maintenant » . La date d’entrée en Bourse reste incertaine ; OpenAI a seulement précisé que certaines choses sont « plus simples en tant qu’entreprise privée » . Malgré ces précautions, plusieurs sources évoquent une possible entrée en Bourse dès septembre 2026 .
Ce séisme judiciaire et réglementaire touche une entreprise en croissance commerciale spectaculaire. En mars 2026, ChatGPT comptait plus de 900 millions d’utilisateurs actifs par semaine et plus de 50 millions d’abonnés payants . Les revenus issus de la clientèle professionnelle représentent désormais 40 % de l’activité et sont en voie d’égaler les revenus grand public d’ici la fin 2026 .
La levée de fonds privée bouclée en mars 2026 — 122 milliards de dollars apportés par Amazon, Nvidia et SoftBank — a été la plus importante de l’histoire . Le chiffre d’affaires d’OpenAI pour l’année 2025 était d’environ 13,1 milliards de dollars, et le revenu mensuel atteint aujourd’hui environ 2 milliards . Pourtant, l’entreprise reste très loin de la rentabilité : les pertes selon les normes comptables américaines (GAAP) pour 2026 sont estimées entre 25 et 26 milliards de dollars, tant les investissements dans les infrastructures de calcul sont massifs .
C’est précisément cette échelle gigantesque, et la valorisation stratosphérique qu’elle prétend justifier, que les procureurs des États examinent aujourd’hui à la loupe. La collision entre la course d’OpenAI vers une introduction en Bourse historique et la multiplication des enquêtes judiciaires fait des prochains mois une période charnière, aussi bien pour l’entreprise que pour l’ensemble du secteur de l’IA.
L’enquête sur OpenAI ne se déroule pas dans un vide juridique. En février 2026, le procureur général de Californie, Rob Bonta, a créé une unité spécialisée dans la surveillance de l’IA tout en poursuivant son enquête contre xAI, l’entreprise d’Elon Musk, pour des images explicites non consenties générées par le chatbot Grok . En août 2025, une coalition bipartisane de 44 procureurs généraux avait déjà adressé une lettre formelle aux grandes entreprises d’IA — dont OpenAI — exigeant des protections renforcées pour les enfants . Par ailleurs, l’État de New York a adopté une loi donnant à son procureur général le pouvoir d’intenter des actions civiles contre les développeurs d’IA qui ne signalent pas des incidents de sécurité critiques, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 3 millions de dollars par infraction .
Pour OpenAI, les questions immédiates sont désormais : la SEC va-t-elle donner suite à la demande d’examen renforcé de l’IPO ? L’assignation très large de la coalition de procureurs va-t-elle déboucher rapidement sur des constats publics ? Et surtout, l’enquête pénale en Floride ira-t-elle au-delà des citations à comparaître pour déboucher sur des poursuites judiciaires ? Les réponses détermineront jusqu’où l’autorité des États américains peut pénétrer au cœur de l’architecture et du modèle économique des entreprises d’intelligence artificielle de pointe.