Si Čeferin reconnaissait que cet élargissement permettait à de « petits pays » de goûter à l’ivresse du Mondial, la formule a été perçue comme un camouflet par les nations qui ont bataillé pour décrocher leur billet. Pour elles, il ne s’agit pas d’un tournoi à deux vitesses .
La réponse ne s’est pas fait attendre. Dès le dimanche suivant, treize fédérations de trois continents ont publié un communiqué commun pour exprimer leur « profonde déception » . Les signataires sont le Cap-Vert, Curaçao, l’Ouzbékistan, la RD Congo, Haïti, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, l’Égypte, le Ghana, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud .
Loin d’être une simple manifestation d’humeur, le texte est un plaidoyer vibrant pour le football universel. En voici les passages clés :
Les associations signataires rappellent ainsi une évidence souvent oubliée dans les salons feutrés des instances : le Mondial ne se joue pas seulement dans les stades, mais aussi dans les cœurs de millions de personnes pour qui une simple présence au tournoi est un aboutissement historique .
Cette passe d’armes remet en lumière les tensions structurelles entre les grandes puissances du football européen et les nations émergentes. L’élargissement à 48 équipes, entré en vigueur pour l’édition 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, visait justement à réduire le fossé entre l’élite installée et les fédérations en développement .
Parmi les signataires du communiqué, plusieurs nations vivent une première historique (Cap-Vert, Curaçao, Ouzbékistan) ou un grand retour après des décennies d’absence . Pour elles, l’idée qu’un match de phase de groupes puisse être « inintéressant » est tout simplement inacceptable.
En refusant de considérer le Mondial comme une chasse gardée, les 13 fédérations ont adressé un message limpide à Čeferin : la magie de la Coupe du Monde ne se mesure pas à l’aune des audiences télévisées européennes.