Le constat robuste est le suivant : de nombreux emplois vont changer parce que certaines tâches seront automatisées, assistées ou redistribuées. L’OIT décrit son analyse 2025 de l’IA générative au niveau des tâches et indique qu’environ un emploi sur quatre pourrait être potentiellement transformé par la GenAI. Le FMI écrit de son côté que près de 40 % des emplois dans le monde sont concernés par des changements liés à l’IA.
Mais attention aux mots. « Concerné », « exposé » ou « transformable » ne veut pas dire « supprimé ». Cela signifie d’abord que certaines activités à l’intérieur d’un poste peuvent évoluer.
Le rapport « Future of Jobs Report 2025 » du World Economic Forum — le Forum économique mondial, connu notamment pour sa réunion annuelle à Davos — s’appuie sur les réponses de plus de 1 000 employeurs dans le monde, représentant ensemble plus de 14 millions de salariés.
Le rapport étudie la manière dont plusieurs grandes tendances, dont le changement technologique, peuvent influencer la croissance ou le recul de certains emplois d’ici 2030.
Ce n’est donc pas une boule de cristal individuelle. Le WEF ne dit pas : tel poste, dans telle entreprise, sera forcément supprimé. Il décrit plutôt des déplacements attendus dans les rôles, les tâches et les compétences à l’échelle du marché du travail.
L’Organisation internationale du travail, agence spécialisée des Nations unies, présente sa mise à jour 2025 comme une évaluation affinée de l’exposition des professions à l’IA générative.
Son approche combine des données au niveau des tâches, des avis d’experts et des prévisions liées à l’IA afin d’analyser plus précisément l’impact potentiel de la GenAI sur les emplois.
C’est un point crucial pour les salariés, les indépendants et les managers : deux personnes peuvent avoir le même intitulé de poste et être exposées de manière très différente. Si un poste comporte beaucoup de tâches standardisées, textuelles ou répétitives que l’IA générative peut facilement assister, il sera plus transformable.
Le Fonds monétaire international décrit l’IA comme un moteur large de transformation du travail et estime que près de 40 % des emplois dans le monde sont concernés par des changements liés à l’IA.
Le FMI souligne aussi que les emplois de qualification intermédiaire comportant des tâches de bureau routinières peuvent être particulièrement sous pression. En parallèle, de nouvelles exigences de compétences apparaissent notamment dans les fonctions professionnelles, techniques et managériales.
Là encore, cela ne signifie pas que « 40 % des emplois vont disparaître ». La lecture la plus solide est différente : l’IA modifie les tâches qui ont de la valeur et les compétences nécessaires pour rester pertinent dans son travail.
« Chef de projet », « assistante administrative », « chargé de marketing », « analyste », « juriste », « commercial » : ces intitulés donnent une indication, mais ils masquent souvent de grandes différences.
Un poste marketing peut consister surtout à produire des variantes de textes, compiler des rapports et suivre des campagnes. Il peut aussi impliquer de la stratégie de marque, des arbitrages budgétaires, des échanges clients et une responsabilité créative. Même intitulé général, exposition très différente.
Même chose pour un poste administratif : certaines missions sont très standardisées, tandis que d’autres exigent de comprendre des cas particuliers, d’interpréter des règles, de gérer des risques ou de communiquer avec des personnes dans des situations sensibles.
C’est précisément pour cela que l’approche de l’OIT par les tâches est utile : l’effet potentiel de l’IA générative dépend fortement de ce que l’on fait réellement au quotidien.
Les activités les plus concernées sont souvent celles qui sont numériques, répétables, structurées et faciles à décrire. Cela peut inclure :
Cette lecture découle de l’approche par les tâches de l’OIT et de l’observation du FMI selon laquelle certaines routines de bureau sont particulièrement exposées à la pression de l’IA.
Quand l’IA prend en charge une partie des routines, d’autres dimensions du travail deviennent plus importantes. Par exemple :
Les sources décrivent donc davantage une évolution des rôles et des profils de compétences qu’une suppression simple et uniforme de métiers entiers. Le FMI insiste en particulier sur les nouvelles compétences exigées par la transformation liée à l’IA.
Ce test n’est pas un modèle scientifique. Il sert simplement à appliquer la logique des sources : le risque ou l’impact de l’IA se comprend d’abord au niveau des tâches, pas seulement au niveau du métier.
Soyez concret. N’écrivez pas seulement : « Je travaille dans la vente ». Notez plutôt : préparer des offres, répondre à des clients, mettre à jour un CRM, analyser des informations de marché, coordonner des échanges internes.
Plus la liste est précise, plus il devient possible d’identifier ce que l’IA peut assister, accélérer ou automatiser partiellement.
Surlignez tout ce qui est répétitif, standardisé, très textuel ou très dépendant de données. Ces activités sont importantes à examiner, car l’OIT raisonne au niveau des tâches et le FMI identifie les routines de bureau comme une zone de pression.
Marquez ensuite les tâches où vous devez interpréter une situation, arbitrer, négocier, évaluer un risque, contrôler un résultat ou assumer une décision.
Ces activités peuvent elles aussi être transformées par l’IA. Mais elles ne disparaissent pas automatiquement parce qu’un outil accélère certaines étapes.
La question n’est pas seulement : « Que peut faire l’IA ? » Elle est aussi : suis-je capable de bien la guider, de vérifier ses résultats et d’en assumer l’usage ?
Le FMI présente les nouvelles exigences de compétences comme un élément central de la transformation du travail liée à l’IA, notamment dans les rôles professionnels, techniques et managériaux.
D’abord, analysez votre travail tâche par tâche. C’est la leçon la plus pratique de l’approche de l’OIT : la différence se joue souvent à l’intérieur d’un même métier, pas seulement entre deux familles professionnelles.
Ensuite, apprenez à utiliser l’IA comme un outil de travail. Si les tâches routinières changent, il devient plus important de savoir formuler une bonne consigne, poser des limites, vérifier les réponses et transformer une sortie d’IA en résultat utilisable.
Troisièmement, rendez visible votre contribution humaine : connaissance du contexte, sens des priorités, responsabilité, communication, capacité à arbitrer et à relier plusieurs dimensions d’un problème.
Enfin, réévaluez régulièrement votre situation. Le WEF observe les transformations du marché du travail à l’horizon 2030, tandis que l’OIT et le FMI décrivent l’IA comme un changement continu des tâches et des compétences.
Les données disponibles ne permettent pas de répondre à « l’IA va-t-elle remplacer mon emploi ? » par un oui ou un non universel. La conclusion la plus solide est la suivante : l’IA va transformer de nombreuses tâches, automatiser ou accélérer certaines routines, et créer de nouvelles exigences de compétences.
Pour estimer votre propre exposition, regardez donc votre travail réel. Plus il repose sur des tâches numériques, répétitives, textuelles ou fondées sur des données, plus la pression de transformation est forte. Plus votre valeur vient du contexte, du jugement, de la responsabilité et de la coordination humaine, plus il faut s’attendre à une évolution du rôle plutôt qu’à un remplacement simple et total.