Les conversations indexées étaient d'une sensibilité confondante. Des journalistes indépendants ont pu vérifier qu'un simple clic permettait de consulter :
Environ un tiers des conversations découvertes en russe provenaient d'utilisateurs russophones, mais le problème était mondial . Google lui-même a dû regrouper les résultats, le nombre de pages indexées étant si élevé que le moteur a affiché un message indiquant que seuls les plus pertinents étaient montrés
.
Pas de piratage. Google a simplement indexé les pages de « conversations partagées » créées par les utilisateurs eux-mêmes via le bouton « Partager » de DeepSeek. Ces pages étaient publiques, mais ne comportaient pas de balise noindex ni de restrictions robots.txt pour empêcher leur exploration par les moteurs de recherche .
DeepSeek avertissait bien les utilisateurs avant le partage que « toute personne ayant le lien peut voir la conversation » . Mais il ne précisait pas que ces pages pouvaient être indexées par Google, une omission cruciale que la plupart des utilisateurs n'avaient pas anticipée
.
Au-delà de la balise noindex absente, la découverte de Konitzny a révélé des carences structurelles plus profondes :
1. Pas de tableau de bord centralisé. Les utilisateurs n'ont aucun moyen de voir la liste de toutes les conversations qu'ils ont partagées. Pour révoquer un lien, il faut le supprimer manuellement depuis les paramètres de chaque discussion .
2. Pas de révocation en un clic. Une fois le lien créé, aucune fonctionnalité de révocation en masse ne permet d'invalider instantanément tous les échanges partagés .
3. Pas de noindex par défaut. Les pages partagées de DeepSeek ne comportaient pas les en-têtes anti-indexation pourtant standard sur les services de partage de documents comme Google Docs, Notion ou Dropbox . Il s'agit d'un contrôle de sécurité opérationnel de base.
4. Une interface mal conçue. Le partage est facile, mais le contrôle a posteriori est complexe. Comme l'a souligné un analyste, le problème « réside dans le décalage entre la facilité de partage et la difficulté à le contrôler ensuite » .
Cet incident ne survient pas dans le vide. DeepSeek fait l'objet de nombreuses critiques en matière de respect de la vie privée :
Ce cas illustre parfaitement le fossé entre le déploiement rapide de fonctionnalités d'IA et une sécurité informatique rigoureuse. DeepSeek a ajouté une fonction de partage utile, mais a négligé des contrôles de sécurité opérationnels de base (blocage du crawl, gestion centralisée des liens, révocation en masse) qui devraient accompagner tout mécanisme de partage public.
La même course pour offrir des capacités d'IA toujours plus avancées produit des applications où la protection de la vie privée dépend de la mémoire de l'utilisateur, pas de paramètres sécurisés par défaut.
Si vous avez utilisé la fonction de partage de DeepSeek, voici la marche à suivre :
site:chat.deepseek.com pour voir si vos conversations apparaissent dans les résultats.L'exposition de DeepSeek n'est pas un incident isolé : c'est un avertissement sur les risques cachés des plateformes d'IA qui privilégient la vitesse à la sécurité. Tant que les protections de base comme les balises noindex et la gestion centralisée des liens ne seront pas la norme, chaque utilisateur d'IA doit supposer que ses conversations partagées peuvent être trouvées par n'importe qui.