Le 27 décembre 2024, les forces israéliennes ont pris d'assaut l'hôpital Kamal Adwan, à ce moment-là le dernier hôpital en activité dans le nord de Gaza. Le Dr. Abu Safiya a été arrêté avec d'autres membres du personnel médical et des patients . L'armée israélienne a d'abord nié sa détention pendant 40 jours, avant de reconnaître qu'il était interrogé . Une photographie largement diffusée ce jour-là montre Abu Safiya, en blouse blanche, marchant seul vers un char israélien .
Le Dr. Abu Safiya est détenu en vertu de la loi sur les combattants illégaux (Unlawful Combatants Law) israélienne, une loi adoptée en 2002 qui permet une détention indéfinie sans inculpation ni procès . Cette loi ne donne pas aux détenus le droit de consulter les preuves retenues contre eux, et les ordonnances de détention peuvent être renouvelées indéfiniment par un tribunal . Aucune inculpation pénale n'a été déposée contre lui, et aucune date de procès n'a été fixée . En droit français, cette procédure se rapproche de la détention administrative sans contrôle judiciaire effectif.
Le 16 juin 2026, la Cour suprême israélienne a rejeté le recours du Dr. Abu Safiya contre sa détention . La Cour a confirmé le maintien en détention en vertu de la loi sur les combattants illégaux, en se basant sur ce qu'elle a appelé des « documents classifiés » et des « documents confidentiels » qui n'ont pas été divulgués au Dr. Abu Safiya ou à son équipe juridique . La décision ordonne son maintien en détention au moins jusqu'en octobre 2026 . Des organisations de défense des droits humains, dont Médecins pour les droits de l'homme – Israël (PHRI) et Amnesty International, ont condamné cette décision comme un « échec moral et juridique profond » .
L'état de santé du Dr. Abu Safiya s'est fortement dégradé. Son fils, le Dr. Elyas Abu Safiya, lui-même médecin, a lancé un appel vidéo le 5 juillet 2026, affirmant que son père présentait des signes d'abus sévères . Son avocat, Nasser Odeh, a indiqué que le Dr. Abu Safiya est émacié, dans un état critique, et que l'opération chirurgicale nécessaire pour retirer des éclats d'obus logés dans sa cuisse gauche – une blessure antérieure à sa détention – lui a été refusée . Des témoignages d'anciens détenus et de ses avocats le décrivent comme ayant perdu un poids considérable et étant en danger de mort imminent .
Isolement total : Depuis le 3 juin 2026, le Dr. Abu Safiya est placé à l'isolement à la prison de Nafha, un établissement de haute sécurité . Cette mesure d'isolement dépasse déjà la limite de 15 jours consécutifs autorisée par les Règles Nelson Mandela de l'ONU . Son avocat a qualifié ce transfert de mesure punitive en réaction au dépôt de son recours devant la Cour suprême .
Les avocats et les organisations de défense des droits humains allèguent que le Dr. Abu Safiya subit de graves violences physiques et psychologiques en détention :
Réponse d'Israël : L'administration pénitentiaire israélienne a démenti ces allégations, les qualifiant de « fausses et totalement dépourvues de fondement factuel » et affirmant qu'elle « rejette les allégations de mauvais traitements, de privation de nourriture ou de refus de soins médicaux », sans toutefois fournir de vérification indépendante .
Les autorités israéliennes, notamment l'armée (IDF), affirment que le Dr. Abu Safiya est « affilié au Hamas » et a été arrêté pour « soupçon d'implication dans des activités terroristes » . Un média israélien (JNS) l'a qualifié de « terroriste du Hamas qui dirigeait l'hôpital Kamal Adwan à Gaza » .
Points clés :
Ce point reste un fait contesté au cœur de l'affaire : les autorités israéliennes affirment une affiliation sans en apporter la preuve ; les organisations de défense des droits et son équipe juridique la nient et soulignent l'absence d'inculpation.
Le Dr. Abu Safiya n'est pas un cas isolé. L'organisation Médecins pour les droits de l'homme – Israël (PHRI) a saisi la Cour suprême israélienne pour demander la libération d'au moins 14 médecins palestiniens de Gaza détenus sans inculpation en vertu de la même loi . Le journal Le Monde rapporte que 17 médecins et 58 soignants de Gaza au total ont été arrêtés depuis le 7 octobre 2023 .
La PHRI et d'autres organisations décrivent ces détentions comme un « ciblage systématique » des soignants palestiniens, affirmant que les médecins se sont vu refuser des soins médicaux adéquats, de la nourriture et ont été soumis à des violences physiques pendant les interrogatoires . On estime à plus de 1 000 le nombre de Palestiniens de Gaza détenus en Israël sans inculpation en vertu de la même loi .
Ce contexte inclut la mort en détention israélienne du Dr. Adnan al-Bursh, chef du service d'orthopédie de l'hôpital Al-Shifa, en avril 2024, que les organisations de défense des droits citent comme preuve du risque mortel encouru par le personnel médical détenu .
Sources de haute autorité : Reuters , NPR et la BBC fournissent les reportages les plus solides et les plus neutres. Tous confirment les faits essentiels : détention sans inculpation, rejet du recours par la Cour suprême, dégradation de l'état de santé, et nature contestée de l'accusation d'affiliation au Hamas.
Organisations de défense des droits : Amnesty International , Médecins pour les droits de l'homme – Israël et le Centre palestinien pour la défense des prisonniers fournissent des informations détaillées et cohérentes sur l'isolement, le déclin de la santé et les allégations de mauvais traitements.
Limitation clé : La question de savoir si le Dr. Abu Safiya est un agent du Hamas ne peut être vérifiée de manière indépendante. Les autorités israéliennes l'affirment sans en apporter la preuve. Les organisations de défense des droits et son équipe juridique le nient et soulignent l'absence d'inculpation. Ce reste un fait contesté au cœur de l'affaire.