Pendant des décennies, le dollar américain a régné sans partage sur les réserves des banques centrales. Mais les dernières enquêtes de l'Official Monetary and Financial Institutions Forum (OMFIF) marquent un point d'inflexion historique : pour la première fois, les banques centrales sont plus nombreuses à prévoir de réduire leurs avoirs en dollars qu'à les augmenter au cours de la prochaine décennie. Ce mouvement, bien que progressif, est indéniable. Il est alimenté par l'escalade des tensions géopolitiques et une transition silencieuse mais persistante vers un système monétaire multipolaire.
Dans une conclusion que l'OMFIF qualifie de première depuis qu'il suit les intentions d'investissement des banques centrales, davantage de gestionnaires de réserves prévoient désormais de diminuer leur exposition au dollar américain plutôt que de l'augmenter dans les dix ans à venir . C'est une rupture nette avec le passé, qui reflète une perception croissante que la devise américaine porte un risque politique et géopolitique accru
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L'enquête OMFIF 2026 souligne ce constat : les tensions géopolitiques sont désormais le risque le plus important auquel sont confrontés les gestionnaires de réserves. Parmi les banques centrales qui intègrent les risques géopolitiques dans leur allocation d'actifs, 82,6 % ont effectué des changements au cours des 12 derniers mois, contre 72,6 % en 2025 et 53,6 % en 2024 .
Alors que l'attrait du dollar s'estompe, trois alternatives émergent comme les principaux bénéficiaires :
Les enquêtes montrent systématiquement que les gestionnaires de réserves estiment que le monde s'éloigne d'un système centré sur le dollar pour évoluer vers un arrangement plus multipolaire. Le rapport de l'OMFIF qualifie la diversification de « thème discret et persistant » qui n'est plus remis en question mais qui est désormais intégré à la stratégie de gestion des réserves . Près de 60 % des répondants à l'enquête GPI 2025 ont déclaré qu'ils prévoyaient de diversifier leurs réserves dans un délai d'un à deux ans
.
Malgré ce tournant historique, le dollar ne devrait pas être détrôné de sitôt. Près de 80 % des répondants à l'enquête UBS Reserve Manager Survey (menée en collaboration avec l'OMFIF) s'attendent toujours à ce que le dollar reste la monnaie de réserve dominante dans un avenir prévisible . Cependant, la prévision moyenne de l'enquête OMFIF est que la part du dollar dans les réserves de change mondiales passera de 58 % aujourd'hui à 52 % d'ici 2035
. Cela confirme une érosion progressive : le dollar reste en tête, mais sa marge se réduit régulièrement en faveur d'un système de réserves plus diversifié et multipolaire
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Avertissement important : La projection de 58 % à 52 % provient de l'enquête OMFIF 2025 (publiée en juin 2025). L'enquête 2026 (publiée le 30 juin 2026) renforce la tendance à la dé-dollarisation mais ne semble pas avoir émis une nouvelle prévision numérique spécifique pour 2035. Le chiffre de 52 % reste donc la projection la plus récente fournie par l'OMFIF.
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Pour la première fois depuis le début des relevés OMFIF, les banques centrales sont plus nombreuses à vouloir réduire leurs réserves de dollars américains qu'à les augmenter d'ici 2035 [1][4].
Pour la première fois depuis le début des relevés OMFIF, les banques centrales sont plus nombreuses à vouloir réduire leurs réserves de dollars américains qu'à les augmenter d'ici 2035 [1][4]. Les réserves se déplacent vers l'or, l'euro et le renminbi. Une part nette de 16% des banques prévoit d'accroître ses allocations en euros, et la demande d'or est encore plus forte [2][10].
La part du dollar dans les réserves mondiales devrait passer de 58 % aujourd'hui à 52 % d'ici 2035, mais près de 80 % des gestionnaires de réserves estiment qu'il restera la monnaie de réserve dominante [2][9].