Contexte : Il s'agit de la troisième vague de licenciements chez Bungie depuis son rachat par Sony en 2022 pour 3,6 milliards de dollars . Les précédentes étaient :
Ces nouvelles coupes interviennent après la fin du développement de Destiny 2 en tant que service live ; la dernière mise à jour de contenu a été livrée le 9 juin 2026, sans qu'aucun Destiny 3 ne soit en production active pour absorber les équipes . Le studio se recentre désormais sur le jeu d'extraction Marathon et des projets d'incubation .
Les licenciements à Barcelone : Ubisoft a annoncé un plan de restructuration touchant 51 employés de son studio barcelonais — soit environ 28% des effectifs locaux — afin de concentrer le site exclusivement sur le développement de Rainbow Six Siege . La restructuration vise particulièrement l'équipe qui travaillait sur Assassin's Creed Black Flag Resynced, dont la sortie était prévue pour le 9 juillet .
La grève : Le comité d'entreprise de Barcelone, avec le soutien du syndicat CGT, a appelé à trois semaines de grèves partielles à partir du 24 juin 2026, avec des arrêts de travail programmés tous les mardis et jeudis entre le 30 juin et le 17 juillet . Les employés dénoncent les « décisions de la direction » et l'insécurité de l'emploi . Parmi leurs revendications : une garantie de maintien dans l'emploi pour les 51 spécialistes concernés et un engagement à protéger les conditions de travail .
Un contexte plus large chez Ubisoft : Ces coupes à Barcelone ne sont qu'un élément d'un plan d'économies bien plus vaste. Début juin 2026, l'éditeur a annoncé la fermeture des studios de Winnipeg et Belgrade, ainsi que des réductions supplémentaires à Barcelone et dans son équipe d'édition mondiale, mettant en jeu jusqu'à 380 emplois . Des rapports indiquent qu'Ubisoft a imposé un embargo médiatique sur ces annonces avant même que de nombreux employés concernés ne soient informés .
Mobilisations passées : Les syndicats français d'Ubisoft avaient déjà organisé une grève historique dans tout le secteur en février 2025. En janvier 2026, cinq syndicats français avaient appelé à une « grève internationale massive » contre les licenciements, les annulations de projet et le retour obligatoire au bureau . En novembre 2024, les syndicats avaient également intenté une action en justice contre cette obligation de retour au bureau .
Sa réaction : Paweł Sasko, réalisateur associé de Cyberpunk 2 (Projet Orion) chez CD Projekt RED, a publié sur les réseaux sociaux : « Certains jours, j'ai l'impression que notre industrie implose. Les équipes et les projets de jeux se font démolir un jour sur deux, au point qu'il est difficile de suivre » .
Son geste : Sasko a contrasté cette hécatombe avec la situation de CD Projekt RED, qu'il décrit comme « bénie de pouvoir encore recruter », et a directement orienté les développeurs impactés vers les postes ouverts chez CDPR pour The Witcher 4, Cyberpunk 2 et le nouveau projet Hadar, dans ses bureaux en Pologne, aux États-Unis et au Canada . Il avait auparavant incité les développeurs à se syndiquer, déclarant que « collectivement, nous pouvons influencer les choses » .
Notons que CD Projekt RED elle-même n'a pas été épargnée par les vagues précédentes : le studio avait licencié environ 100 employés (9% de ses effectifs) en 2023, invoquant des sureffectifs . Ces licenciements avaient directement conduit à la création du syndicat polonais des développeurs de jeux (Polish Gamedev Workers Union) par des employés de CDPR .
Sa réponse de juin 2026 (licenciements Bungie) : Dans un courriel interne publié sur le site officiel de Sony le 25 juin 2026, Hermen Hulst a écrit que la réduction chez Bungie avait été décidée « seulement après de longues discussions et une réflexion approfondie », après avoir examiné l'orientation à long terme du studio et sa stratégie de portefeuille, et exploré de « multiples alternatives » . Il a justifié les coupes comme étant nécessaires « pour aligner les ressources du studio sur ses priorités actuelles et ses objectifs à long terme » . Il a proposé un accompagnement et a indiqué que Sony Interactive Entertainment tenterait de replacer les employés concernés au sein de son réseau mondial de studios .
Son discours antérieur (licenciements PlayStation de 2024) : Après que Sony a licencié 900 employés dans ses studios PlayStation (Insomniac, Naughty Dog, Guerrilla, Firesprite et la fermeture de London Studio) en février 2024, Hulst avait déjà défendu ces mesures comme nécessaires à un « business durable » . En mai 2024, il déclarait que la correction post-pandémique était inévitable, rappelant que pendant le COVID, « chacun d'entre nous restait chez lui à jouer aux jeux vidéo », ce qui avait conduit à une expansion excessive et insoutenable . En octobre 2024, il confiait à Variety : « C'est notre devoir d'examiner notre planification des ressources et de nous assurer que nous gérons une entreprise durable » .
Les licenciements de juin 2026 chez Bungie et Ubisoft Barcelone — et les réponses diamétralement opposées de Sasko et Hulst — illustrent un secteur en pleine mutation profonde. On estime qu'entre 2022 et mi-2025, 45 000 emplois ont été perdus dans le secteur . Les coupes chez Bungie marquent la fin effective du Destiny 2 en tant que service live, tandis que la restructuration continue chez Ubisoft se heurte à une résistance sociale soutenue en Europe. Le contraste entre un développeur de renom qui utilise sa tribune pour proposer des emplois et appeler à la syndicalisation, et un dirigeant qui présente le même phénomène comme une discipline commerciale nécessaire, résume la tension centrale du moment.