À première vue, Dewar et McGetchin n’ont guère en commun. La première région pourrait conserver la trace d’un champ magnétique produit par l’intérieur de la Lune il y a environ 4,2 milliards d’années. Le second est un cratère apparu en 2024, dont les alentours permettent d’observer les effets d’un impact récent sur le sol lunaire.
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Dewar : une roche déduite des mesures orbitales
Sur la face cachée, les chercheurs ont comparé des mesures de gravité et de magnétisme prises depuis l’orbite, et non analysé une roche rapportée sur Terre. Les anomalies observées au même endroit sont compatibles, selon leur modèle, avec un corps volcanique dense, enfoui et aimanté. Son aimantation aurait été acquise à une époque où la Lune possédait un champ magnétique d’origine interne, appelé dynamo. L’âge d’environ 4,2 milliards d’années et la puissance du champ sont des estimations issues d’un modèle, pas des mesures directes d’un champ encore présent. Les éléments disponibles ici ne permettent pas de donner une valeur numérique fiable propre à Dewar.
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L’intérêt de cette piste est qu’elle ne dépend pas des échantillons Apollo. Ceux-ci ont nourri des interprétations divergentes : un champ parfois très intense a-t-il existé durablement, ou seulement par épisodes brefs ? La roche supposée de Dewar apporte un indice indépendant de l’existence d’un champ ancien, sans trancher la question de sa continuité. D’autres observations, puis des échantillons datés de la face cachée, pourraient vérifier la nature, l’âge et l’aimantation de cette roche.
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McGetchin : un impact visible, une perturbation plus vaste
L’impact qui a creusé McGetchin s’est produit entre le 11 avril et le 22 mai 2024. En examinant des images de la sonde lunaire Lunar Reconnaissance Orbiter en 2025, Robert Wagner a repéré une tache claire entourée d’un halo sombre. La comparaison avec des vues antérieures a révélé un cratère nouveau d’environ 222 mètres de diamètre et 43 mètres de profondeur : c’est le plus grand cratère récemment formé identifié à ce jour dans le Système solaire. La tache claire correspond aux matériaux éjectés, et non au trou lui-même.
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Les mesures thermiques montrent autour du cratère une zone anormalement froide, bien plus étendue que l’excavation visible. L’impact a donc modifié le terrain au-delà de ses bords. Il pourrait notamment avoir ameubli ou redistribué le régolithe, cette couche de débris qui recouvre la surface lunaire et intervient dans la conservation de la chaleur. Suivre la zone par imagerie et mesures de température aidera à comprendre son évolution ; le cratère et ses éjectas donnent aussi accès à des matériaux remontés du sous-sol. Le mécanisme précis et la durée de l’anomalie froide restent à vérifier : ce cas ne suffit pas à décrire tous les sols lunaires.
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