L’essor des émissions en euros et en livres sterling répond avant tout à un besoin de diversification : Amazon et Alphabet financent leurs investissements dans l’IA, tandis qu’Uber prépare une acquisition européenne. Amazon a levé 4,25 milliards de livres sterling lors de sa première émission dans cette devise.
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Create a landscape editorial hero image for this Studio Global article: How did the unprecedented 2026 rush by U.S. companies into Europe’s euro and sterling bond markets—led by Uber’s first-ever five-part euro o. Article summary: This was primarily a funding-diversification wave, not a single “AI-bond” phenomenon: Amazon and Alphabet sought financing for exceptionally large AI and data-centre spending, while Uber’s euro debut aligned more directl. Topic tags: general, news, government, general web. Style: premium digital editorial illustration, source-backed research mood, clean composition, high detail, modern web publication hero. Use reference image context only for broad subject, composition, and topical grounding; do not copy the exact image. Avoid: logos, brand marks, copyrighted characters, real person likenesses, fake screenshots, UI text, readable text, watermarks, charts with
Les marchés obligataires européens prennent une place croissante dans le financement des grandes entreprises américaines. Les motifs varient selon les groupes : dépenses colossales dans l’intelligence artificielle et les centres de données pour les hyperscalers — les fournisseurs mondiaux d’infrastructures cloud —, ou financement d’acquisitions pour Uber. Mais la logique commune est la même : ne plus dépendre exclusivement du dollar.
En empruntant en euros ou en livres sterling, ces entreprises accèdent à davantage d’investisseurs, à plusieurs devises et à une palette d’échéances plus large. La Banque centrale européenne (BCE) décrit 2026 comme la première grande vague d’émissions des hyperscalers américains en dehors des États-Unis, l’euro s’imposant comme une devise particulièrement avantageuse pour leur financement international.17
Pour Amazon et Alphabet, le recours au marché européen est étroitement lié à l’ampleur des investissements nécessaires à l’IA et aux centres de données.
Amazon a réalisé sa première émission obligataire en livres sterling, structurée en quatre tranches de trois, six, douze et dix-neuf ans. Le groupe a finalement levé 4,25 milliards de livres sterling, pour une demande finale de plus de 10,65 milliards de livres.1
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Alphabet avait donné le ton plus tôt dans l’année. En février, la maison mère de Google a levé 5,5 milliards de livres sterling dans le cadre d’une collecte obligataire mondiale de 31,51 milliards de dollars, destinée à accompagner ses dépenses liées à l’IA. L’opération comprenait une tranche de 1 milliard de livres à 100 ans, assortie d’un coupon de 6,125 % : une échéance exceptionnelle pour une entreprise technologique.11
L’enjeu ne consiste donc pas seulement à emprunter davantage. Vendre de la dette en euros ou en livres permet de diversifier la base d’investisseurs et de ne pas concentrer toutes les levées de fonds sur un seul marché. Pour des entreprises dont les besoins de capitaux sont durablement très élevés, cette souplesse devient un avantage stratégique.
Le projet de première émission obligataire d’Uber en euros, en cinq tranches, était évalué autour de 4 milliards d’euros. Dans son cas, le lien le plus évident n’est pas l’IA mais une opération de croissance externe en Europe : Uber a accepté de racheter l’allemand Delivery Hero pour une valeur des capitaux propres de 14,8 milliards de dollars, en proposant 41,50 € en numéraire par action.9
Dans cette configuration, emprunter en euros peut constituer un appariement naturel avec une sortie de trésorerie attendue dans la devise européenne. Cela limite le décalage entre la devise du financement et celle de l’acquisition, tout en ouvrant l’accès au vaste bassin d’investisseurs institutionnels européens spécialisés dans le crédit.
Il serait donc réducteur de présenter toutes ces émissions comme de la « dette IA ». Elles illustrent plutôt une évolution plus générale de la finance d’entreprise : les groupes choisissent la devise la mieux adaptée à leurs investissements, à leurs engagements et à la structure de leur bilan.
Le phénomène est devenu suffisamment important pour modifier la composition du marché. Selon la BCE, les hyperscalers américains représentent environ 40 milliards d’euros d’encours dans les indices de référence des obligations d’entreprises libellées en euros, soit un peu plus de 1 % de ces indices. Hors entreprises financières, la Big Tech américaine représente près de 10 % des nouvelles émissions brutes en euros ; sa part des émissions dites « reverse Yankee » — des emprunts en euros réalisés par des groupes non européens — a presque doublé entre 2025 et 2026.17
Ces chiffres ne signifient pas que les emprunteurs américains dominent le marché européen. Ils montrent en revanche que quelques émetteurs mondiaux peuvent rapidement devenir une exposition significative pour les investisseurs lorsque leurs besoins de financement augmentent simultanément.
Un univers d’émetteurs plus vaste et plus diversifié peut renforcer les marchés obligataires en euros et en livres sterling. Ces grands noms internationaux peuvent apporter de la liquidité, augmenter l’offre de titres sur différentes maturités et permettre aux investisseurs européens de s’exposer à des entreprises mondiales sans acheter directement de dette en dollars.
La demande enregistrée lors des opérations d’Amazon et d’Alphabet montre aussi que les marchés européens peuvent absorber des montants considérables. L’obligation à 100 ans d’Alphabet a ainsi attiré une demande proche de dix fois le milliard de livres proposé, selon Reuters.11
La BCE souligne toutefois un risque central : les lourdes levées de fonds liées à l’IA, concentrées sur un petit nombre de groupes technologiques américains, pourraient évincer d’autres emprunteurs. Si la demande des investisseurs et la capacité d’intervention des banques ne progressent pas au même rythme que l’offre, les entreprises européennes — et potentiellement les États — pourraient devoir proposer des rendements plus élevés pour attirer les acheteurs.18
S’ajoute un risque de concentration. Les détenteurs d’obligations d’entreprises en euros pourraient être davantage exposés à une poignée de groupes technologiques américains et, indirectement, à la rentabilité de leur cycle d’investissement dans l’IA. Si le marché venait à douter des retours financiers de ces dépenses, les écarts de rendement pourraient s’élargir dans tout le secteur alors même que les émissions restent abondantes.
L’issue n’est pas écrite d’avance. Les marchés européens peuvent gagner en profondeur à mesure que les émetteurs mondiaux diversifient leurs financements. Le point décisif sera de savoir si la demande nouvelle suit le rythme de l’offre de dette de qualité, souvent à longue échéance, proposée par les groupes américains. Dans le cas contraire, le coût du capital en Europe pourrait augmenter, non parce que les entreprises locales seraient devenues plus risquées, mais parce que la concurrence pour attirer les investisseurs obligataires se serait intensifiée.17
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Trois éléments permettront de déterminer s’il s’agit d’une transformation durable :
Pour l’instant, l’Europe joue un double rôle : celui de source de capitaux pour les ambitions mondiales des entreprises américaines, et celui de test grandeur nature de la capacité de ses marchés du crédit à absorber une nouvelle catégorie d’emprunteurs de très grande taille.
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L’essor des émissions en euros et en livres sterling répond avant tout à un besoin de diversification : Amazon et Alphabet financent leurs investissements dans l’IA, tandis qu’Uber prépare une acquisition européenne.
L’essor des émissions en euros et en livres sterling répond avant tout à un besoin de diversification : Amazon et Alphabet financent leurs investissements dans l’IA, tandis qu’Uber prépare une acquisition européenne. Amazon a levé 4,25 milliards de livres sterling lors de sa première émission dans cette devise.
Hors secteur financier, les géants technologiques américains représentent près de 10 % des nouvelles émissions brutes d’obligations libellées en euros, selon la BCE.[17]