La Russie prolonge l’interdiction jusqu’au 30 septembre, les frappes de drones ukrainiennes ayant laissé plusieurs raffineries à l’arrêt et fait tomber la production d’essence à environ 70 % de la demande intérieure f... La mesure, introduite le 8 juillet pour trois semaines, a ensuite été élargie et prolongée, tand...
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La décision de Moscou de prolonger jusqu’au 30 septembre les restrictions sur les exportations de gazole, de fioul marin et de kérosène montre que la crise d’approvisionnement russe a dépassé le stade de l’urgence ponctuelle. Plusieurs raffineries restent à l’arrêt ou fonctionnent au ralenti après des frappes répétées de drones ukrainiens. Fin août, la production quotidienne d’essence ne représentait plus qu’environ 70 % de la demande intérieure. 167
L’objectif immédiat est de préserver la stabilité du marché intérieur. Selon deux sources du secteur citées par Reuters, la Russie produisait fin août environ 80 000 tonnes d’essence par jour, contre une demande d’environ 115 000 tonnes. Le pays ne couvrait donc qu’environ 70 % de ses besoins.
Dans ces conditions, Moscou préfère conserver le gazole et les autres produits raffinés sur son territoire plutôt que de les vendre à l’étranger. L’interdiction n’est donc pas seulement une mesure commerciale : elle vise à détourner une offre devenue rare vers les automobilistes, les entreprises et les transports russes, le temps que les réparations et la reprise de la production atténuent les perturbations.
Les restrictions ont été renforcées par étapes :
Le passage d’une interdiction temporaire de trois semaines à un ensemble de mesures plus large et plus long indique que la première intervention n’a pas rétabli un équilibre fiable entre l’offre et la demande intérieures.
La pression sur le marché russe intervient après une intensification de la campagne ukrainienne contre les infrastructures énergétiques. Les forces ukrainiennes ont frappé des raffineries russes au moins 21 fois en août, selon un décompte établi à partir de déclarations publiques. Il s’agit du total mensuel le plus élevé depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. 6
Plusieurs installations importantes ont été touchées. La raffinerie NORSI de Lukoil, quatrième de Russie par sa taille et deuxième producteur d’essence du pays, a suspendu le traitement du brut le 26 août. Elle peut traiter environ 15 millions de tonnes de pétrole par an. 17
La raffinerie de Perm, septième installation russe par ses volumes de traitement, a également interrompu ses opérations après une attaque de drone le 21 août. Celle-ci a endommagé des unités technologiques ; l’une des unités de distillation primaire concernées pouvait traiter 14 000 tonnes de pétrole par jour.
L’effet se mesure non seulement dans les sites touchés, mais aussi dans le niveau global du raffinage. Les taux de traitement du brut russe sont tombés à des niveaux inédits depuis plusieurs années, tandis que des pénuries sont réapparues dans plusieurs régions.
L’interdiction des exportations n’est qu’un volet de la réponse russe. Le gouvernement a annoncé en juillet qu’il importerait des produits pétroliers afin d’alimenter le marché intérieur, et les autorités ont ensuite confirmé que ces importations avaient commencé. 4
Moscou a aussi cherché à augmenter l’offre disponible en maximisant la production des raffineries encore opérationnelles, en reportant certaines opérations de maintenance et en autorisant la fabrication de carburants répondant à des normes environnementales moins strictes. Les autorités ont par ailleurs indiqué que des réserves de carburant avaient été mises à disposition du marché intérieur.
Ces mesures n’ont toutefois pas empêché la crise de toucher les consommateurs et les distributeurs régionaux. Dans la région de Kalouga, un système de rationnement fondé sur les plaques d’immatriculation a été envisagé. Dans d’autres régions, les autorités ont étudié des plafonds de vente par véhicule ou des restrictions temporaires dans certaines stations-service.
Les informations disponibles ne permettent pas d’établir une hausse unique des prix à l’échelle nationale ni de chiffrer précisément les importations d’essence ou les volumes prélevés sur les réserves. Elles montrent néanmoins que les circuits ordinaires d’approvisionnement ont été suffisamment fragilisés pour justifier simultanément des importations, des interdictions d’exportation et des mesures de rationnement. 147
La prolongation de l’interdiction révèle une fragilité durable de la sécurité énergétique russe, plutôt qu’une simple panne isolée. La Russie dispose d’importantes ressources pétrolières, mais la production de brut ne garantit pas à elle seule un approvisionnement suffisant en essence, en gazole ou en carburant aérien lorsque les unités de raffinage sont endommagées ou hors service.
Le problème est donc celui d’un décalage entre le brut disponible et les produits finis nécessaires aux automobilistes, à l’industrie et aux transports. Les cas de NORSI et de Perm illustrent la manière dont les dommages infligés à un nombre limité de sites stratégiques peuvent peser sur l’ensemble du marché. Le rôle de NORSI comme important producteur d’essence est particulièrement significatif, puisque les pénuries d’essence figurent parmi les conséquences les plus visibles de la crise. 17
La politique de restriction a également un coût financier. En conservant ses produits raffinés sur son territoire, la Russie renonce à des recettes d’exportation et réduit sa capacité à utiliser les ventes internationales pour compenser les perturbations intérieures. En juillet, ses exportations de produits pétroliers sont tombées à 1,18 million de barils par jour, contre 1,51 million en juin, selon des données préliminaires de S&P Global. Il s’agit du niveau le plus bas de cette série depuis 2016.
Les conséquences dépassent les frontières russes. Le gazole et les autres distillats moyens sont négociés sur les marchés internationaux. Lorsqu’un grand exportateur conserve ces produits pour son marché intérieur, l’offre accessible aux acheteurs étrangers diminue. L’interdiction de juillet avait déjà été associée à une forte hausse des prix mondiaux du gazole, selon Bloomberg. 5
Les frappes perturbent aussi la logistique des exportations de brut. Les attaques contre les raffineries et les infrastructures de la mer Noire limitent à la fois la production de carburants en Russie et la possibilité pour Moscou de réorienter facilement son brut vers les marchés étrangers. Les flux de brut vers l’étranger ont atteint en moyenne 3,46 millions de barils par jour au cours des quatre semaines se terminant le 23 août, selon des données de suivi des navires compilées par Bloomberg.
Moscou se retrouve ainsi sous une double pression : il doit fournir davantage de carburants raffinés à son marché intérieur tout en disposant de moins d’options simples pour exporter son brut. La prolongation jusqu’au 30 septembre est donc davantage qu’une mesure protectionniste temporaire. Elle confirme que les dégâts infligés aux raffineries sont devenus un test continu pour la sécurité énergétique russe — et une nouvelle source de volatilité potentielle pour les marchés mondiaux des carburants.
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La Russie prolonge l’interdiction jusqu’au 30 septembre, les frappes de drones ukrainiennes ayant laissé plusieurs raffineries à l’arrêt et fait tomber la production d’essence à environ 70 % de la demande intérieure f...
La Russie prolonge l’interdiction jusqu’au 30 septembre, les frappes de drones ukrainiennes ayant laissé plusieurs raffineries à l’arrêt et fait tomber la production d’essence à environ 70 % de la demande intérieure f... La mesure, introduite le 8 juillet pour trois semaines, a ensuite été élargie et prolongée, tandis que les interdictions visant l’essence et le carburant pour avions suivent des calendriers distincts.
Au moins 21 attaques contre des raffineries ont été recensées en août, notamment contre les sites NORSI et de Perm, réduisant la capacité de raffinage et aggravant les pénuries régionales.