Six mois après la mort d’Ali Khamenei, l’Iran ressemble moins à un système dirigé par un seul guide suprême qu’à un État en guerre piloté par les appareils sécuritaires. La nomination d’Ahmad Vahidi à la tête des gardiens de la Révolution renforce le poids des institutions coercitives face à la présidence élue.
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Create a landscape editorial hero image for this Studio Global article: How has the assassination of Iran’s Supreme Leader Ali Khamenei in a joint U.S. Israeli strike on February 28 reshaped Iran’s political and. Article summary: Six months after Ali Khamenei’s killing, Iran appears less like a system dominated by a single supreme leader and more like a security led wartime state: Mojtaba Khamenei provides dynastic religious continuity, while the. Topic tags: general web, workflow, security, regulation. Style: premium digital editorial illustration, source-backed research mood, clean composition, high detail, modern web publication hero. Use reference image context only for broad subject, composition, and topical grounding; do not copy the exact image. Avoid: logos, brand marks, copyrighted characters, real person likenesses, fake screenshots, UI text, readable text, watermarks, charts w
Six mois après la mort d’Ali Khamenei dans une frappe conjointe américano-israélienne le 28 février, l’Iran ne fonctionne plus tout à fait comme un régime dominé par un arbitre unique. Le pays ressemble davantage à un État en guerre dirigé par ses institutions sécuritaires : Mojtaba Khamenei fournit une continuité dynastique et religieuse au sommet, tandis que les gardiens de la Révolution et le Conseil suprême de sécurité nationale disposent d’une influence accrue sur la guerre, la sécurité intérieure et les relations avec Washington. 46
Cette succession n’a donc pas réglé la question du pouvoir. Elle a plutôt ouvert une compétition durable entre des responsables civils qui cherchent à alléger la pression économique et des institutions militaires dont l’autorité s’est considérablement étendue pendant le conflit.
L’arrivée de Mojtaba Khamenei a rétabli un sommet formel à la République islamique. Mais l’équilibre réel semble s’être déplacé vers les organes de coercition. La nomination du général Ahmad Vahidi à la tête du Corps des gardiens de la Révolution islamique — l’IRGC, force paramilitaire distincte de l’armée régulière — illustre cette évolution. Les décisions militaires et stratégiques ne relèvent plus seulement de la figure du guide suprême : elles sont désormais façonnées par un noyau de commandants et de responsables de la sécurité. 456
Le Conseil suprême de sécurité nationale occupe lui aussi une place plus visible. Ses conditions publiques pour une éventuelle réouverture du détroit d’Ormuz montrent qu’il ne se contente plus de coordonner la sécurité nationale : il relie directement la pression militaire, l’accès aux ressources financières et la négociation diplomatique. 456
Le président Masoud Pezeshkian tente de donner une légitimité révolutionnaire à l’idée de négocier avec les États-Unis. En affirmant qu’Ali Khamenei aurait lui-même été ouvert à la diplomatie, il cherche à présenter les discussions comme une décision compatible avec l’héritage du régime, et non comme une capitulation. 4
Son influence reste toutefois limitée. La politique étrangère et la conduite de la guerre sont contraintes par le guide suprême, le Conseil suprême de sécurité nationale, l’IRGC et les factions conservatrices. La rencontre de Pezeshkian avec Mojtaba Khamenei à la fin du mois de juillet souligne l’importance persistante de l’accès au nouveau guide pour toute initiative civile. Selon les médias d’État, les discussions ont notamment porté sur les affaires militaires et l’économie.
Autrement dit, le président contrôle les ministères qui gèrent l’économie, la reconstruction et la diplomatie, mais il ne commande pas les forces armées et ne dispose pas du dernier mot sur la guerre ou la sécurité nationale.
Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que la guerre, les sanctions, la restriction du trafic maritime et le gel de revenus imposaient au pays un coût que l’État ne pourrait pas faire supporter indéfiniment à la population. Les responsables chargés de gérer l’économie redoutent que l’aggravation de la pression ne menace la stabilité du régime, tandis que certains plaident ouvertement pour mettre fin à la guerre afin d’en réduire le coût.
Washington avait accordé en juin une dérogation de 60 jours aux sanctions, notamment pour permettre à Téhéran de vendre du pétrole et d’en percevoir les revenus. Mais cet arrangement provisoire s’est rapidement délité, et les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions liées à l’Iran en juillet, notamment après la reprise d’attaques contre des pétroliers. 1215
Cette situation crée un paradoxe politique. La souffrance économique pousse Pezeshkian, Ghalibaf et d’autres responsables civils à rechercher un accord durable. Mais elle donne aussi aux conservateurs un argument pour réclamer davantage de garanties et de concessions américaines avant toute ouverture. Pour les partisans de la ligne dure, céder sous la pression reviendrait à abandonner un levier stratégique sans obtenir de contrepartie suffisante.
Le délai de 60 jours fixé pour parvenir à un règlement définitif a expiré sans prolongation ni accord de paix permanent. Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir violé l’arrangement intérimaire ou de ne pas en avoir appliqué les dispositions. 25
Le détroit d’Ormuz est devenu le symbole et l’instrument de cette impasse. Téhéran affirme qu’il restera fermé ou fortement restreint tant que Washington n’aura pas levé le blocus de ses ports, supprimé les sanctions pétrolières, débloqué ses avoirs et cessé les menaces ainsi que les opérations militaires. De son côté, Washington affirme qu’aucune négociation n’est en cours ni programmée.
Le désaccord porte donc moins sur une simple question de navigation que sur la hiérarchie des concessions. Pour l’Iran, rouvrir le détroit sans obtenir d’allègement économique affaiblirait sa position. Pour les États-Unis, la liberté de navigation constitue précisément une condition préalable à un assouplissement plus large.
L’Iran ne se contente plus d’absorber les frappes. Il utilise désormais les perturbations maritimes et la menace d’une posture militaire plus « offensive » comme instruments de négociation. Un haut responsable iranien a averti que Téhéran pourrait intensifier la tension dans le détroit d’Ormuz et au-delà si l’accord intérimaire n’était pas pleinement appliqué. 17
La reprise des attaques contre des pétroliers a déjà entraîné de nouvelles sanctions américaines. Cette évolution confère un poids stratégique disproportionné aux capacités navales, balistiques et asymétriques de l’IRGC. Sous Ahmad Vahidi, le corps des gardiens apparaît ainsi non seulement comme le bras armé du régime, mais aussi comme un acteur capable d’influencer le calendrier diplomatique et le niveau de pression économique imposé au pays.
La contradiction centrale est désormais difficile à ignorer. Une guerre prolongée renforce l’appareil sécuritaire, justifie un contrôle exceptionnel du Conseil suprême de sécurité nationale et de l’IRGC, et permet aux conservateurs de présenter tout compromis comme une reddition. Mais cette même guerre affaiblit l’économie, accroît les risques sociaux et rend plus urgente la recherche d’un accord.
Le résultat, à court terme, n’est ni une paix claire ni une escalade forcément décisive. C’est plutôt une impasse administrée par les institutions sécuritaires, dans laquelle la pression sur Ormuz tient lieu de stratégie politique cohérente. Tant que les responsables civils ne pourront pas transformer leurs préoccupations économiques en décisions exécutoires, et tant que l’IRGC et le Conseil suprême de sécurité nationale conserveront le contrôle des principaux leviers militaires, diplomatiques et énergétiques, le pouvoir iranien restera partagé entre la nécessité de négocier et l’intérêt institutionnel à poursuivre la confrontation. 26
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Six mois après la mort d’Ali Khamenei, l’Iran ressemble moins à un système dirigé par un seul guide suprême qu’à un État en guerre piloté par les appareils sécuritaires.
Six mois après la mort d’Ali Khamenei, l’Iran ressemble moins à un système dirigé par un seul guide suprême qu’à un État en guerre piloté par les appareils sécuritaires. La nomination d’Ahmad Vahidi à la tête des gardiens de la Révolution renforce le poids des institutions coercitives face à la présidence élue.
Le président Masoud Pezeshkian et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf mettent en avant le coût économique de la guerre et la nécessité d’un accord, mais les conservateurs refusent les concessions sans g...