La course reste ouverte alors que le Conseil de sécurité mène aujourd’hui son deuxième sondage informel, confidentiel et non contraignant. Rebeca Grynspan était arrivée en tête du vote du 30 juillet, mais aucun candidat ne se détache suffisamment pour garantir une recommandation.
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La succession d’António Guterres est loin d’être tranchée. Le Conseil de sécurité de l’ONU tient aujourd’hui son deuxième sondage informel — un vote confidentiel et non contraignant destiné à mesurer les rapports de force entre les candidats. Rebeca Grynspan reste la favorite à ce stade, mais le véritable enjeu sera de savoir qui peut réunir neuf voix tout en restant acceptable pour les cinq membres permanents du Conseil.
Le premier « straw poll », organisé le 30 juillet, ne constituait pas une élection. Les 15 membres du Conseil ont évalué séparément chaque candidature en choisissant anonymement entre trois options : « encourager », « décourager » ou « sans opinion ».
Les autres candidats initiaux — l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, l’ancienne ministre équatorienne María Fernanda Espinosa, l’ancien président sénégalais Macky Sall et le diplomate ougandais Olara Otunnu — se sont classés derrière ce trio. Ce premier vote donne une indication politique, mais ne constitue ni un classement définitif ni une décision du Conseil.
Ivonne Baki ne participait pas au premier sondage. La diplomate et ancienne ministre équatorienne, âgée de 75 ans, a été nommée cette semaine par les Tonga, ce qui porte à huit le nombre de candidats et fait d’elle la deuxième Équatorienne dans la course, aux côtés de María Fernanda Espinosa.
Baki met en avant la prévention des conflits et la réforme de l’ONU. Elle a notamment évoqué son expérience de la guerre civile au Liban pour expliquer son attention portée aux mécanismes de prévention.
Des informations lui attribuant le soutien des États-Unis, ou présentant ses relations avec Donald Trump et Bill Clinton comme la preuve d’un appui américain, doivent toutefois être considérées comme des affirmations politiques non vérifiées. Les éléments disponibles ne font état d’aucun soutien officiel ni d’un engagement de vote américain.
Le champ actuel comprend :
Grynspan, Rodrigues-Birkett et Grossi sont les seuls à avoir déjà démontré un niveau de soutien mesurable au Conseil. La candidature très récente de Baki rend, pour l’instant, impossible toute estimation fiable de ses appuis.
Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, défend un processus plus transparent et inclusif. Elle a demandé que les candidatures soient présentées suffisamment tôt afin que les 193 États membres puissent entendre les prétendants lors de dialogues publics. Elle a également soutenu une participation plus large des membres de l’Organisation, notamment au moyen d’un dispositif de consultation visible du public.
Les États-Unis et la Russie estiment cependant que cette démarche empiète sur la compétence attribuée au Conseil de sécurité par la Charte des Nations unies pour recommander un secrétaire général. Washington l’a accusée de chercher à fragiliser le processus, tandis que Moscou s’est dite préoccupée par le rôle qu’elle tente de jouer.
Ces sondages ont une portée politique, et non juridique : ils servent à identifier les candidatures susceptibles de progresser avant la recommandation formelle du Conseil.
Conformément à l’article 97 de la Charte des Nations unies, le Conseil de sécurité doit recommander un candidat à l’Assemblée générale, qui procède ensuite à la nomination. Il faut au minimum 9 voix sur 15, sans veto d’un des cinq membres permanents : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie.
Les sondages suivants utilisent habituellement des bulletins permettant de distinguer plus clairement la position des membres permanents. Le risque de veto devient alors plus visible, même si les discussions diplomatiques restent largement confidentielles.
La Russie a laissé entendre que d’autres candidatures pourraient encore apparaître et a critiqué le bilan d’António Guterres, notamment sur l’efficacité de l’ONU et la gestion des conflits. Cette ouverture lui permet de conserver une marge de manœuvre et d’éviter qu’un consensus ne se forme trop vite autour d’un des favoris. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’affirmer que Moscou soutient ou rejettera déjà un candidat précis.
Le second mandat de Guterres s’achève le 31 décembre. Une convention politique — qui ne constitue pas une règle obligatoire — laisse cette fois davantage de place à l’Amérique latine et aux Caraïbes dans la rotation régionale informelle. Elle contribue à expliquer la forte présence de candidates et candidats latino-américains dans cette compétition.
De nouveaux sondages pourraient se tenir jusqu’en octobre, voire au-delà, si les membres permanents restent divisés. L’arrivée récente de Baki montre par ailleurs que la liste n’est pas nécessairement close.
Le nombre de voix « encourager » ne sera pas le seul indicateur important. La question décisive sera de savoir si un candidat peut réunir neuf voix sans déclencher l’opposition d’une seule des cinq puissances disposant d’un droit de veto. Pour l’instant, Rebeca Grynspan mène la course, mais aucune candidature ne semble encore proche d’une recommandation acquise.
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La course reste ouverte alors que le Conseil de sécurité mène aujourd’hui son deuxième sondage informel, confidentiel et non contraignant.
La course reste ouverte alors que le Conseil de sécurité mène aujourd’hui son deuxième sondage informel, confidentiel et non contraignant. Rebeca Grynspan était arrivée en tête du vote du 30 juillet, mais aucun candidat ne se détache suffisamment pour garantir une recommandation.
Lors du premier sondage, les 15 membres du Conseil ont voté anonymement « encourager », « décourager » ou « sans opinion » : Grynspan a obtenu 10 voix favorables, contre 9 pour Carolyn Rodrigues Birkett et 7 pour Rafa...