La progression n’est pas uniforme. En 2026, environ une page sur dix en .com montrait des signes d’intervention de l’IA, contre 4,6 % des pages en .org et environ 1 % pour les domaines .edu et .gov.
Les extensions peuvent donner une indication du type de site concerné : les domaines .edu sont généralement associés aux établissements d’enseignement, tandis que .gov renvoie aux sites gouvernementaux américains. Elles ne permettent pas, à elles seules, de déterminer qui a rédigé une page, mais les écarts observés montrent que l’usage de l’IA varie fortement selon les secteurs et les catégories de sites.
Open Pangram n’identifie pas une « signature » propre à chaque auteur. Il évalue plutôt la combinaison de plusieurs habitudes de langage statistiquement plus fréquentes dans des textes générés ou remaniés par une IA que dans des textes humains.
Pew cite notamment :
Ces indices restent probabilistes. Un auteur humain peut très bien employer un tiret cadratin ou une virgule d’Oxford, tandis qu’un texte généré par IA peut avoir été profondément réécrit. Les résultats doivent donc être compris comme des « signes d’écriture ou d’édition substantielle par IA », et non comme un décompte définitif des pages entièrement écrites par une machine.
L’étude comporte plusieurs précautions importantes :
La conclusion la plus large de Pew est que le Web devient progressivement un espace où les textes publics sont de plus en plus produits ou remaniés avec l’aide de l’IA. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où Cloudflare a également signalé qu’en mai 2026, le trafic non humain avait dépassé le trafic humain sur son réseau.
Les deux constats ne mesurent pas la même chose : l’étude de Pew porte sur les signes d’écriture ou d’édition par IA, tandis que la statistique de Cloudflare concerne des requêtes automatisées et des robots. Elle ne permet donc pas de conclure que la majorité des contenus sont écrits par une IA, ni que les machines ont remplacé les internautes.
En revanche, ces données dessinent un Web de plus en plus façonné, exploré et alimenté par des systèmes automatisés — avec des conséquences encore difficiles à mesurer pour la visibilité des contenus, la confiance des lecteurs et la place de l’auteur humain.