Il faut donc distinguer le prize money à proprement parler de la compensation totale : cette dernière inclut aussi des aides destinées à couvrir certains besoins des joueurs.
Les vainqueurs du simple messieurs et du simple dames recevront chacun 5,5 millions de dollars, le plus gros gain jamais attribué à un champion ou une championne de simple dans un tournoi du Grand Chelem. Le montant était de 5 millions de dollars l'année précédente.
Mais l'augmentation ne se limite pas au sommet de la pyramide. Dans le tableau principal du simple, un joueur ou une joueuse éliminé(e) au premier tour percevra 140 000 dollars, un record pour ce stade de la compétition. Les quarts de finalistes toucheront 780 000 dollars, les demi-finalistes 1,45 million et les finalistes battus 2,8 millions.
Les hausses s'appliquent également aux qualifications, aux doubles et au tournoi de tennis fauteuil. En qualifications, le gain du premier tour des tableaux masculin et féminin passera à 32 000 dollars. Les équipes victorieuses en double masculin, féminin et mixte recevront 1 million de dollars par équipe.
Cette annonce intervient dans un climat inhabituellement tendu. Des joueurs de premier plan réclament une part plus importante des revenus générés par les quatre Grands Chelems — l'Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open — ainsi qu'un rôle accru dans les décisions qui concernent leur activité.
Le mouvement s'est notamment manifesté à Roland-Garros, où plusieurs joueurs ont limité leurs interventions médiatiques. Certains participants auraient quitté leur conférence de presse après quinze minutes, afin de mettre en lumière le désaccord sur les rémunérations et la gouvernance des tournois.
Les revendications ne portent donc pas uniquement sur le chèque remis au vainqueur. Les joueurs évoquent aussi la protection sociale, la santé, les retraites et la situation économique des athlètes moins bien classés, pour qui les coûts des déplacements et de l'entraînement peuvent peser lourdement.
L'Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open ont annoncé la création d'un Grand Slam Player Advisory Council, un conseil consultatif chargé de fournir aux joueurs un canal formel de dialogue avec les organisateurs.
La création de cette instance constitue une avancée en matière de représentation. Elle ne règle toutefois pas automatiquement la question du partage des revenus. Les premières informations disponibles indiquent que le conseil devrait se concentrer principalement sur les questions sportives communes aux quatre tournois. Les sujets de rémunération pourront y être soulevés, mais leur traitement restera en partie du ressort de chaque Grand Chelem.
Les joueurs demandent notamment que la part des revenus consacrée au prize money se rapproche de celle observée sur les circuits ATP et WTA, avec un objectif évoqué de 22 % à l'horizon 2030.
L'USTA consacrera par ailleurs 2 millions de dollars à un nouveau Player Support Program, répartis à parts égales entre les circuits masculin et féminin. Le dispositif doit aider les joueurs à faire face aux besoins de milieu de carrière et à la transition vers la retraite sportive, en complément des mécanismes de soutien déjà existants.
Cette initiative vise particulièrement une réalité moins visible du tennis professionnel : en dehors du cercle très restreint des stars, les joueurs doivent financer de nombreux déplacements, leur encadrement et leur préparation avec des revenus nettement plus incertains. L'aide ne remplace pas une formule durable de partage des recettes, mais elle reconnaît que la question dépasse les seuls montants attribués aux champions.
Les réactions des joueurs montrent que l'augmentation est accueillie favorablement, sans mettre fin au débat. Jannik Sinner a estimé que les joueurs ne recevaient pas le respect qu'ils méritaient. Aryna Sabalenka, elle, a prévenu qu'un boycott pourrait éventuellement devenir envisageable. Ces prises de position illustrent l'ampleur du sujet : les joueurs réclament davantage qu'une hausse ponctuelle du prize money.
En résumé, les 108 millions de dollars de l'US Open 2026 améliorent concrètement la rémunération à tous les niveaux, avec un effet particulièrement marqué pour les champions et les joueurs du premier tour. Le conseil consultatif et le programme d'aide de 2 millions constituent deux concessions importantes sur la représentation et le bien-être.
La question centrale reste cependant entière : les Grands Chelems accepteront-ils de mettre en place un partage des revenus plus transparent et plus durable, ou continueront-ils à répondre à la contestation par des augmentations annuelles du prize money ?