L’ambition affichée est restée spectaculaire, mais le périmètre réellement défendable s’est progressivement réduit. Les dépenses ont explosé, les échéances ont été repoussées et les investissements étrangers espérés n’ont pas atteint le niveau nécessaire. Riyad semble désormais privilégier des infrastructures et des activités commerciales susceptibles de générer des retours plus rapides, notamment les ports et les centres de données.
Le Wall Street Journal a rapporté en août 2026 que la construction était à l’arrêt après plus de 50 milliards de dollars dépensés. Des milliards supplémentaires seraient désormais consacrés à la fermeture ou à la renégociation de contrats plutôt qu’à l’achèvement des structures initialement promises.
The Line reste le symbole le plus reconnaissable de NEOM. Le projet avait été présenté comme une ville-miroir de 170 kilomètres de long, composée de deux structures parallèles. De nouveaux travaux auraient été reportés au moins jusqu’après 2030.
Cela ne signifie pas que chaque fondation, chaque tunnel ou chaque ouvrage préparatoire a officiellement disparu des plans. En revanche, le calendrier initial et le récit d’une mégapole construite à grande vitesse ne sont plus crédibles au regard des éléments disponibles.
Le report s’explique par plusieurs facteurs : des coûts prévisionnels extraordinaires, des investissements extérieurs insuffisants et la volonté de concentrer les ressources sur des projets dont la rentabilité paraît plus solide.
Les difficultés de The Line ne relèvent donc pas d’un simple manque temporaire de financement. Des enquêtes et reportages font état de dépassements de budget, de retards, de dépenses somptuaires et d’une culture de management dans laquelle il était difficile de remettre en cause des directives particulièrement ambitieuses.
NEOM cumulait plusieurs défis hors normes dans une région désertique et éloignée : excavations massives, fondations, tunnels, réseaux, voies de transport, logistique et édification de bâtiments avant même l’existence d’une ville classique ou d’une clientèle établie.
Les traces physiques de cette approche sont importantes, mais incomplètes. Le Financial Times a décrit un paysage marqué par des pieux de fondation et de profondes tranchées après au moins 50 milliards de dollars dépensés. Des articles ultérieurs ont présenté ces ouvrages partiels comme l’héritage visible du recul du projet.
Le problème financier était tout aussi structurel. Un projet peut absorber des retards si ses perspectives de revenus restent convaincantes. NEOM a au contraire dû composer avec l’augmentation des estimations, des investissements étrangers faibles ou insuffisants et les arbitrages budgétaires auxquels l’Arabie saoudite est confrontée plus largement. La décision de consacrer des milliards à la résiliation de contrats montre que faire marche arrière coûte lui aussi très cher.
Trojena, la station de montagne imaginée par NEOM, devait initialement accueillir les Jeux asiatiques d’hiver de 2029. Le Comité olympique et paralympique saoudien et le Conseil olympique d’Asie ont finalement convenu de reporter cette édition à une date ultérieure, qui n’a pas été précisée.
Les listes actuelles du Conseil olympique d’Asie indiquent désormais Almaty, au Kazakhstan, comme ville hôte des Jeux asiatiques d’hiver de 2029.
Ce changement est loin d’être anodin. Les Jeux constituaient une échéance publique fixe pour Trojena. Leur report supprime l’une des principales pressions à court terme qui aurait pu imposer l’achèvement de la station selon le calendrier initial.
Il illustre aussi la différence entre un projet officiellement « repriorisé » et une composante qui, dans les faits, est retirée de son calendrier annoncé.
Les deux formulations décrivent une partie de la situation, mais aucune ne suffit à elle seule.
Ce qui a été annulé ou résilié : certains contrats et certaines composantes ont été abandonnés, tandis que les Jeux asiatiques d’hiver ont été reportés. Des reportages ont également fait état de résiliations concernant des infrastructures liées à Trojena et à The Line.
Ce qui a été suspendu ou retardé : The Line et plusieurs autres destinations majeures de NEOM ont été repoussées au-delà de 2030, plutôt que déclarées publiquement irréalisables de manière définitive.
Ce qui n’a pas été officiellement abandonné : dans leur communication publique, les autorités ont surtout parlé de repriorisation, de déploiement par phases et de reprogrammation. Aucune annonce citée ici ne confirme l’annulation permanente de l’ensemble de la région NEOM.
La formulation la plus exacte est donc celle d’un redimensionnement stratégique majeur et coûteux. Dire que « NEOM est mort » va au-delà de ce qui a été officiellement établi. Mais affirmer que rien n’a été annulé reviendrait à ignorer les contrats résiliés et le report des Jeux.
Les informations disponibles ne font état d’aucun plan public confirmé visant à démolir tous les ouvrages partiellement construits ou à les achever à l’échelle initialement annoncée. Les tranchées, pieux, tunnels, routes, terrassements et installations de chantier pourraient être conservés, mis en sommeil, réaffectés ou intégrés à un projet futur plus limité.
Cette incertitude fait partie de l’héritage de NEOM. Le projet a produit des infrastructures bien réelles, mais pas la ville linéaire fonctionnelle, la station de montagne ou la mégarégion intégrée promises au monde entier.
La question est désormais de savoir si ces travaux serviront de fondations à un projet commercial plus restreint ou s’ils resteront des ouvrages sans usage définitif dans le désert. La réponse dépendra des futurs arbitrages d’investissement de l’Arabie saoudite.
NEOM est passé d’une offensive de construction tous azimuts à une stratégie défensive et sélective. Plus de 50 milliards de dollars auraient déjà été dépensés ; environ 16 milliards sont inscrits au budget pour résilier ou dénouer des contrats jusqu’en 2030 ; The Line est repoussée au moins après 2030 ; et les Jeux asiatiques d’hiver de 2029 à Trojena ont été reportés.
Le projet pourrait se poursuivre sous une forme réduite ou entièrement repensée. En revanche, la promesse initiale — bâtir rapidement une région futuriste complète, à l’échelle et à la vitesse annoncées — n’a pas résisté à ses coûts, à sa complexité et aux contraintes financières.
L’ambition affichée est restée spectaculaire, mais le périmètre réellement défendable s’est progressivement réduit. Les dépenses ont explosé, les échéances ont été repoussées et les investissements étrangers espérés n’ont pas atteint le niveau nécessaire. Riyad semble désormais privilégier des infrastructures et des activités commerciales susceptibles de générer des retours plus rapides, notamment les ports et les centres de données.
Le Wall Street Journal a rapporté en août 2026 que la construction était à l’arrêt après plus de 50 milliards de dollars dépensés. Des milliards supplémentaires seraient désormais consacrés à la fermeture ou à la renégociation de contrats plutôt qu’à l’achèvement des structures initialement promises.
The Line reste le symbole le plus reconnaissable de NEOM. Le projet avait été présenté comme une ville-miroir de 170 kilomètres de long, composée de deux structures parallèles. De nouveaux travaux auraient été reportés au moins jusqu’après 2030.
Cela ne signifie pas que chaque fondation, chaque tunnel ou chaque ouvrage préparatoire a officiellement disparu des plans. En revanche, le calendrier initial et le récit d’une mégapole construite à grande vitesse ne sont plus crédibles au regard des éléments disponibles.
Le report s’explique par plusieurs facteurs : des coûts prévisionnels extraordinaires, des investissements extérieurs insuffisants et la volonté de concentrer les ressources sur des projets dont la rentabilité paraît plus solide.
Les difficultés de The Line ne relèvent donc pas d’un simple manque temporaire de financement. Des enquêtes et reportages font état de dépassements de budget, de retards, de dépenses somptuaires et d’une culture de management dans laquelle il était difficile de remettre en cause des directives particulièrement ambitieuses.
NEOM cumulait plusieurs défis hors normes dans une région désertique et éloignée : excavations massives, fondations, tunnels, réseaux, voies de transport, logistique et édification de bâtiments avant même l’existence d’une ville classique ou d’une clientèle établie.
Les traces physiques de cette approche sont importantes, mais incomplètes. Le Financial Times a décrit un paysage marqué par des pieux de fondation et de profondes tranchées après au moins 50 milliards de dollars dépensés. Des articles ultérieurs ont présenté ces ouvrages partiels comme l’héritage visible du recul du projet.
Le problème financier était tout aussi structurel. Un projet peut absorber des retards si ses perspectives de revenus restent convaincantes. NEOM a au contraire dû composer avec l’augmentation des estimations, des investissements étrangers faibles ou insuffisants et les arbitrages budgétaires auxquels l’Arabie saoudite est confrontée plus largement. La décision de consacrer des milliards à la résiliation de contrats montre que faire marche arrière coûte lui aussi très cher.
Trojena, la station de montagne imaginée par NEOM, devait initialement accueillir les Jeux asiatiques d’hiver de 2029. Le Comité olympique et paralympique saoudien et le Conseil olympique d’Asie ont finalement convenu de reporter cette édition à une date ultérieure, qui n’a pas été précisée.
Les listes actuelles du Conseil olympique d’Asie indiquent désormais Almaty, au Kazakhstan, comme ville hôte des Jeux asiatiques d’hiver de 2029.
Ce changement est loin d’être anodin. Les Jeux constituaient une échéance publique fixe pour Trojena. Leur report supprime l’une des principales pressions à court terme qui aurait pu imposer l’achèvement de la station selon le calendrier initial.
Il illustre aussi la différence entre un projet officiellement « repriorisé » et une composante qui, dans les faits, est retirée de son calendrier annoncé.
Les deux formulations décrivent une partie de la situation, mais aucune ne suffit à elle seule.
Ce qui a été annulé ou résilié : certains contrats et certaines composantes ont été abandonnés, tandis que les Jeux asiatiques d’hiver ont été reportés. Des reportages ont également fait état de résiliations concernant des infrastructures liées à Trojena et à The Line.
Ce qui a été suspendu ou retardé : The Line et plusieurs autres destinations majeures de NEOM ont été repoussées au-delà de 2030, plutôt que déclarées publiquement irréalisables de manière définitive.
Ce qui n’a pas été officiellement abandonné : dans leur communication publique, les autorités ont surtout parlé de repriorisation, de déploiement par phases et de reprogrammation. Aucune annonce citée ici ne confirme l’annulation permanente de l’ensemble de la région NEOM.
La formulation la plus exacte est donc celle d’un redimensionnement stratégique majeur et coûteux. Dire que « NEOM est mort » va au-delà de ce qui a été officiellement établi. Mais affirmer que rien n’a été annulé reviendrait à ignorer les contrats résiliés et le report des Jeux.
Les informations disponibles ne font état d’aucun plan public confirmé visant à démolir tous les ouvrages partiellement construits ou à les achever à l’échelle initialement annoncée. Les tranchées, pieux, tunnels, routes, terrassements et installations de chantier pourraient être conservés, mis en sommeil, réaffectés ou intégrés à un projet futur plus limité.
Cette incertitude fait partie de l’héritage de NEOM. Le projet a produit des infrastructures bien réelles, mais pas la ville linéaire fonctionnelle, la station de montagne ou la mégarégion intégrée promises au monde entier.
La question est désormais de savoir si ces travaux serviront de fondations à un projet commercial plus restreint ou s’ils resteront des ouvrages sans usage définitif dans le désert. La réponse dépendra des futurs arbitrages d’investissement de l’Arabie saoudite.
NEOM est passé d’une offensive de construction tous azimuts à une stratégie défensive et sélective. Plus de 50 milliards de dollars auraient déjà été dépensés ; environ 16 milliards sont inscrits au budget pour résilier ou dénouer des contrats jusqu’en 2030 ; The Line est repoussée au moins après 2030 ; et les Jeux asiatiques d’hiver de 2029 à Trojena ont été reportés.
Le projet pourrait se poursuivre sous une forme réduite ou entièrement repensée. En revanche, la promesse initiale — bâtir rapidement une région futuriste complète, à l’échelle et à la vitesse annoncées — n’a pas résisté à ses coûts, à sa complexité et aux contraintes financières.