Le 19 août, Donald Trump a rencontré des dirigeants du secteur des cryptomonnaies, des marchés financiers et des institutions de régulation. Parmi les responsables présents figuraient Paul Atkins, président de la Securities and Exchange Commission — la SEC, le principal régulateur américain des marchés de valeurs — et Michael Selig, président de la Commodity Futures Trading Commission, ou CFTC, qui supervise notamment les marchés de matières premières et de produits dérivés.
Des représentants ou dirigeants de Coinbase, Ripple, Andreessen Horowitz et Nasdaq figuraient également parmi les participants annoncés ou rapportés. Les discussions portaient notamment sur la tokenisation, les marchés de prédiction et l’articulation entre les actifs numériques et la finance traditionnelle.
Trump a surtout exhorté le Congrès à adopter une « version équitable » du CLARITY Act, un projet de loi destiné à clarifier la classification des actifs numériques et la répartition des compétences entre la SEC et la CFTC.
L’ether cotait autour de 1 917 dollars au début de la journée du 19 août. Il a ensuite fortement progressé, atteignant environ 2 255 à 2 257 dollars le 20 août selon plusieurs relevés de marché. Les données historiques de Yahoo Finance indiquent également un cours de clôture proche de 2 251 dollars le 19 août et de 2 303 dollars le 20 août.
Cette progression ne peut toutefois pas être attribuée au seul sommet ou à l’achat du portefeuille inconnu. Le marché des cryptomonnaies connaissait une hausse plus générale, tandis que les marchés de produits dérivés ont déclenché un important « short squeeze » : lorsque le prix monte, les traders qui parient sur sa baisse doivent parfois racheter leurs positions, ce qui accentue encore la hausse.
Bloomberg a rapporté que plus d’un milliard de dollars de positions vendeuses sur le bitcoin avaient été liquidées en environ une heure. D’autres estimations faisaient état d’une cascade de liquidations encore plus large sur l’ensemble du marché crypto.
Un compte de trading distinct suivi sur la chaîne aurait gagné environ 13,04 millions de dollars sur des positions acheteuses avant que des pertes sur des positions vendeuses ne ramènent le gain net de cette séquence à environ 6,76 millions de dollars. Rien ne permet cependant d’assimiler ce compte au portefeuille qui a placé 5 000 ETH en staking.
Trois éléments nourrissent les spéculations :
Cela constitue un signal qui peut justifier des vérifications, mais pas une preuve de fraude. Une position de 5 000 ETH reste limitée au regard de la capitalisation totale d’Ethereum et des flux habituellement observés chez les investisseurs institutionnels. Le calendrier, à lui seul, ne prouve ni l’accès à une information importante non publique, ni un lien de causalité avec la hausse, ni l’identité du trader. Les informations publiées jusqu’à présent ne font état d’aucun lien démontré avec un initié.
Aux États-Unis, l’analyse d’un éventuel délit d’initié dans les cryptomonnaies dépend fortement de la nature de l’actif et de la transaction. Selon les circonstances, les autorités peuvent devoir déterminer si l’actif relève du droit des valeurs mobilières, des matières premières ou d’un autre régime réglementaire.
Cette incertitude est précisément l’un des problèmes que le CLARITY Act entendait réduire. Mais le texte est resté bloqué au Sénat, après le report de son examen, et ses chances d’adoption en 2026 étaient jugées faibles. En attendant une éventuelle loi, la SEC et la CFTC devraient continuer à préciser les règles par voie réglementaire, une démarche susceptible d’être contestée et modifiée par de futures administrations.
D’autres portefeuilles ont été présentés comme particulièrement bien positionnés avant des annonces ou des événements liés à la politique crypto de l’administration Trump. Ces mouvements méritent d’être surveillés, mais ils ne suffisent pas davantage à établir une infraction.
La blockchain offre une transparence partielle : elle permet de suivre les adresses, les montants et les horaires des transferts, mais elle ne révèle généralement pas la personne qui contrôle une adresse, la provenance de ses informations ou la raison de ses décisions. À ce stade, les éléments disponibles ne relient pas ces portefeuilles à des responsables gouvernementaux, aux participants du sommet ou à un délit d’initié.