BVNK fournissait des capacités d’infrastructure utilisées dans le cadre de paiements en stablecoins liés à Visa Direct. Une fois l’entreprise passée sous le contrôle de Mastercard, elle ne pouvait plus constituer un prestataire stratégiquement neutre pour Visa. La demande de propositions — ou RFP, pour request for proposal — vise donc à combler une relation devenue difficilement disponible après cette acquisition.
Cela ne signifie pas que Visa renonce à sa stratégie dans les stablecoins. La société semble plutôt vouloir distinguer deux niveaux : d’un côté, la plateforme qu’elle contrôle directement ; de l’autre, les fonctions réglementées de marché et de règlement confiées à des partenaires spécialisés.
Le cahier des charges rapporté va bien au-delà d’une simple API de paiement. Le prestataire retenu devrait pouvoir prendre en charge et échanger plusieurs stablecoins, fournir des services de négociation OTC et assurer les règlements pour Open USD, ou OUSD.
Concrètement, il pourrait aider Visa et ses clients institutionnels à :
Cette organisation permettrait à Visa de proposer un service compatible avec plusieurs stablecoins, plutôt que de dépendre d’un seul token ou d’un seul émetteur. Visa garderait la relation avec le client et l’environnement opérationnel ; le partenaire fournirait les fonctions de marché indispensables en arrière-plan.
Visa demanderait que le futur partenaire détienne des licences d’échange d’actifs numériques aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et à Singapour. Une telle couverture réglementaire réduit mécaniquement le nombre d’entreprises capables de répondre à l’appel d’offres.
Visa ne cherche donc pas seulement un prestataire capable de déplacer des tokens sur une blockchain. Il lui faut une contrepartie disposant :
Cette contrainte illustre la difficulté de bâtir des paiements mondiaux en stablecoins sur des règles encore fragmentées. Une entreprise autorisée dans un pays ne peut pas nécessairement exercer la même activité dans un autre. En exigeant une présence dans quatre juridictions, Visa cherche à limiter les frictions juridiques et opérationnelles à mesure que les stablecoins se rapprochent des usages de trésorerie et de paiement à grande échelle.
Open USD est développé par Open Standard, un consortium qui réunit plus de 140 entreprises, dont Visa, Mastercard, Stripe, Coinbase et BlackRock. Le projet repose sur un stablecoin indexé sur le dollar et sur un modèle d’écosystème partagé, plutôt que sur un token contrôlé par un seul émetteur.
Les entreprises doivent pouvoir créer et racheter des OUSD sans frais et sans plafond de volume. Les revenus générés par les réserves sont destinés à être largement redistribués aux partenaires de l’écosystème, après déduction de frais de gestion.
Dans ce modèle, la liquidité et les règlements deviennent essentiels. Un consortium aussi vaste a besoin d’infrastructures capables de relier institutions, portefeuilles, devises et stablecoins sans obliger chaque participant à construire sa propre activité de négociation et de règlement.
Le futur partenaire de Visa jouerait ainsi le rôle de couche d’exécution pour OUSD. Il ne remplacerait ni la gouvernance d’Open Standard ni la plateforme de Visa ; il aiderait à transformer le projet du consortium en actif utilisable par les institutions sur des marchés réglementés.
Visa a lancé en juillet la Visa Stablecoin Platform, un environnement destiné aux banques, aux fintechs et aux entreprises spécialisées dans les cryptoactifs. La plateforme doit leur permettre d’émettre, de conserver, de transférer et de racheter des stablecoins depuis un environnement géré par Visa. Open USD est son premier token pris en charge.
La répartition des rôles devient alors plus lisible :
La recherche d’un partenaire montre que le contrôle de la plateforme ne supprime pas le besoin de contreparties spécialisées. Au contraire, plus la plateforme vise un usage institutionnel, plus elle doit disposer d’un accès fiable aux liquidités, aux marchés et aux infrastructures de règlement qui l’entourent.
Le rachat de BVNK illustre la stratégie de Mastercard : acquérir l’infrastructure et l’intégrer à son réseau de paiements. Visa semble suivre une autre voie. La société veut posséder la couche d’accès institutionnel avec sa Stablecoin Platform, tout en faisant appel à des spécialistes licenciés pour les opérations de marché et le règlement.
Cette différence est révélatrice d’une évolution plus large. Les stablecoins deviennent une compétition autour de systèmes complets, et pas uniquement autour de tokens. Les couches stratégiques comprennent notamment :
Le gagnant ne sera donc pas nécessairement l’entreprise qui lance le dollar numérique le plus visible. Il pourrait être celui qui contrôle les rails permettant à plusieurs dollars numériques de circuler de manière fiable.
Le modèle d’Open USD cherche à répartir la gouvernance et les revenus des réserves entre un grand nombre de participants. Cette approche peut séduire les entreprises qui ne souhaitent pas dépendre entièrement d’un émetteur unique pour leur accès, leur modèle économique ou leur orientation stratégique.
Mais elle ne suffit pas, à elle seule, à détrôner les stablecoins déjà installés. L’adoption d’OUSD dépendra aussi de sa liquidité, de ses intégrations, de son acceptation réglementaire et de la volonté des banques, des commerçants, des plateformes d’échange et des prestataires de paiement de l’utiliser dans des transactions réelles.
La recherche de Visa met précisément ce défi en lumière : même un stablecoin soutenu par plus de 140 entreprises a besoin d’une infrastructure spécialisée pour être échangé et réglé dans plusieurs juridictions. Le succès d’OUSD dépendra donc autant de son modèle de gouvernance que de la possibilité, pour les institutions, de l’utiliser de façon fluide aux côtés d’autres dollars numériques.
La demande de propositions de Visa montre à quelle vitesse les stablecoins passent du statut d’expérimentation blockchain à celui d’infrastructure potentielle des paiements. Le rachat de BVNK par Mastercard a privé Visa d’un prestataire stratégique, poussant le réseau à rechercher une solution réglementée dans quatre marchés clés.
En parallèle, la Visa Stablecoin Platform donne à Visa un moyen de gérer l’accès institutionnel aux stablecoins, tandis qu’Open USD lui fournit un actif soutenu par un consortium dès son lancement.
La question centrale n’est donc plus seulement : quel stablecoin va gagner ? Elle devient : qui contrôlera les rails réglementés, la liquidité, les règlements et les interfaces clients autour de l’argent tokenisé ?
BVNK fournissait des capacités d’infrastructure utilisées dans le cadre de paiements en stablecoins liés à Visa Direct. Une fois l’entreprise passée sous le contrôle de Mastercard, elle ne pouvait plus constituer un prestataire stratégiquement neutre pour Visa. La demande de propositions — ou RFP, pour request for proposal — vise donc à combler une relation devenue difficilement disponible après cette acquisition.
Cela ne signifie pas que Visa renonce à sa stratégie dans les stablecoins. La société semble plutôt vouloir distinguer deux niveaux : d’un côté, la plateforme qu’elle contrôle directement ; de l’autre, les fonctions réglementées de marché et de règlement confiées à des partenaires spécialisés.
Le cahier des charges rapporté va bien au-delà d’une simple API de paiement. Le prestataire retenu devrait pouvoir prendre en charge et échanger plusieurs stablecoins, fournir des services de négociation OTC et assurer les règlements pour Open USD, ou OUSD.
Concrètement, il pourrait aider Visa et ses clients institutionnels à :
Cette organisation permettrait à Visa de proposer un service compatible avec plusieurs stablecoins, plutôt que de dépendre d’un seul token ou d’un seul émetteur. Visa garderait la relation avec le client et l’environnement opérationnel ; le partenaire fournirait les fonctions de marché indispensables en arrière-plan.
Visa demanderait que le futur partenaire détienne des licences d’échange d’actifs numériques aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et à Singapour. Une telle couverture réglementaire réduit mécaniquement le nombre d’entreprises capables de répondre à l’appel d’offres.
Visa ne cherche donc pas seulement un prestataire capable de déplacer des tokens sur une blockchain. Il lui faut une contrepartie disposant :
Cette contrainte illustre la difficulté de bâtir des paiements mondiaux en stablecoins sur des règles encore fragmentées. Une entreprise autorisée dans un pays ne peut pas nécessairement exercer la même activité dans un autre. En exigeant une présence dans quatre juridictions, Visa cherche à limiter les frictions juridiques et opérationnelles à mesure que les stablecoins se rapprochent des usages de trésorerie et de paiement à grande échelle.
Open USD est développé par Open Standard, un consortium qui réunit plus de 140 entreprises, dont Visa, Mastercard, Stripe, Coinbase et BlackRock. Le projet repose sur un stablecoin indexé sur le dollar et sur un modèle d’écosystème partagé, plutôt que sur un token contrôlé par un seul émetteur.
Les entreprises doivent pouvoir créer et racheter des OUSD sans frais et sans plafond de volume. Les revenus générés par les réserves sont destinés à être largement redistribués aux partenaires de l’écosystème, après déduction de frais de gestion.
Dans ce modèle, la liquidité et les règlements deviennent essentiels. Un consortium aussi vaste a besoin d’infrastructures capables de relier institutions, portefeuilles, devises et stablecoins sans obliger chaque participant à construire sa propre activité de négociation et de règlement.
Le futur partenaire de Visa jouerait ainsi le rôle de couche d’exécution pour OUSD. Il ne remplacerait ni la gouvernance d’Open Standard ni la plateforme de Visa ; il aiderait à transformer le projet du consortium en actif utilisable par les institutions sur des marchés réglementés.
Visa a lancé en juillet la Visa Stablecoin Platform, un environnement destiné aux banques, aux fintechs et aux entreprises spécialisées dans les cryptoactifs. La plateforme doit leur permettre d’émettre, de conserver, de transférer et de racheter des stablecoins depuis un environnement géré par Visa. Open USD est son premier token pris en charge.
La répartition des rôles devient alors plus lisible :
La recherche d’un partenaire montre que le contrôle de la plateforme ne supprime pas le besoin de contreparties spécialisées. Au contraire, plus la plateforme vise un usage institutionnel, plus elle doit disposer d’un accès fiable aux liquidités, aux marchés et aux infrastructures de règlement qui l’entourent.
Le rachat de BVNK illustre la stratégie de Mastercard : acquérir l’infrastructure et l’intégrer à son réseau de paiements. Visa semble suivre une autre voie. La société veut posséder la couche d’accès institutionnel avec sa Stablecoin Platform, tout en faisant appel à des spécialistes licenciés pour les opérations de marché et le règlement.
Cette différence est révélatrice d’une évolution plus large. Les stablecoins deviennent une compétition autour de systèmes complets, et pas uniquement autour de tokens. Les couches stratégiques comprennent notamment :
Le gagnant ne sera donc pas nécessairement l’entreprise qui lance le dollar numérique le plus visible. Il pourrait être celui qui contrôle les rails permettant à plusieurs dollars numériques de circuler de manière fiable.
Le modèle d’Open USD cherche à répartir la gouvernance et les revenus des réserves entre un grand nombre de participants. Cette approche peut séduire les entreprises qui ne souhaitent pas dépendre entièrement d’un émetteur unique pour leur accès, leur modèle économique ou leur orientation stratégique.
Mais elle ne suffit pas, à elle seule, à détrôner les stablecoins déjà installés. L’adoption d’OUSD dépendra aussi de sa liquidité, de ses intégrations, de son acceptation réglementaire et de la volonté des banques, des commerçants, des plateformes d’échange et des prestataires de paiement de l’utiliser dans des transactions réelles.
La recherche de Visa met précisément ce défi en lumière : même un stablecoin soutenu par plus de 140 entreprises a besoin d’une infrastructure spécialisée pour être échangé et réglé dans plusieurs juridictions. Le succès d’OUSD dépendra donc autant de son modèle de gouvernance que de la possibilité, pour les institutions, de l’utiliser de façon fluide aux côtés d’autres dollars numériques.
La demande de propositions de Visa montre à quelle vitesse les stablecoins passent du statut d’expérimentation blockchain à celui d’infrastructure potentielle des paiements. Le rachat de BVNK par Mastercard a privé Visa d’un prestataire stratégique, poussant le réseau à rechercher une solution réglementée dans quatre marchés clés.
En parallèle, la Visa Stablecoin Platform donne à Visa un moyen de gérer l’accès institutionnel aux stablecoins, tandis qu’Open USD lui fournit un actif soutenu par un consortium dès son lancement.
La question centrale n’est donc plus seulement : quel stablecoin va gagner ? Elle devient : qui contrôlera les rails réglementés, la liquidité, les règlements et les interfaces clients autour de l’argent tokenisé ?