Visa cherche un nouveau partenaire pour ses règlements en stablecoins après le rachat de BVNK par Mastercard
Visa chercherait à remplacer BVNK, devenu indisponible comme prestataire neutre après son acquisition par Mastercard pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars. Le futur partenaire devra prendre en charge plusieurs stablecoins, fournir de la liquidité de gré à gré et assurer les règlements, notamment...
Visa chercherait à remplacer BVNK, devenu indisponible comme prestataire neutre après son acquisition par Mastercard pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars.
Le futur partenaire devra prendre en charge plusieurs stablecoins, fournir de la liquidité de gré à gré et assurer les règlements, notamment pour Open USD.
L’exigence de licences aux États Unis, au Canada, au Royaume Uni et à Singapour réduit fortement le nombre de candidats admissibles.
La démarche complète la Visa Stablecoin Platform : Visa veut contrôler l’interface institutionnelle tout en s’appuyant sur des spécialistes pour l’exécution de marché.
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Visa serait à la recherche d’un nouveau partenaire pour les règlements et les opérations de gré à gré — ou OTC, pour over the counter — sur les stablecoins. La raison immédiate tient au rachat de BVNK par Mastercard : une infrastructure qui avait contribué aux paiements en stablecoins liés à Visa Direct se retrouve désormais intégrée au principal réseau concurrent de Visa.
L’enjeu dépasse donc le simple remplacement d’un fournisseur technique. Visa cherche à conserver la maîtrise de sa plateforme institutionnelle tout en sécurisant, auprès d’un acteur réglementé, la conversion des tokens, l’accès aux liquidités et l’exécution des règlements.
Le rachat de BVNK a créé un vide stratégique
Mastercard a finalisé le 3 août l’acquisition de BVNK, une entreprise londonienne spécialisée dans les infrastructures de paiement en stablecoins. L’opération prévoit 1,5 milliard de dollars versés initialement, auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 300 millions de dollars conditionnés aux performances, soit une valeur maximale de 1,8 milliard de dollars.
BVNK fournissait des capacités d’infrastructure utilisées dans le cadre de paiements en stablecoins liés à Visa Direct. Une fois l’entreprise passée sous le contrôle de Mastercard, elle ne pouvait plus constituer un prestataire stratégiquement neutre pour Visa. La demande de propositions — ou RFP, pour request for proposal — vise donc à combler une relation devenue difficilement disponible après cette acquisition.
Cela ne signifie pas que Visa renonce à sa stratégie dans les stablecoins. La société semble plutôt vouloir distinguer deux niveaux : d’un côté, la plateforme qu’elle contrôle directement ; de l’autre, les fonctions réglementées de marché et de règlement confiées à des partenaires spécialisés.
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Visa chercherait à remplacer BVNK, devenu indisponible comme prestataire neutre après son acquisition par Mastercard pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars.
Quels sont les points clés à valider en premier ?
Visa chercherait à remplacer BVNK, devenu indisponible comme prestataire neutre après son acquisition par Mastercard pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars. Le futur partenaire devra prendre en charge plusieurs stablecoins, fournir de la liquidité de gré à gré et assurer les règlements, notamment pour Open USD.
Que dois-je faire ensuite en pratique ?
L’exigence de licences aux États Unis, au Canada, au Royaume Uni et à Singapour réduit fortement le nombre de candidats admissibles.
Le cahier des charges rapporté va bien au-delà d’une simple API de paiement. Le prestataire retenu devrait pouvoir prendre en charge et échanger plusieurs stablecoins, fournir des services de négociation OTC et assurer les règlements pour Open USD, ou OUSD.
Concrètement, il pourrait aider Visa et ses clients institutionnels à :
convertir un stablecoin en un autre ;
trouver de la liquidité pour des transactions importantes, en dehors des carnets d’ordres publics ;
transférer les fonds dans le respect des procédures de règlement applicables ;
traiter des opérations en OUSD aux côtés d’autres dollars numériques.
Cette organisation permettrait à Visa de proposer un service compatible avec plusieurs stablecoins, plutôt que de dépendre d’un seul token ou d’un seul émetteur. Visa garderait la relation avec le client et l’environnement opérationnel ; le partenaire fournirait les fonctions de marché indispensables en arrière-plan.
Pourquoi le nombre de candidats est très limité
Visa demanderait que le futur partenaire détienne des licences d’échange d’actifs numériques aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et à Singapour. Une telle couverture réglementaire réduit mécaniquement le nombre d’entreprises capables de répondre à l’appel d’offres.
Visa ne cherche donc pas seulement un prestataire capable de déplacer des tokens sur une blockchain. Il lui faut une contrepartie disposant :
d’un accès conforme à plusieurs marchés financiers majeurs ;
de contrôles opérationnels adaptés aux règlements ;
d’une liquidité suffisante pour servir une clientèle institutionnelle ;
d’une capacité à fonctionner dans des cadres réglementaires différents.
Cette contrainte illustre la difficulté de bâtir des paiements mondiaux en stablecoins sur des règles encore fragmentées. Une entreprise autorisée dans un pays ne peut pas nécessairement exercer la même activité dans un autre. En exigeant une présence dans quatre juridictions, Visa cherche à limiter les frictions juridiques et opérationnelles à mesure que les stablecoins se rapprochent des usages de trésorerie et de paiement à grande échelle.
La place d’Open USD dans cette recherche
Open USD est développé par Open Standard, un consortium qui réunit plus de 140 entreprises, dont Visa, Mastercard, Stripe, Coinbase et BlackRock. Le projet repose sur un stablecoin indexé sur le dollar et sur un modèle d’écosystème partagé, plutôt que sur un token contrôlé par un seul émetteur.
Les entreprises doivent pouvoir créer et racheter des OUSD sans frais et sans plafond de volume. Les revenus générés par les réserves sont destinés à être largement redistribués aux partenaires de l’écosystème, après déduction de frais de gestion.
Dans ce modèle, la liquidité et les règlements deviennent essentiels. Un consortium aussi vaste a besoin d’infrastructures capables de relier institutions, portefeuilles, devises et stablecoins sans obliger chaque participant à construire sa propre activité de négociation et de règlement.
Le futur partenaire de Visa jouerait ainsi le rôle de couche d’exécution pour OUSD. Il ne remplacerait ni la gouvernance d’Open Standard ni la plateforme de Visa ; il aiderait à transformer le projet du consortium en actif utilisable par les institutions sur des marchés réglementés.
Visa veut contrôler la couche plateforme
Visa a lancé en juillet la Visa Stablecoin Platform, un environnement destiné aux banques, aux fintechs et aux entreprises spécialisées dans les cryptoactifs. La plateforme doit leur permettre d’émettre, de conserver, de transférer et de racheter des stablecoins depuis un environnement géré par Visa. Open USD est son premier token pris en charge.
La répartition des rôles devient alors plus lisible :
Visa Stablecoin Platform : l’environnement géré par Visa pour l’accès institutionnel, les portefeuilles et les opérations sur stablecoins ;
Partenaire externe de règlement et d’OTC : la liquidité réglementée, la conversion et l’exécution nécessaires pour opérer sur plusieurs marchés ;
Open Standard : le cadre du consortium qui porte OUSD, sa gouvernance partagée et son modèle économique autour des réserves.
La recherche d’un partenaire montre que le contrôle de la plateforme ne supprime pas le besoin de contreparties spécialisées. Au contraire, plus la plateforme vise un usage institutionnel, plus elle doit disposer d’un accès fiable aux liquidités, aux marchés et aux infrastructures de règlement qui l’entourent.
Deux modèles face à face : acheter ou construire
Le rachat de BVNK illustre la stratégie de Mastercard : acquérir l’infrastructure et l’intégrer à son réseau de paiements. Visa semble suivre une autre voie. La société veut posséder la couche d’accès institutionnel avec sa Stablecoin Platform, tout en faisant appel à des spécialistes licenciés pour les opérations de marché et le règlement.
Cette différence est révélatrice d’une évolution plus large. Les stablecoins deviennent une compétition autour de systèmes complets, et pas uniquement autour de tokens. Les couches stratégiques comprennent notamment :
l’émission et le rachat ;
l’accès aux portefeuilles et aux comptes ;
la conversion entre stablecoins ;
la liquidité OTC ;
le règlement et le rapprochement comptable ;
la conformité et l’accès réglementaire ;
la distribution auprès des banques, des fintechs et des réseaux de paiement.
Le gagnant ne sera donc pas nécessairement l’entreprise qui lance le dollar numérique le plus visible. Il pourrait être celui qui contrôle les rails permettant à plusieurs dollars numériques de circuler de manière fiable.
OUSD peut-il bousculer USDC ?
Le modèle d’Open USD cherche à répartir la gouvernance et les revenus des réserves entre un grand nombre de participants. Cette approche peut séduire les entreprises qui ne souhaitent pas dépendre entièrement d’un émetteur unique pour leur accès, leur modèle économique ou leur orientation stratégique.
Mais elle ne suffit pas, à elle seule, à détrôner les stablecoins déjà installés. L’adoption d’OUSD dépendra aussi de sa liquidité, de ses intégrations, de son acceptation réglementaire et de la volonté des banques, des commerçants, des plateformes d’échange et des prestataires de paiement de l’utiliser dans des transactions réelles.
La recherche de Visa met précisément ce défi en lumière : même un stablecoin soutenu par plus de 140 entreprises a besoin d’une infrastructure spécialisée pour être échangé et réglé dans plusieurs juridictions. Le succès d’OUSD dépendra donc autant de son modèle de gouvernance que de la possibilité, pour les institutions, de l’utiliser de façon fluide aux côtés d’autres dollars numériques.
À retenir
La demande de propositions de Visa montre à quelle vitesse les stablecoins passent du statut d’expérimentation blockchain à celui d’infrastructure potentielle des paiements. Le rachat de BVNK par Mastercard a privé Visa d’un prestataire stratégique, poussant le réseau à rechercher une solution réglementée dans quatre marchés clés.
En parallèle, la Visa Stablecoin Platform donne à Visa un moyen de gérer l’accès institutionnel aux stablecoins, tandis qu’Open USD lui fournit un actif soutenu par un consortium dès son lancement.
La question centrale n’est donc plus seulement : quel stablecoin va gagner ? Elle devient : qui contrôlera les rails réglementés, la liquidité, les règlements et les interfaces clients autour de l’argent tokenisé ?
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