Mykhailo Fedorov propose de trouver un mécanisme légal, sûr et réaliste pour organiser des élections malgré la guerre, afin que la Russie ne puisse pas décider quand les Ukrainiens choisiront leurs dirigeants. Il décrit la corruption comme un risque militaire et dénonce une crise systémique de la gouvernance, alimen...
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Dans une vidéo publiée dans la soirée du 18 août, l’ancien ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov a appelé son pays à chercher un moyen d’organiser des élections alors que l’invasion russe se poursuit. Il a demandé la mise en place d’un mécanisme « légal, sûr et réaliste » permettant de rétablir un processus démocratique complet, même dans le contexte d’une guerre prolongée.
Son argument central : la Russie ne doit pas obtenir le pouvoir de décider du moment où les Ukrainiens pourront à nouveau choisir leurs dirigeants. « La démocratie ne peut pas être prise en otage par la Russie », a-t-il déclaré selon les comptes rendus de son intervention.
Le droit ukrainien interdit actuellement la tenue d’élections sous loi martiale, instaurée après le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022. Fedorov n’a pas présenté de calendrier ni de dispositif détaillé, mais il a souligné les difficultés à résoudre : garantir le vote des militaires, des Ukrainiens vivant à l’étranger et des habitants des régions proches du front.
Il pose ainsi une question politique de fond : si la guerre devait durer encore un, deux ou trois ans, l’Ukraine pourrait-elle rester sans renouvellement électoral au motif que les hostilités continuent ? Sa réponse est négative. Pour lui, la défense de la démocratie fait partie des raisons mêmes pour lesquelles l’Ukraine combat.
Fedorov présente la corruption comme bien davantage qu’un problème financier. En temps de guerre, affirme-t-il, elle détourne des ressources, ralentit les décisions et affaiblit directement la capacité du pays à résister et à gagner.
Mais, selon lui, la corruption n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond : une « crise systémique de la gouvernance ». Il accuse l’ancien système de fonctionner selon ses propres règles, de se protéger, de craindre le changement et de prendre des décisions trop lentement. Il estime aussi qu’il peut « punir l’initiative et récompenser la loyauté ».
L’ancien ministre a également critiqué l’influence d’intérêts privés sur le travail du Parlement, notamment dans la défense, la pharmacie, les jeux d’argent et la fiscalité. Il défend à l’inverse une gestion parlementaire fondée sur le programme et les principes de la majorité, plutôt que sur des intérêts particuliers.
Volodymyr Zelenskyy a limogé Fedorov le 15 juillet, après seulement six mois à la tête du ministère de la Défense, dans le cadre d’un remaniement gouvernemental plus large. La décision est intervenue après des tensions avec Oleksandr Syrskyi, alors commandant en chef des forces armées, et a déclenché des manifestations à Kyiv ainsi que dans d’autres villes ukrainiennes.
Fedorov, qui bénéficiait déjà d’une forte popularité pour son approche technologique et ses réformes, a déclaré que la raison principale de son départ était liée à la refonte des achats militaires : appels d’offres, procédures de dépenses et organisation des marchés. Il a assuré que ces changements avaient suscité une forte opposition chez certains responsables et acteurs influents. Il s’agit toutefois de sa propre version des faits, et non d’une explication officiellement établie.
Les protestations ont contribué à lui donner une tribune indépendante. Elles ont aussi rendu visibles des désaccords plus larges sur la stratégie de guerre, la conduite de l’appareil militaire et le rythme des réformes.
L’appel aux élections intervient au moment où le président Zelenskyy cherche à consolider son remaniement de l’exécutif et du secteur de la sécurité. Après avoir chargé Yevhen Khmara d’assurer provisoirement la fonction de ministre de la Défense, il a demandé au Parlement de confirmer sa nomination à titre permanent.
Le vote intervient dans un climat particulièrement sensible. Les agences anticorruption ukrainiennes ont annoncé le lancement d’une opération visant des parlementaires et des conseillers présidentiels quelques heures avant le scrutin prévu sur le nouveau ministre de la Défense. Les organismes n’ont pas fourni davantage de détails dans les éléments disponibles, mais cette opération renforce la pression politique autour du remaniement.
L’Ukraine fait par ailleurs face à une forte pression militaire. Les livraisons de missiles intercepteurs de défense aérienne ont diminué, les autorités ukrainiennes évoquant une baisse des livraisons de deux tiers par rapport à la période comparable de 2025. Les sources disponibles établissent une diminution générale des missiles de défense aérienne, mais ne permettent pas de confirmer précisément la situation des missiles Patriot fabriqués aux États-Unis.
Aucune réaction officielle immédiate du gouvernement ukrainien à l’adresse vidéo du 18 août n’est documentée dans les éléments fournis. Il est donc prématuré d’en déduire une réponse institutionnelle précise.
La combinaison de plusieurs éléments — une demande publique d’élections, la dénonciation de la corruption, le soutien manifesté dans la rue et la critique du fonctionnement de l’État — donne à l’intervention de Fedorov l’allure d’une possible première étape vers une alternative politique à Zelenskyy.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il a annoncé une candidature à la présidence. Fedorov n’a déclaré ni vouloir briguer un mandat national ni vouloir revenir au gouvernement. Après son limogeage, il avait d’ailleurs refusé une autre fonction proposée par Zelenskyy.
Sa position reste donc double : il affirme que l’Ukraine doit engager dès maintenant une rénovation démocratique et institutionnelle, mais présente son objectif plus large comme la fin de la guerre et la reconstruction du pays. La question de savoir s’il poursuivra ce projet depuis le gouvernement ou par la voie électorale reste ouverte.
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Mykhailo Fedorov propose de trouver un mécanisme légal, sûr et réaliste pour organiser des élections malgré la guerre, afin que la Russie ne puisse pas décider quand les Ukrainiens choisiront leurs dirigeants.
Mykhailo Fedorov propose de trouver un mécanisme légal, sûr et réaliste pour organiser des élections malgré la guerre, afin que la Russie ne puisse pas décider quand les Ukrainiens choisiront leurs dirigeants. Il décrit la corruption comme un risque militaire et dénonce une crise systémique de la gouvernance, alimentée selon lui par la résistance aux réformes et les intérêts privés.
Son limogeage, après six mois au ministère de la Défense, ses tensions avec Oleksandr Syrskyi et les manifestations qui ont suivi ont renforcé sa visibilité politique.