Cette évolution a alimenté les craintes d’une crise prolongée au Moyen-Orient et d’une perturbation persistante de l’approvisionnement énergétique. Le Brent a finalement terminé à 91,02 dollars le baril, son plus haut niveau de clôture depuis le 24 juillet.
Un pétrole plus cher peut se transmettre aux prix à la consommation. Les investisseurs peuvent alors anticiper une politique monétaire plus restrictive de la Fed — des baisses de taux moins nombreuses, voire de nouvelles hausses — ce qui soutient les rendements obligataires et pèse sur l’or. Mardi, ce canal « inflation-taux » a donc pris le dessus sur l’attrait traditionnel du métal comme valeur refuge face au risque géopolitique.
La hausse précédente reposait en partie sur un dollar plus faible et sur le recul des anticipations d’une prochaine hausse des taux de la Réserve fédérale. Un dollar moins cher rend l’or, coté en dollars, plus abordable pour les investisseurs utilisant d’autres devises.
Les données américaines plus fragiles — notamment la baisse inattendue de l’emploi en juillet, une inflation plus modérée et des ventes au détail moins bonnes qu’attendu — avaient aussi réduit les paris en faveur d’un resserrement monétaire imminent. Les sources disponibles confirment ce changement de perception, mais elles ne permettent pas de vérifier précisément la probabilité de près de 65 % d’un maintien des taux jusqu’à la fin de l’année.
Les investisseurs se tournent désormais vers les minutes de la réunion de juillet de la Fed. Le document doit montrer comment les responsables ont évalué le ralentissement de l’activité et du marché du travail face au risque d’une nouvelle inflation provoquée par l’énergie.
Des minutes jugées conciliantes pourraient conforter l’idée que les taux resteront stables ou que des baisses sont envisageables, ce qui soutiendrait l’or via le dollar et les rendements. À l’inverse, un ton davantage préoccupé par l’inflation pourrait valider la remontée des taux obligataires et prolonger la pression sur le métal jaune.
Le repli a concerné l’ensemble du compartiment. Dans les données disponibles, l’argent au comptant a baissé de 1 % à 65,11 dollars l’once, tandis que le platine et le palladium ont chacun perdu 1,2 %, à respectivement 1 748,56 et 1 317,01 dollars.
Ces chiffres correspondent à un relevé de marché précis et peuvent différer selon l’heure de cotation et la place financière observée.