Cette appréciation ne repose pas uniquement sur l’autorisation réglementaire obtenue en Allemagne. Deutsche Bank cite également une part de 64,5 % du marché mondial des solutions indépendantes de NOA urbain, selon les données communiquées sur l’entreprise. Momenta affirme par ailleurs avoir noué des partenariats avec 24 constructeurs automobiles, dont neuf des dix plus grands groupes mondiaux.
Son réseau industriel constitue une forme de validation particulièrement importante. Il comprend notamment Mercedes-Benz, Toyota et General Motors, qui figurent aussi parmi ses investisseurs stratégiques.
Pour les investisseurs, l’intérêt de Momenta tient à sa présence sur deux marchés liés. D’un côté, ses logiciels d’aide avancée à la conduite peuvent être intégrés à des véhicules produits en série, ce qui ouvre une voie vers des volumes importants. De l’autre, ses systèmes à automatisation élevée pourraient, à plus long terme, soutenir des services de robotaxis.
Le 29 juillet 2026, l’Office fédéral allemand des transports motorisés, ou KBA, a autorisé Momenta à effectuer des tests de conduite autonome de niveau 4 sur les routes urbaines dans toute l’Allemagne. L’entreprise a déclaré être la première société chinoise de conduite autonome à obtenir une autorisation de ce type à l’échelle nationale.
L’avantage pratique est considérable : Momenta peut désormais tester ses systèmes dans différentes villes allemandes sans déposer une demande distincte auprès de chacune d’elles. Cette couverture nationale lui offre aussi un cadre pour confronter sa technologie à un environnement réglementaire européen particulièrement exigeant.
Il ne faut toutefois pas confondre ce permis d’essai avec une autorisation commerciale générale. Momenta est autorisée à tester ses véhicules ; elle ne peut pas pour autant exploiter immédiatement un service de voitures sans conducteur sur toutes les routes allemandes. La validation de la sécurité, les règles locales d’exploitation, l’intégration des véhicules et les éventuelles autorisations commerciales restent des étapes importantes.
L’introduction en Bourse de Momenta à Hong Kong lui procure en outre des moyens financiers pour soutenir son expansion. L’opération visait à lever environ 5,9 milliards de dollars de Hong Kong, soit près de 751 millions de dollars américains, avant l’exercice éventuel de l’option de surallocation.
L’association de nouveaux capitaux, de relations avec les grands constructeurs mondiaux et d’un accès facilité aux essais en Allemagne explique pourquoi cette autorisation a renforcé la thèse d’investissement de Deutsche Bank.
La stratégie européenne de Pony.ai est plus directement orientée vers les robotaxis. L’entreprise et Uber ont annoncé l’élargissement de leur partenariat afin de déployer plus de 2 000 robotaxis Pony.ai en Europe. Le projet s’appuie sur un service commercial déjà lancé à Zagreb, en Croatie, et doit s’étendre à quatre autres villes européennes.
Les deux sociétés n’ont pas encore dévoilé le nom de toutes ces villes ni le calendrier complet du déploiement. L’annonce décrit donc un plan d’expansion, et non une flotte de 2 000 véhicules déjà en circulation.
La répartition des rôles est claire. Pony.ai apporte la technologie de conduite autonome de niveau 4 ainsi que son savoir-faire opérationnel. Uber fournit l’accès aux clients grâce à sa plateforme de mobilité.
Ce modèle peut permettre à Pony.ai de se développer plus rapidement qu’en construisant, pays par pays, son propre système de réservation, ses opérations de flotte et sa base de clientèle. Pour Uber, le partenariat constitue une façon d’ajouter des véhicules autonomes à son offre tout en s’appuyant sur un spécialiste pour la technologie de conduite.
Momenta et Pony.ai ne suivent pas le même plan de bataille :
Le point commun est la recherche de preuves à l’international. Momenta veut montrer qu’une entreprise chinoise peut collaborer avec de grands constructeurs mondiaux et tester des systèmes avancés sous la supervision allemande. Pony.ai veut démontrer que sa technologie de niveau 4 peut soutenir un service de mobilité destiné au grand public dans plusieurs marchés européens.
L’Europe peut apporter une forte crédibilité, mais elle élève aussi le niveau d’exigence. Les entreprises devront répondre aux règles locales, documenter la sécurité de leurs systèmes, traiter les questions de données et de responsabilité, organiser la gestion des flottes et convaincre le public.
Un essai réussi ou un partenariat prestigieux ne constitue donc qu’un premier jalon. La capacité à maintenir un service commercial fiable dans la durée sera le test le plus significatif.
Dans la classification de la SAE, le niveau 4 correspond à une automatisation élevée. Une fois activé, le système effectue l’ensemble de la tâche de conduite et prévoit une procédure de repli dans un domaine opérationnel défini, ou ODD. Ce domaine peut limiter les lieux, les horaires, les itinéraires ou les conditions météorologiques dans lesquels le véhicule est autorisé à fonctionner. Dans ces limites, le système n’est pas conçu pour compter sur la reprise en main immédiate par un conducteur humain.
Concrètement, l’ODD peut correspondre à certaines zones urbaines, à des routes cartographiées ou à des paramètres de service approuvés. Le niveau 4 ne signifie donc pas qu’un véhicule peut circuler seul partout.
Cette distinction est essentielle pour les deux projets :
Le niveau 5 désigne l’automatisation complète. Un système de niveau 5 effectuerait toute la tâche de conduite sans domaine opérationnel défini : il pourrait fonctionner dans l’ensemble des conditions routières et environnementales où un conducteur humain est en mesure de conduire.
Ni le permis d’essai allemand de Momenta ni le projet européen de robotaxis de Pony.ai ne revendique le niveau 5. Leur portée est plus concrète et plus limitée : déployer des systèmes fortement automatisés dans des environnements soigneusement délimités, et non remplacer sans restriction la conduite humaine.
La recommandation de Deutsche Bank sur Momenta repose sur un ensemble de facteurs : sa position sur le marché, ses relations avec les constructeurs automobiles mondiaux, les capitaux levés lors de son introduction en Bourse et l’autorisation allemande de tester des véhicules de niveau 4. Il ne s’agit pas seulement de parier sur la promesse de voitures sans conducteur.
Pony.ai suit une autre route : s’appuyer sur une plateforme de mobilité déjà connue comme Uber pour introduire ses robotaxis dans davantage de villes.
Le message de fond est clair : les entreprises chinoises cherchent à exporter à la fois leur technologie et leur modèle d’exploitation. L’Europe devient ainsi un terrain d’essai décisif pour déterminer si ces ambitions peuvent résister à un niveau d’exigence supérieur en matière de sécurité, de réglementation et de fiabilité du service.
Cette appréciation ne repose pas uniquement sur l’autorisation réglementaire obtenue en Allemagne. Deutsche Bank cite également une part de 64,5 % du marché mondial des solutions indépendantes de NOA urbain, selon les données communiquées sur l’entreprise. Momenta affirme par ailleurs avoir noué des partenariats avec 24 constructeurs automobiles, dont neuf des dix plus grands groupes mondiaux.
Son réseau industriel constitue une forme de validation particulièrement importante. Il comprend notamment Mercedes-Benz, Toyota et General Motors, qui figurent aussi parmi ses investisseurs stratégiques.
Pour les investisseurs, l’intérêt de Momenta tient à sa présence sur deux marchés liés. D’un côté, ses logiciels d’aide avancée à la conduite peuvent être intégrés à des véhicules produits en série, ce qui ouvre une voie vers des volumes importants. De l’autre, ses systèmes à automatisation élevée pourraient, à plus long terme, soutenir des services de robotaxis.
Le 29 juillet 2026, l’Office fédéral allemand des transports motorisés, ou KBA, a autorisé Momenta à effectuer des tests de conduite autonome de niveau 4 sur les routes urbaines dans toute l’Allemagne. L’entreprise a déclaré être la première société chinoise de conduite autonome à obtenir une autorisation de ce type à l’échelle nationale.
L’avantage pratique est considérable : Momenta peut désormais tester ses systèmes dans différentes villes allemandes sans déposer une demande distincte auprès de chacune d’elles. Cette couverture nationale lui offre aussi un cadre pour confronter sa technologie à un environnement réglementaire européen particulièrement exigeant.
Il ne faut toutefois pas confondre ce permis d’essai avec une autorisation commerciale générale. Momenta est autorisée à tester ses véhicules ; elle ne peut pas pour autant exploiter immédiatement un service de voitures sans conducteur sur toutes les routes allemandes. La validation de la sécurité, les règles locales d’exploitation, l’intégration des véhicules et les éventuelles autorisations commerciales restent des étapes importantes.
L’introduction en Bourse de Momenta à Hong Kong lui procure en outre des moyens financiers pour soutenir son expansion. L’opération visait à lever environ 5,9 milliards de dollars de Hong Kong, soit près de 751 millions de dollars américains, avant l’exercice éventuel de l’option de surallocation.
L’association de nouveaux capitaux, de relations avec les grands constructeurs mondiaux et d’un accès facilité aux essais en Allemagne explique pourquoi cette autorisation a renforcé la thèse d’investissement de Deutsche Bank.
La stratégie européenne de Pony.ai est plus directement orientée vers les robotaxis. L’entreprise et Uber ont annoncé l’élargissement de leur partenariat afin de déployer plus de 2 000 robotaxis Pony.ai en Europe. Le projet s’appuie sur un service commercial déjà lancé à Zagreb, en Croatie, et doit s’étendre à quatre autres villes européennes.
Les deux sociétés n’ont pas encore dévoilé le nom de toutes ces villes ni le calendrier complet du déploiement. L’annonce décrit donc un plan d’expansion, et non une flotte de 2 000 véhicules déjà en circulation.
La répartition des rôles est claire. Pony.ai apporte la technologie de conduite autonome de niveau 4 ainsi que son savoir-faire opérationnel. Uber fournit l’accès aux clients grâce à sa plateforme de mobilité.
Ce modèle peut permettre à Pony.ai de se développer plus rapidement qu’en construisant, pays par pays, son propre système de réservation, ses opérations de flotte et sa base de clientèle. Pour Uber, le partenariat constitue une façon d’ajouter des véhicules autonomes à son offre tout en s’appuyant sur un spécialiste pour la technologie de conduite.
Momenta et Pony.ai ne suivent pas le même plan de bataille :
Le point commun est la recherche de preuves à l’international. Momenta veut montrer qu’une entreprise chinoise peut collaborer avec de grands constructeurs mondiaux et tester des systèmes avancés sous la supervision allemande. Pony.ai veut démontrer que sa technologie de niveau 4 peut soutenir un service de mobilité destiné au grand public dans plusieurs marchés européens.
L’Europe peut apporter une forte crédibilité, mais elle élève aussi le niveau d’exigence. Les entreprises devront répondre aux règles locales, documenter la sécurité de leurs systèmes, traiter les questions de données et de responsabilité, organiser la gestion des flottes et convaincre le public.
Un essai réussi ou un partenariat prestigieux ne constitue donc qu’un premier jalon. La capacité à maintenir un service commercial fiable dans la durée sera le test le plus significatif.
Dans la classification de la SAE, le niveau 4 correspond à une automatisation élevée. Une fois activé, le système effectue l’ensemble de la tâche de conduite et prévoit une procédure de repli dans un domaine opérationnel défini, ou ODD. Ce domaine peut limiter les lieux, les horaires, les itinéraires ou les conditions météorologiques dans lesquels le véhicule est autorisé à fonctionner. Dans ces limites, le système n’est pas conçu pour compter sur la reprise en main immédiate par un conducteur humain.
Concrètement, l’ODD peut correspondre à certaines zones urbaines, à des routes cartographiées ou à des paramètres de service approuvés. Le niveau 4 ne signifie donc pas qu’un véhicule peut circuler seul partout.
Cette distinction est essentielle pour les deux projets :
Le niveau 5 désigne l’automatisation complète. Un système de niveau 5 effectuerait toute la tâche de conduite sans domaine opérationnel défini : il pourrait fonctionner dans l’ensemble des conditions routières et environnementales où un conducteur humain est en mesure de conduire.
Ni le permis d’essai allemand de Momenta ni le projet européen de robotaxis de Pony.ai ne revendique le niveau 5. Leur portée est plus concrète et plus limitée : déployer des systèmes fortement automatisés dans des environnements soigneusement délimités, et non remplacer sans restriction la conduite humaine.
La recommandation de Deutsche Bank sur Momenta repose sur un ensemble de facteurs : sa position sur le marché, ses relations avec les constructeurs automobiles mondiaux, les capitaux levés lors de son introduction en Bourse et l’autorisation allemande de tester des véhicules de niveau 4. Il ne s’agit pas seulement de parier sur la promesse de voitures sans conducteur.
Pony.ai suit une autre route : s’appuyer sur une plateforme de mobilité déjà connue comme Uber pour introduire ses robotaxis dans davantage de villes.
Le message de fond est clair : les entreprises chinoises cherchent à exporter à la fois leur technologie et leur modèle d’exploitation. L’Europe devient ainsi un terrain d’essai décisif pour déterminer si ces ambitions peuvent résister à un niveau d’exigence supérieur en matière de sécurité, de réglementation et de fiabilité du service.