La nuance est importante. Ces déclarations ne prouvent ni que les valeurs matérielles surperformeront les géants de la technologie, ni que les gérants ont perdu confiance dans l’IA. Elles témoignent plutôt d’une construction de portefeuille plus sélective : détenir plusieurs fournisseurs d’infrastructures au lieu de concentrer autant les paris sur les plateformes les plus connues.
Perseverance Asset Management International, dirigé par Qiu Guolu, a réduit sa participation dans Nvidia d’environ 210 000 actions, soit près de 72 % de sa position précédente. La vente a été évaluée à environ 43,2 millions de dollars, laissant quelque 80 000 actions d’une valeur approximative de 16 millions de dollars. Dans le même temps, le gérant a augmenté sa position dans Micron de 25 442 actions.
C’est surtout la combinaison des deux opérations qui retient l’attention. Elle suggère un déplacement du leader emblématique des puces pour l’IA vers la mémoire, un élément de plus en plus crucial de l’architecture matérielle nécessaire aux systèmes d’IA à grande échelle. La déclaration reflète les positions détenues à la fin du mois de juin 2026, et non l’état actuel du portefeuille.
Greenwoods Asset Management a opéré un changement encore plus visible dans son portefeuille d’actions américaines déclaré. Le fonds a liquidé ses positions dans Nvidia et Meta, et a également déclaré des sorties d’Amazon et d’Alibaba. À l’inverse, il a ouvert des positions dans ASML, Applied Materials et Applied Optoelectronics.
Ces nouveaux investissements couvrent à la fois les équipements de production de semi-conducteurs et les réseaux optiques. Le portefeuille est ainsi moins centré sur les entreprises qui monétisent les applications d’IA ou les services cloud, et davantage sur les fournisseurs qui rendent possibles l’augmentation des capacités de production de puces et des centres de données.
Le portefeuille américain déclaré par Greenwoods a toutefois fortement diminué au cours du trimestre. Il ne faut donc pas interpréter ces changements comme un simple transfert, titre pour titre, des géants technologiques vers les valeurs matérielles. Les déclarations montrent à la fois une réduction de la taille du portefeuille communiqué et une réallocation au sein des positions restantes.
Oriental Harbor Investment a adopté une approche moins radicale. Le fonds a réduit Nvidia d’environ 202 000 actions et diminué sa position dans Alphabet, mais Nvidia et Alphabet demeuraient des participations importantes à la fin du trimestre. Selon les informations publiées à partir de sa déclaration du deuxième trimestre, le fonds a aussi ouvert des positions dans Intel, SanDisk, AMD, Marvell Technology, Arm, Broadcom et Lumentum.
La position dans SanDisk était évaluée à environ 176 millions de dollars, tandis qu’Intel est immédiatement devenu l’une des principales lignes du portefeuille. Oriental Harbor a également renforcé sa participation dans Micron. Le mouvement s’apparente donc davantage à un rééquilibrage et à un élargissement de l’exposition à l’IA qu’à un rejet complet de Nvidia ou des hyperscalers.
Ces déclarations laissent penser que les gérants pourraient voir un meilleur rapport entre risque et potentiel dans des segments moins encombrés de la chaîne de l’IA. Mémoire, stockage, connectivité, composants optiques et équipements pour semi-conducteurs offrent plusieurs façons de profiter des investissements dans les centres de données sans détenir uniquement les plus grandes plateformes d’IA.
Il s’agit d’une lecture de portefeuille, et non d’une garantie de performance. Les documents indiquent les positions détenues à la fin du trimestre ; ils ne permettent pas d’établir quel secteur les gérants s’attendent à voir surperformer.
La réduction des positions dans les hyperscalers peut également traduire une prudence accrue à l’égard du rendement des dépenses massives consacrées aux infrastructures d’IA. Les entreprises du cloud et des plateformes doivent engager des capitaux considérables avant que le calendrier et la durabilité des revenus liés à l’IA soient pleinement établis.
Les fournisseurs de matériel offrent une autre forme d’exposition : ils peuvent bénéficier des commandes de composants et d’équipements destinées à accroître les capacités, même lorsque les investisseurs restent incertains quant à la vitesse à laquelle les utilisateurs finaux monétiseront les services d’IA.
Les déclarations ne permettent toutefois pas de prouver que cette motivation se trouvait derrière chaque transaction. Elles révèlent un positionnement, pas la thèse d’investissement interne ni les discussions qui l’ont déterminé.
La conclusion générale la plus nette est que le récit d’investissement autour de l’IA devient plus détaillé. Plutôt que de considérer l’IA comme un pari unique dominé par Nvidia et les hyperscalers, les gérants distinguent désormais plusieurs maillons : calcul, mémoire, stockage, réseaux, connectivité optique et équipements de fabrication.
Cette approche repose sur une thèse centrée sur les goulots d’étranglement : à mesure que les grappes de serveurs dédiées à l’IA s’agrandissent, la prochaine opportunité pourrait se trouver dans les composants nécessaires à leur construction et à leur interconnexion. Mais les déclarations du deuxième trimestre ne montrent pas que cette stratégie surperformera durablement les grandes valeurs technologiques. Elles témoignent seulement d’une évolution des positions longues déclarées au cours du trimestre clos le 30 juin 2026.
Les déclarations 13F sont utiles pour repérer les grandes positions en actions cotées aux États-Unis et leurs évolutions d’un trimestre à l’autre. Elles restent toutefois des publications différées. Elles ne donnent pas une image complète de la stratégie d’un gérant : positions vendeuses, produits dérivés, actifs non américains et transactions réalisées après la date de clôture n’y apparaissent pas de la même manière.
La lecture la plus solide de ces documents n’est donc pas que « les hedge funds chinois vendent l’IA ». Elle est que plusieurs gérants influents expriment leur exposition à l’IA autrement : ils passent d’un pari concentré sur les plateformes les plus visibles à un ensemble plus large de fournisseurs liés à la mémoire, aux capacités de production, au matériel informatique, aux réseaux et aux infrastructures optiques.
La question suivante porte ainsi moins sur la poursuite des investissements dans l’IA que sur le maillon de la chaîne d’approvisionnement qui captera la valeur économique de sa prochaine phase d’expansion.
La nuance est importante. Ces déclarations ne prouvent ni que les valeurs matérielles surperformeront les géants de la technologie, ni que les gérants ont perdu confiance dans l’IA. Elles témoignent plutôt d’une construction de portefeuille plus sélective : détenir plusieurs fournisseurs d’infrastructures au lieu de concentrer autant les paris sur les plateformes les plus connues.
Perseverance Asset Management International, dirigé par Qiu Guolu, a réduit sa participation dans Nvidia d’environ 210 000 actions, soit près de 72 % de sa position précédente. La vente a été évaluée à environ 43,2 millions de dollars, laissant quelque 80 000 actions d’une valeur approximative de 16 millions de dollars. Dans le même temps, le gérant a augmenté sa position dans Micron de 25 442 actions.
C’est surtout la combinaison des deux opérations qui retient l’attention. Elle suggère un déplacement du leader emblématique des puces pour l’IA vers la mémoire, un élément de plus en plus crucial de l’architecture matérielle nécessaire aux systèmes d’IA à grande échelle. La déclaration reflète les positions détenues à la fin du mois de juin 2026, et non l’état actuel du portefeuille.
Greenwoods Asset Management a opéré un changement encore plus visible dans son portefeuille d’actions américaines déclaré. Le fonds a liquidé ses positions dans Nvidia et Meta, et a également déclaré des sorties d’Amazon et d’Alibaba. À l’inverse, il a ouvert des positions dans ASML, Applied Materials et Applied Optoelectronics.
Ces nouveaux investissements couvrent à la fois les équipements de production de semi-conducteurs et les réseaux optiques. Le portefeuille est ainsi moins centré sur les entreprises qui monétisent les applications d’IA ou les services cloud, et davantage sur les fournisseurs qui rendent possibles l’augmentation des capacités de production de puces et des centres de données.
Le portefeuille américain déclaré par Greenwoods a toutefois fortement diminué au cours du trimestre. Il ne faut donc pas interpréter ces changements comme un simple transfert, titre pour titre, des géants technologiques vers les valeurs matérielles. Les déclarations montrent à la fois une réduction de la taille du portefeuille communiqué et une réallocation au sein des positions restantes.
Oriental Harbor Investment a adopté une approche moins radicale. Le fonds a réduit Nvidia d’environ 202 000 actions et diminué sa position dans Alphabet, mais Nvidia et Alphabet demeuraient des participations importantes à la fin du trimestre. Selon les informations publiées à partir de sa déclaration du deuxième trimestre, le fonds a aussi ouvert des positions dans Intel, SanDisk, AMD, Marvell Technology, Arm, Broadcom et Lumentum.
La position dans SanDisk était évaluée à environ 176 millions de dollars, tandis qu’Intel est immédiatement devenu l’une des principales lignes du portefeuille. Oriental Harbor a également renforcé sa participation dans Micron. Le mouvement s’apparente donc davantage à un rééquilibrage et à un élargissement de l’exposition à l’IA qu’à un rejet complet de Nvidia ou des hyperscalers.
Ces déclarations laissent penser que les gérants pourraient voir un meilleur rapport entre risque et potentiel dans des segments moins encombrés de la chaîne de l’IA. Mémoire, stockage, connectivité, composants optiques et équipements pour semi-conducteurs offrent plusieurs façons de profiter des investissements dans les centres de données sans détenir uniquement les plus grandes plateformes d’IA.
Il s’agit d’une lecture de portefeuille, et non d’une garantie de performance. Les documents indiquent les positions détenues à la fin du trimestre ; ils ne permettent pas d’établir quel secteur les gérants s’attendent à voir surperformer.
La réduction des positions dans les hyperscalers peut également traduire une prudence accrue à l’égard du rendement des dépenses massives consacrées aux infrastructures d’IA. Les entreprises du cloud et des plateformes doivent engager des capitaux considérables avant que le calendrier et la durabilité des revenus liés à l’IA soient pleinement établis.
Les fournisseurs de matériel offrent une autre forme d’exposition : ils peuvent bénéficier des commandes de composants et d’équipements destinées à accroître les capacités, même lorsque les investisseurs restent incertains quant à la vitesse à laquelle les utilisateurs finaux monétiseront les services d’IA.
Les déclarations ne permettent toutefois pas de prouver que cette motivation se trouvait derrière chaque transaction. Elles révèlent un positionnement, pas la thèse d’investissement interne ni les discussions qui l’ont déterminé.
La conclusion générale la plus nette est que le récit d’investissement autour de l’IA devient plus détaillé. Plutôt que de considérer l’IA comme un pari unique dominé par Nvidia et les hyperscalers, les gérants distinguent désormais plusieurs maillons : calcul, mémoire, stockage, réseaux, connectivité optique et équipements de fabrication.
Cette approche repose sur une thèse centrée sur les goulots d’étranglement : à mesure que les grappes de serveurs dédiées à l’IA s’agrandissent, la prochaine opportunité pourrait se trouver dans les composants nécessaires à leur construction et à leur interconnexion. Mais les déclarations du deuxième trimestre ne montrent pas que cette stratégie surperformera durablement les grandes valeurs technologiques. Elles témoignent seulement d’une évolution des positions longues déclarées au cours du trimestre clos le 30 juin 2026.
Les déclarations 13F sont utiles pour repérer les grandes positions en actions cotées aux États-Unis et leurs évolutions d’un trimestre à l’autre. Elles restent toutefois des publications différées. Elles ne donnent pas une image complète de la stratégie d’un gérant : positions vendeuses, produits dérivés, actifs non américains et transactions réalisées après la date de clôture n’y apparaissent pas de la même manière.
La lecture la plus solide de ces documents n’est donc pas que « les hedge funds chinois vendent l’IA ». Elle est que plusieurs gérants influents expriment leur exposition à l’IA autrement : ils passent d’un pari concentré sur les plateformes les plus visibles à un ensemble plus large de fournisseurs liés à la mémoire, aux capacités de production, au matériel informatique, aux réseaux et aux infrastructures optiques.
La question suivante porte ainsi moins sur la poursuite des investissements dans l’IA que sur le maillon de la chaîne d’approvisionnement qui captera la valeur économique de sa prochaine phase d’expansion.