Les opérateurs mobiles doivent utiliser uniquement les fréquences qui leur ont été attribuées, sauf autorisation préalable du régulateur. Selon l’IMDA, l’utilisation éventuelle de bandes non attribuées pourrait constituer un usage non autorisé du spectre et violer le Telecommunications Act de 1999 ainsi que les conditions de la licence d’exploitation de réseau de Simba.
Cette accusation ne constitue pas encore une conclusion définitive de culpabilité. L’IMDA a suspendu l’examen de la fusion parce que les résultats de l’enquête pourraient avoir une incidence importante sur son évaluation du rapprochement. L’autorité a indiqué qu’elle prendrait des mesures si une infraction était établie, mais les informations disponibles ne font état ni d’une décision finale ni d’une amende confirmée.
Un compte rendu évoque une sanction financière pouvant atteindre 1 million de dollars singapouriens ou 10 % du chiffre d’affaires annuel du titulaire de la licence. Ce montant doit toutefois être compris comme une exposition légale potentielle, et non comme une pénalité déjà infligée à Simba. Le montant éventuel dépendra des conclusions de l’enquête.
L’examen réglementaire a été suspendu quelques jours seulement avant la date butoir prévue par l’accord. L’obtention de l’autorisation avant le 21 mai paraissant improbable, Keppel a annoncé qu’il laisserait l’accord de vente et d’achat expirer plutôt que de le prolonger.
Tuas a ensuite confirmé que les conditions nécessaires à la réalisation du rachat n’avaient pas été remplies ou levées à temps, et a résilié l’accord.
L’annonce a immédiatement secoué les marchés. L’action Tuas a perdu environ 60 % après l’annonce de la suspension de l’examen, selon Reuters. Elle a également été signalée en baisse de près de 10 % dans les premiers échanges après l’annonce de la résiliation. De son côté, l’action Keppel a progressé de 5,11 % sur la semaine, pour clôturer à 10,91 dollars singapouriens le 22 mai.
Ces chiffres correspondent à des périodes différentes et ne permettent donc pas une comparaison directe.
Les avantages ci-dessous étaient des engagements et des prévisions avancés par Simba et M1. Ils ne sont pas devenus des résultats, puisque l’opération n’a jamais été finalisée.
Les deux entreprises estimaient que la combinaison de la structure de coûts de Simba et des capacités de M1 aurait créé un concurrent plus solide, capable d’investir davantage dans son réseau et de stimuler l’innovation. Leur projet prévoyait une couverture intérieure et extérieure plus étendue, davantage de capacité et de résilience, ainsi que des débits et une connectivité 4G et 5G améliorés grâce au rapprochement des sites, du spectre et au partage dynamique des fréquences.
Simba et M1 prévoyaient aussi de conserver leurs deux marques séparées à long terme, tout en simplifiant et en regroupant les systèmes sous-jacents — réseau, informatique et service client.
Le projet comprenait un engagement à ne pas augmenter, pendant deux ans, les prix payés par les clients de Simba et de M1 disposant d’un service ou d’un contrat actif au moment de la finalisation. Les entreprises affirmaient également que les clients engagés ne subiraient pas de modification défavorable en cours de contrat.
Le nouvel opérateur devait par ailleurs continuer à proposer aux nouveaux abonnés les forfaits mobiles populaires à 10 et 12 dollars singapouriens pendant au moins deux ans après la finalisation.
Puisque la fusion a échoué, ces protections et ces promesses tarifaires ne constituent pas des engagements applicables à l’avenir. Les clients doivent se référer aux conditions de leur forfait actuel et aux prochaines communications de leur opérateur.
Simba et M1 soutenaient que l’opération ne réduirait pas significativement la concurrence, car aucun des deux opérateurs ne disposait d’une puissance de marché importante et les clients pouvaient changer facilement de fournisseur.
Le projet soulevait toutefois des interrogations concernant les opérateurs de réseaux mobiles virtuels (MVNO), notamment parce que l’entité combinée aurait occupé une place plus importante sur le marché de gros. Les éléments disponibles ne permettent pas d’identifier une mesure corrective finale ni une obligation d’accès précise pour les MVNO. Il est donc impossible d’affirmer que leurs conditions auraient été améliorées, dégradées ou maintenues.
Keppel conservant la majorité du capital, M1 a activé un programme alternatif de 90 jours destiné à renforcer sa compétitivité et à améliorer son EBITDA courant — un indicateur des bénéfices opérationnels récurrents — grâce à une baisse des coûts, tout en maintenant l’expérience client.
Le programme prévoit notamment :
Il s’agit d’un plan de coûts et d’efficacité opérationnelle, pas d’un équivalent à tous les bénéfices annoncés de la fusion. Son effet sur les performances du réseau dépendra de la manière dont M1 arbitrera entre économies, maintenance, capacité et investissements futurs.
Une baisse des dépenses d’investissement ne signifie pas automatiquement une dégradation du réseau, surtout si le déploiement majeur de la 5G est effectivement achevé. Les informations disponibles ne suffisent toutefois pas à garantir que la couverture, les débits ou la fiabilité progresseront — ou resteront identiques — partout. Ces résultats dépendront de l’exécution du plan et des décisions d’investissement.
Keppel a présenté le programme comme compatible avec le maintien de l’expérience client. La simplification des produits et l’automatisation pourraient aussi faciliter la fourniture du service. En revanche, une réduction des effectifs et une automatisation accrue peuvent créer des risques d’exécution si les clients ont plus difficilement accès à une assistance humaine efficace.
La fusion aurait également prévu d’unifier certains dispositifs de protection, comme les filtres contre le spam et l’hameçonnage, les pare-feu SMS et les protocoles de blocage des appels. Les informations disponibles sur le plan B ne contiennent pas d’engagement détaillé équivalent en matière de sécurité. Ces bénéfices spécifiques au projet de fusion ne doivent donc pas être considérés comme acquis.
L’abandon de l’accord ne suffit pas, à lui seul, à justifier un changement d’opérateur. Les clients ont intérêt à comparer la couverture intérieure et extérieure à leur domicile, sur leur lieu de travail et sur leurs trajets habituels, ainsi que le prix au moment du renouvellement, les besoins en itinérance, la compatibilité de leur téléphone, la qualité du service client et les éventuels frais de résiliation anticipée.
Les améliorations de prix et de réseau promises par la fusion ne sont plus garanties, puisque l’opération s’est arrêtée avant sa finalisation. Pour le moment, la décision la plus pragmatique consiste à évaluer le service réellement disponible dans les lieux fréquentés, puis à refaire le point à l’échéance du forfait.