Les entreprises peuvent, de leur côté, demander un identifiant correspondant à leur marque depuis WhatsApp Business, WhatsApp Manager ou Meta Business Suite. Les outils professionnels permettent notamment de chercher à conserver une identité cohérente avec un nom déjà utilisé sur Facebook ou Instagram.
La réservation ne signifie pas que le pseudo sera immédiatement utilisable partout : l’activation de la fonctionnalité doit suivre le calendrier de déploiement défini pour chaque région.
WhatsApp ne laisse pas tous les noms disponibles à la réservation. La plateforme indique avoir mis de côté des identifiants liés à des personnalités publiques, des gouvernements, des entités connues et des comptes Meta vérifiés, afin qu’ils ne soient pas récupérés par des imposteurs.
Des variantes ressemblantes peuvent également être verrouillées. À Singapour, par exemple, les pseudos @LawrenceWong, @OngYeKung et @VivianBalakrishnan ont été signalés comme indisponibles, tout comme certaines versions se terminant par un chiffre ou un trait de soulignement. L’objectif est d’éviter qu’un compte donne l’impression d’appartenir au Premier ministre, au ministre de la Santé ou au ministre des Affaires étrangères.
Cette mesure peut toutefois pénaliser une personne qui porte réellement le même nom qu’une personnalité. WhatsApp affirme que les demandes et les litiges concernant les noms protégés seront examinés afin que les identifiants reviennent à leurs détenteurs légitimes. Les informations rendues publiques à ce stade ne permettent pas encore de confirmer l’existence d’une procédure d’appel indépendante et entièrement transparente.
Le principal avantage est simple : ne pas exposer systématiquement son numéro lorsqu’on échange avec une nouvelle personne. Cela peut limiter les appels indésirables, la collecte de numéros publiés par des entreprises ou des créateurs, ainsi que certaines possibilités de ciblage liées à la carte SIM.
Mais un pseudo ne prouve pas l’identité de la personne qui l’utilise. Un escroc peut choisir un nom très proche de celui d’une entreprise ou d’un proche, reprendre une photo de profil, pirater un compte ou envoyer un lien depuis un identifiant apparemment crédible. Le blocage de quelques noms très connus ne règle donc pas l’usurpation de l’identité de particuliers, de commerces locaux ou de responsables dont le nom n’est pas protégé.
Le numéro peut aussi rester visible dans certains cas : lorsqu’une personne le communique volontairement, lorsque les interlocuteurs sont déjà reliés par leurs contacts ou un groupe, ou lorsqu’ils poursuivent une conversation existante fondée sur le numéro. La fonctionnalité renforce donc la confidentialité, mais ne transforme pas WhatsApp en service anonyme.
Le bon réflexe reste de ne jamais se fier uniquement à un pseudo ou à un nom affiché. Toute demande urgente d’argent, de mot de passe, de code à usage unique — ou OTP — doit être vérifiée via un canal officiel connu. En cas de doute, il faut bloquer puis signaler le compte.
Le ministère indien de l’Électronique et des Technologies de l’information a demandé à WhatsApp de suspendre le déploiement dans le pays, le temps de mener des consultations et d’obtenir des explications détaillées sur les moyens prévus contre les abus.
La crainte principale est que des identifiants pseudonymes facilitent l’hameçonnage, l’usurpation et certaines fraudes, tout en rendant les auteurs plus difficiles à identifier et à poursuivre.
WhatsApp répond que la fonctionnalité sera facultative, que chaque compte nécessitera toujours un numéro vérifié et que plusieurs garde-fous seront intégrés. Le débat résume le compromis au cœur de cette évolution : réduire l’exposition quotidienne des numéros de téléphone, tout en évitant de créer un nouveau canal facile à personnaliser pour tromper les utilisateurs.